(ed. Columbia/Tristar)

(Photo : Danutakean.com)
« Un thriller intense qui frôle les limites de l’insoutenable » qu’il y a cité anonymement sur la jaquette du dvd. Soit… C’est sûr que « Un thriller mal branlé qui frôle les limites de l’incompréhensible » aurait été moins vendeur. Quoi que…
Adam est un jeune spécialiste en installation d’alarmes. Un jour, il va en installer chez Alice, une femme d’environ quinze ans de plus que lui, qui lui proposera de l’accompagner à une réception. Une certaine attirance s’anime en eux et ils vont se l’avouer au cours de cette soirée. En empruntant le chemin du retour, le couple va se faire sauvagement agressé. Adam aura un œil en moins, Alice se sera faite violée. Traumatisée et assoiffée de vengeance, cette dernière, sous le regard inquiet d’Adam, veut se mettre en quête de cette bande de brutes pour leur faire payer leur crime…
Traque sanglante est un rape & revenge mal filmé, bâclé, qui propose ce qu’on a déjà pu voir, en mieux, dans des films comme I spit on your grave, La dernière maison sur la gauche ou même encore Irréversible et le pas terrible The Great ecstasy of Robert Carmichael. Là où ces derniers films parvenaient à livrer, tant bien que mal, une dimension viscérale et profondément douloureuse aux tortures dont sont victimes leurs personnages, Traque sanglante se contente d’emprunter le procédé de la va vite et de choisir les plans au pif. La force psychologique des protagonistes est totalement limpide, les rends très peu crédibles, et le scénario reste en surface des questions que peut aborder leur esprit traumatisé face à l’acte de vengeance. Dans Death Sentence, grâce à quelques plans nécessaires et une mise en scène transcendante, James Wan réussissait à rendre la chute de son protagoniste particulièrement percutante, à ne pas écarter les questions importantes lorsqu’on narre une histoire dent pour dent, où vengeance n’est guère synonyme de soulagement, et parvenait donc à offrir un film marquant, à la réflexion intéressante et qui donne l’effet d’un violent coup de boule dans la gueule, tandis que le réalisateur de Traque sanglante mélange réflexion et constatation, et offre un film dont l’intérêt scénaristique ou visuel est imperceptible. Vouloir livrer une réflexion sur le démon qui sommeil en nous (quel est l’intérêt de le constater ?) est attirant, mais encore, faudrait-il avoir quelque chose à dire.
Côté cast, on y retrouve l’héroïne de X-Files, Gillian Anderson, aux expressions froides et à la prestation respectueuse, et le talentueux Danny Dyer (en espoir de le voir dans un rôle ultime ; Severance c’est génial, mais il y reste un personnage principal/secondaire, et The Football Factory c’est très bon, mais n’a pas eu le privilège de sortir dans nos salles), qui par son accent cockney jusqu’à l’os et son regard inquiet de grand gamin, parvient quand même à rendre son personnage un minimum vivant (qui est quasiment similaire à celui qu’il avait déjà interprété dans le pauvre Outlaw de Nick Love).
(Straightheads (UK) ou Closure (USA), 2007, 1h15, accord parental, britannique)
Rock Brenner
Tags : Direct-to-video
Mardi 15 avril 2008 à 8: 54
des bonus intéressants dans le DVD ?
Mardi 15 avril 2008 à 19: 54
Hélas non, aucun bonus…
Vendredi 18 avril 2008 à 16: 45
Ce serait pas mal de mettre les DVD aussi dans la catégorie “Film telle année”…