Voici une petite “parenthèse” sur une découverte plutôt intéressante : le court métrage Spider. Avant de parler du film, il serait peut-être préférable de présenter un peu son jeune réalisateur : l’australien Nash Edgerton, au CV bien rempli.
Entre 18 et 20 ans, Edgerton débuta dans le cinéma en tant que cascadeur professionnel dans des films comme Street Fighter ou Power Rangers, le film (fallait bien commencer quelque part…) pour enchaîner avec Dark City, La Ligne rouge, la trilogie Matrix et récemment Solitaire. Parallèlement, il fit ses premières expériences en tant que réalisateur avec le court métrage Loaded en 1996. Mais c’est Deadline en 1997 qui lui permis de se faire un peu remarquer et de remporter un prix à Tropfest. Il réalisera ensuite quelques clips musicaux et d’autres courts métrages (dans lesquels il assurera presque à chaque fois la production, le montage, le rôle principal et la plupart des cascades). Il vient de réaliser son premier long-métrage : The Square.
Si Nash Edgerton est intéressant en tant que jeune réalisateur, c’est pour sa jolie maîtrise du plan séquence et de la cascade, son utilisation élégante du cinémascope, et la modération avec laquelle il utilise les paroles et la musique (principalement dans les courts Lucky et Spider). En voyant ses films, on pourrait peut-être lui reprocher de ne pas toujours être assez objectif, de s’attacher un peu trop à l’aspect technique et de livrer des twists quelques fois prévisibles, mais pour un réalisateur qui s’essaie, les résultats sont malgré tout prometteurs.
Et parmi ces résultats, il y a Spider. En partant d’une idée des plus simples (au volant d’une voiture, une femme fait la gueule à son copain parce que celui-ci lui fait des blagues qui vont souvent trop loin) et en faisant part d’une réelle sensibilité envers les personnages et les choses qu’elle croise, Edgerton parvient à livrer un regard intéressant sur la conséquence de leurs actes (pourtant si simples et naïfs) et de leurs intentions (parfois bonnes) et à livrer un final surprenant, à la fois drôle et triste, dans lequel il nous est offert un plan séquence qui stimule la curiosité.









