Cinéphilie - Shlomi Elkabetz -

Non, Shlomi Elkabetz n’est pas graphiste. Il est le co-réalisateur, avec sa soeur Ronit, de Les sept jours (à l’affiche au cinéma).

Shlomi Elkabetz (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter Les sept jours (sortie le 2 juillet 2008). Après Prendre femme, il signe là une seconde co-réalisation stimulante avec sa sœur Ronit Elkabetz : Israël 1991, une grande famille se retrouve enfermée dans une petite maison pendant sept jours pour respecter une -difficile !- coutume de deuil. Tendu, inventif, dur et drôle… Les spectateurs du festival strasbourgeois Shalom Europa, où Les sept jours était montré en avant-première, ont eu le plaisir de voir la volubile et lumineuse Ronit en salle, mais après elle a filé pour être à l’heure à son premier jour de tournage de son premier film français.
Shlomi Elkabetz est resté pour nous livrer ses impressions et/ou souvenirs des films suivants. (Propos traduits de l’anglais).

Irréversible (Gaspar Noé) : J’apprécie ce film. Je ne l’ai pas vu depuis longtemps. J’ai l’habitude de montrer la première scène à mes étudiants. Ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il a aussi été tourné en plan séquence. Il y a différents points de vue, mais j’aime énormément la façon dont il crée des sensations. Pas dans la partie provocante, mais sa capacité à créer des impressions, des sensations juste par l’utilisation de la caméra, les mouvements de caméra, la façon de les intégrer à l’histoire… C’est un bon film.

I’m Josh Polonski brother (Raphael Nadjari) : C’est un film spécial. Ce que j’aime vraiment dans ce film, au-delà de l’histoire et tout le reste, c’est la façon dont il a été filmé. Il a été filmé en 8mm, sans budget, à New York, avec des acteurs formidables, par un réalisateur très talentueux et c’est un de ces films qui prouvent, encore une fois, que le cinéma n’est pas une question d’argent, mais une question de désir. Et c’est un art. Et l’art peut aussi bien ne rien coûter. J’aime ça dans ce film. Au-delà de ça, il est très bien fait.

Le parrain (Francis Ford Coppola) : Waouh, quelle liste… Le parrain… Je l’ai encore revu il y a deux jours. J’adore ce film. Je ne sais pas, Le parrain, c’est comme un aimant. Même si vous l’avez vu cent fois, vous allumez la télé et il passe : vous restez et vous regardez ! C’est probablement la plus extraordinaire création de personnages au cinéma, mais pas seulement. C’est un chef d’œuvre dans le sens où c’est un film tellement intelligent d’un côté, et d’un autre côté la personne la plus stupide du monde peut le regarder et apprécier l’histoire, comme une excellente histoire. Ça marche vraiment entre ces deux choses : la capacité de dire quelque chose de profondément intelligent en tant que réalisateur, d’utiliser le cinéma pour le dire de manière cachée et d’un autre côté, juste faire un film que tout le monde peut voir.

Fanny et Alexandre (Ingmar Bergman) : J’adore ce film. Qu’est -ce que je peux dire de Fanny et Alexandre ? Je l’adore. C’est l’un de mes cinq films préférés. J’aime la capacité de Bergman, dans ce film en particulier, sa capacité à dépeindre l’enfance comme un rêve. Jeter tout de qui arrive de bien, de mal et faire de ce rêve ce qu’il fait aujourd’hui -enfin avant qu’il meure : du cinéma.

Propos recueillis par Jenny Ulrich

L’entretien « minuté » avec Shlomi Elkabetz est disponible sur le site des cinémas Star : cliquez ici

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