En complément du dossier “La guerre au cinéma” paru dans le nouveau numéro de CUT -28, Nas propose l’article ci-dessous, qui revient sur L’ennemi intime de Florent Emilio-Siri, sorti à l’automne 2007.

Désormais quand on parle de film de guerre, L’ennemi intime est de facto sur la liste. Non pas parce que c’est Florent Emilio Siri (le réalisateur de Nid de guêpes et Otage avec Bruce Willis) qui l’orchestre ou par la présence remarquée des deux meilleurs acteurs du cinéma français : Albert Dupontel et Benoît Magimel. Mais par son angle de vue novateur qui permet de rendre compte des réalités occultées par l’Armée française en Algérie (cf. les bombes au napalm et les massacres de civils).
Dans la droite lignée de La bataille d’Alger (1966) de Gillo Pontecorvo, Siri souligne la folie collective qu’engendre les séances de tortures sur la psyché humaine. A l’exemple dans le film du lieutenant Terrien, jeune engagé idéaliste incarné par Magimel devenant à son tour tortionnaire et le sergent Dougnac désabusé sous les traits de Dupontel s’infligeant lui-même la gégène comme pour expier ses fautes!
Ainsi, l’ennemi de ces soldats perdus dans une guerre qui ne dit pas son nom devient le coté sombre qui sommeil en chacun de nous. Il aura fallu attendre octobre 2007, soit près de 40 ans après La bataille d’Alger (film qui a été interdit en France et qui resta inédit jusqu’en novembre 2004 et sa première diffusion sur Arte) pour que le grand public puissent voir dans nos cinémas un des nombreux films consacrés à la déchirure Franco-Algérienne de la période coloniale.
Quoiqu’on en dise, Florent Emilio Siri (un ami Lorrain) fait parti de ceux qui ont un désir de montrer « les choses telles qu’elles sont [et ont été] » (Jean-Luc Godard).
Nas H