“If i want a better life, i need to be a better person.”
Earl J. Hickey (Jason Lee) est une canaille sans envergure, un looser qui toute sa vie a volé, menti, abusé, moqué, etc. lorsqu’un jour il achète un billet gagnant de la loterie – dix secondes avant de se faire renverser par une voiture. Intégralement plâtré à l’hôpital, il regarde une émission de varieté locale (le Carson Daly show) au cours de laquelle est abordé le concept de karma. Pour Earl c’est le satori, l’illumination sous morphine. À compter de ce jour (le premier épisode de cette série TV), le but de sa vie sera de réparer les torts qu’il a commis au cours de sa vie, et pour cela il commence par les lister (il y en plus de 260 et la liste va s’allonger). Voilà pour le pitch de My name is Earl.
Le dit Earl n’est ni seul ni démuni face à cette tâche colossale. En plus des 100 000 dollars de la loterie il a pour l’assister son frère Randy (Ethan Suplee) et Catalina Aruca (Nadine Velazquez) la femme de ménage mexicaine du motel où ils campent. Dans le camp adverse, son ex-femme Joy Darville (Jaime Pressly), hilarante mégère outrageusement inapprivoisable, lui mettra pas mal de bâtons dans les roues. Par interêt ou juste pour le fun.
Autour de sa quête gravitent une galaxie de personnages secondaires attachants qui concourent grandement à l’interêt du sitcom. Les comédiens sont excellents et les personnages très drôles. Je n’essayerai même pas de les détailler mais au fil des épisodes on les retrouve souvent – l’action se passe dans une petite ville profondaméricaine à peine plus importante que celle de Shérif fais-moi peur – et ça finit par créer quelque chose de très familial. Il y a aussi quelque chose de cocoonesque (hum…) dans cet univers ou les bonnes actions entraînant un bon karma sont mystérieusement récompensées par la providence.
Les épisodes de 20 minutes, au générique illustré de quelques riffs de guitare sudiste addicitfs, sont calibrés pour se détendre après un journée de boulot. Leur structure hypnotiquement répétitive – la réparation d’un tort commis dans “l’autre vie” d’Earl – sera assouplie dans les saisons suivantes.
En plus des dialogues et des situations très réussies, le charme de la série tient à sa façon d’aborder par la bande mais relativement systématiquement des thèmes sociaux tels que le racisme, la fidélité conjugale, l’immigration clandestine, l’homosexualité, la prison, la police, la marginalité sociale, etc.

