Cinéphilie - Clovis Cornillac -

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Clovis Cornillac (comédien, ici en photo) est à l’affiche de Le nouveau protocole réalisé par Thomas Vincent (sortie le 19 mars). Il interprète avec l’implication et l’intensité qu’on lui connaît, un père dont le fils meurt dans un accident de la route. Une femme survoltée (Marie-Josée Croze) l’amène à suspecter une grosse compagnie pharmaceutique d’être impliquée dans cette mort inexplicable… L’ambition affichée du film est de renouer avec le cinéma politique des années 70-80, c’est-à-dire divertir et susciter des discussions au sortir de la salle.
Clovis Cornillac, qui était récemment de passage à Strasbourg, nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.

Le prix du danger (Yves Boisset) : J’aimais bien, mais il y a toujours ce côté chez Boisset… C’est-à-dire que contrairement au Nouveau protocole qui n’est pas manichéen, il est très manichéen Boisset. Il dénonce des méchancetés, il le fait à fond. Alors, c’était très séduisant à l’époque et Le prix du danger, ouais je me souviens avec Lanvin, Piccoli… Je me souviens de Piccoli qui faisait un présentateur télé de ce jeu où il n’y avait qu’un survivant… Oui c’était pas mal… C’était pas mal. Peut-être un peu didactique et simpliste, mais c’était franchement pas mal.

Soleil vert (Richard Fleischer) : J’avais vachement aimé, ça m’avait troublé. Et de penser que ce pauvre Charlton Heston est devenu un gros con, c’est très décevant quand on voit qu’il a fait des films comme Soleil vert. Oui, je m’étais bien fait embarquer. Beau sujet de SF, bien réalisé… La fin m’avait… Ouahh ! Bien, bien !

La question humaine (Nicolas Klotz) : Je ne l’ai pas vu.

Rambo (Ted Kotcheff) : Ah oui, Rambo, le premier, je m’en souviens très bien. C’est bizarre de ne pas pouvoir parler de Klotz et de pouvoir… Mais non ceci dit : Rambo 1 était un très bon film dans le genre. C’était pas un film politique, on ne peut pas dire ça, mais c’était très original. Quand j’avais été le voir en salle à la sortie, j’avais été scotché : c’était en plein dans la période “Rédemption” du Vietnam et tout ça… Et justement, d’avoir fabriqué des hommes à tuer et que tout d’un coup on n’en voulait plus, qu’on crachait dessus : il y avait quelque chose dedans qui était bien vu. Et on n’avait jamais vu ça, cette espèce de machine à tuer, laissée en liberté, fabriquée par sa propre société… Non, non, c’était bien. J’avais bien aimé Rambo… Le 1. Après c’était pathétique, c’est devenu ridicule et fascisant, c’est-à-dire à l’inverse du premier, bizarrement.

Raging bull (Martin Scorsese) : Un chef d’œuvre. C’est un pur chef d’œuvre.

Certains l’aiment chaud (Billy Wilder) : J’ai adoré. Adoré ce film-là. Adoré. Lemmon là-dedans… C’est de la jubilation pure. C’est fin, c’est drôle, c’est rapide… C’est d’une légèreté ! C’est du champagne, quoi. Un grand champagne. Je pense que -dans ce type de films-, je dirais que… Chantons sous la pluie qui est un pur chef d’œuvre : voilà, ça s’apparente à ce type de films. C’est du génie de cinéma.

Irréversible (Gaspar Noé) : J’étais très mal à l’aise, c’est un film qui m’a… Autant la démarche de Gaspar est intéressante parce qu’elle est toujours sur ces thèmes de provocation et tout ça… Mais je ne sais pas, c’est comme une épreuve en fait, plus qu’un film -mais c’est un film et l’originalité de la narration, du propos et tout ça, rien à dire : heureusement que ces films-là se font. Mais, je ne suis pas un fou de l’épreuve en fait. Je trouve ça difficilement supportable l’écrasage de tête… Au bout d’un moment ça me… Je comprends, hein, ce qu’il cherche et il y arrive… Je ne suis pas en totale… Mais heureusement qu’il fait des films et que ce type de film est possible. En plus, ça a eu un écho énorme, tant mieux. Je l’ai caché très haut dans ma DVDthèque parce que je n’aimerais pas que mes enfants tombent dessus trop tôt quand même.

Recueilli par Jenny Ulrich

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