Archive de la catégorie «Séries tv»

MY NAME IS EARL - Gregory Garcia

Jeudi 21 août 2008

“If i want a better life, i need to be a better person.”

Earl J. Hickey (Jason Lee) est une canaille sans envergure, un looser qui toute sa vie a volé, menti, abusé, moqué, etc. lorsqu’un jour il achète un billet gagnant de la loterie – dix secondes avant de se faire renverser par une voiture. Intégralement plâtré à l’hôpital, il regarde une émission de varieté locale (le Carson Daly show) au cours de laquelle est abordé le concept de karma. Pour Earl c’est le satori, l’illumination sous morphine. À compter de ce jour (le premier épisode de cette série TV), le but de sa vie sera de réparer les torts qu’il a commis au cours de sa vie, et pour cela il commence par les lister (il y en plus de 260 et la liste va s’allonger). Voilà pour le pitch de My name is Earl.

Le dit Earl n’est ni seul ni démuni face à cette tâche colossale. En plus des 100 000 dollars de la loterie il a pour l’assister son frère Randy (Ethan Suplee) et Catalina Aruca (Nadine Velazquez) la femme de ménage mexicaine du motel où ils campent. Dans le camp adverse, son ex-femme Joy Darville (Jaime Pressly), hilarante mégère outrageusement inapprivoisable, lui mettra pas mal de bâtons dans les roues. Par interêt ou juste pour le fun.

Autour de sa quête gravitent une galaxie de personnages secondaires attachants qui concourent  grandement à l’interêt du sitcom. Les comédiens sont excellents et les personnages très drôles. Je n’essayerai même pas de les détailler mais au fil des épisodes on les retrouve souvent – l’action se passe dans une petite ville profondaméricaine à peine plus importante que celle de Shérif fais-moi peur – et ça finit par créer quelque chose de très familial. Il y a aussi quelque chose de cocoonesque (hum…) dans cet univers ou les bonnes actions entraînant un bon karma sont mystérieusement récompensées par la providence.

Les épisodes de 20 minutes, au générique illustré de quelques riffs de guitare sudiste addicitfs, sont calibrés pour se détendre après un journée de boulot. Leur structure hypnotiquement répétitive – la réparation d’un tort commis dans “l’autre vie” d’Earl – sera assouplie dans les saisons suivantes.

En plus des dialogues et des situations très réussies, le charme de la série tient à sa façon d’aborder par la bande mais relativement systématiquement des thèmes sociaux tels que le racisme, la fidélité conjugale, l’immigration clandestine, l’homosexualité, la prison, la police, la marginalité sociale, etc.

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DVD Twin Peaks (de David Lynch & Mark Frost)

Samedi 12 juillet 2008

/// Marcel Ramirez participe à la revue CUT. Il propose cet article sur Twin Peaks, la série la plus hallucinante ex-aequo avec Alf et le Cosby show. ///

Mais bon sang d’bois, QUI A TUE LAURA PALMER ?!

Oubliez Desperate Housewives, Heroes, Californication, ou Les oiseaux se cachent pour mourir (pardon maman…). Car la série ultime, Mesdames et Messieurs, c’est Twin Peaks !
J’en profite au passage pour m’insurger quelque peu : jamais dans CUT la revue, CUT le blog, CUT la radio, ou même CUT la boîte de production de film un peu olé-olé, je dis bien jamais, il n’a été question de l’incroyable série Twin Peaks, pourtant enfin sortie en DVD en France, en 2007. Incroyable, non ?! C’est donc à moi que reviennent l’honneur et le mérite de réparer cet affront fait aux deux créateurs de la série, Mark Frost et David Lynch.
On ne présente plus l’immense David Lynch, artiste protéiforme, et réalisateur souvent génial, dont peu de films ne sont pas cultes… Mark Frost, bien moins connu, est un scénariste de télévision, à qui l’on doit notamment la série Capitaine Furillo (Hill street blues, encore un truc que j’ai pas vu), et qui travaille aujourd’hui pour le cinéma : Les quatre fantastiques et le surfeur d’argent, c’est lui.
Twin Peaks, la série est née d’une hallucination collective à deux, subie par Lynch et Frost, alors qu’ils sirotaient un milkshake dans un Dinner à L.A. : ils ont vu, tous les deux, et en même temps, le corps sans vie d’une femme, enveloppé dans du plastique, et gisant sur les berges d’un lac… (Non, désolé, je ne sais pas à quoi était le milkshake.) À l’instar du superbe Sunset Boulevard de Billy Wilder (dont Lynch est très fan), tout allait donc commencer par une mort.
La morte, c’est Laura Palmer (et pas le Petit Gregory), d’où le slogan ultra usité par les producteurs de la série, dès le teaser de l’épisode pilote : Mais bon sang, «QUI A TUE LAURA PALMER ?!» (Promis, si vous êtes sage, je ne vous le dirai pas.)
Avec l’épisode pilote, certainement un des meilleurs, on entre donc immédiatement dans le vif du sujet : la découverte du cadavre de la jeune reine du lycée, Laura Palmer, met la petite ville de Twin Peaks en émoi. Peu de temps après, Ronette Pulaski, elle aussi originaire de la ville des pics jumeaux, est retrouvée violée et commotionnée. Comme elle est sortie des limites de l’état, l’enquête devient fédérale ; un agent du F.B.I. est envoyé, il se prénomme Dale Cooper. Tout cela semble bien banal ; et pourtant, Lynch et Frost vont frapper un grand coup, et même repousser les limites de la fiction sur petit écran, pas moins…

S’ils s’inspirent des séries policières, des soaps à la Dallas (où une allusion à Twin Peaks sera faite), ce sera pour mieux en détourner les codes, et créer un véritable univers propre à leur série. De plus, ils vont aussi très largement s’inspirer du cinéma, et piocher notamment chez Hitchcock (comme souvent dans les films de Lynch), chez Wilder, chez Preminger (le personnage de Laura est d’ailleurs un hommage non dissimulé au Laura de 1944), et même chez Cocteau (Le testament d’Orphée).
Ce mélange des genres va créer une atmosphère très particulière, jamais vue jusqu’alors, où se croiseront humour, terreur, poésie, étrange, ridicule, et visions oniriques.
Bien sûr, Lynch va réaliser le pilote et d’autres épisodes (les meilleurs), mais va devoir s’éloigner de “son bébé”, pour le tournage de Sailor et Lula. Ainsi, à partir de l’épisode 16, il ne suivra le processus d’écriture et de réalisation que de très loin, et clairement, son emprise sur la série baissera significativement.
Mais son amour pour Twin Peaks sera tel qu’il finira par revenir à Snoqualmie Falls (le véritable nom de la ville du tournage), pour mettre en scène le trentième et dernier épisode

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JOHN FROM CINCINNATI - David Milch

Jeudi 3 janvier 2008

La musique du générique : “Johnny Appleseed” joué par Joe Strummer and the mescaleros.

John Monad (from Cincinnati) est-il un ange, un robot, un extra-terrestre, une illusion collective, ou comme son nom le suggère un Christ, un Bouddha…? Toujours est-il que Pouf ! il apparaît un jour à Imperial Beach, à la frontière sud de la Californie, et qu’il semble entreprendre le redressement de beaucoup de vies tordues. Plus particulièrement celles des Yost, famille de surfeurs pas particulièrement heureuse et sans soucis. Je ne m’étendrai pas sur ses méthodes, je dirai juste qu’elles ne sont pas très catholiques (encore que)…

John from Cincinnati, série télé à la narration foutraque prend nos attentes à revers, nous invite au lent et raisonné déréglement des a priori (sur ce que peut être une série télé) et regorge d’une poésie lente, inattendue. L’action semblera lente et creuse à certains “lecteurs” (curieusement le terme semble approprié pour une série télé). Ceux par contre qui goutent le charme particulier de cette série regretteront une fin un peu baclée qui se boucle sur trop d’explications nécessairement décevantes et de plus trop commodes. Ils regretteront aussi d’apprendre que la chaine câblée HBO ne financera pas une deuxième saison, malgré un taux d’audience honorable. Il parait d’ailleurs que Milch s’en désintéressait et avait déjà la tête à son prochain projet.

Qui est David Milch, le réalisateur de cette œuvre ? Et bien c’est entre autre choses le créateur de la série New York Police blues (NYPD blues) et Deadwood, série western qui raconte la naissance de la ville éponyme à l’époque de la conquête de l’Ouest. Il paraît aussi que c’est un gars intelligent et compliqué.

JOHN FROM CINCINNATI - David Milch

John from Cincinnati sur Wikipédia

THE WIRE - David Simon & Edward Burns

Dimanche 21 octobre 2007

Le duel Omar – “Bow tie”, c’est OK Corral à Baltimore !

The wire (Sur écoute pour Canal Jimmy qui a diffusé la saison 1) raconte le travail d’une petite équipe de la police de Baltimore qui effectue des écoutes téléphoniques (cf. le titre) pour coincer des trafiquants de drogue. Trop efficacement semble-t-il, puisqu’en suivant la piste de l’argent ils lèvent des lièvres autrement plus puissants, qui ont le pouvoir de stopper l’enquête. La corruption et la subordination de la justice aux contingences politiques sont des thèmes importants qui colorent de réalisme la série. Mais on remarquera aussi un regard très ouvert porté sur l’autre côté, le quotidien des dealers. On nous raconte les junkies (l’incroyable Bubbles, Omar le “Robin des Bois” qui ne braque que les dealers), les dealers (Bodie, Poot, Dee Angelo Barksdale), avec autant de précision que les politiciens (le maire Royce, Carcetti), les chefs de la police (Burrell, Rawls) et l’équipe (Lester Freamon, Kima Greggs, etc.). De “héros” il n’y a pas, même l’inspecteur Mac Nulty qui pourrait poser sa candidature à ce titre apparaît seulement très épisodiquement dans la saison 4. The wire est plus une fresque qu’un tableau, ses sujets sont multiples, et son thème pourrait être le crime (et la vie) dans une grande ville américaine contemporaine.

Au fur et à mesure que la série déroule ses 4 saisons (la 5e et dernière passera sur HBO en janvier 2008), la géographie de l’action se déplace et dévoile différentes facettes de Baltimore.

Saison 1 : L’intrigue se déroule dans les cours d’immeubles HLM vétustes (qu’on situerait en banlieue en France). C’est la place du marché de toutes les drogues disponibles. C’est l’épisode le plus classique qui voit l’équipe de Cedric Daniels s’opposer aux barons de la drogue Avon Barksdale et “Stringer” Bell, son bras droit.

Saison 2 : Mac Nulty a été (punitivement) muté à la police fluviale, et c’est l’occasion par ce biais de s’intéresser aux dockers de Baltimore, à la corruption qui seule permet de survivre au chômage, évoque le port comme porte d’entrée de la drogue, de la traite des femmes et de tous les trafics en général, mais aussi le déclin de son activité économique.

Saison 3 : On revient centre-ville mais les immeubles HLM ont été détruits, des quartiers entiers, insalubres, ont été vidés de leurs habitants. Howard Colvin, le chef de secteur de la police, décide à quelques mois de la retraite de prendre une initiative extrêmement audacieuse et crée dans ces quartiers inhabités une zone de tolérance du trafic de drogue (Hamsterdam !), dans le but de préserver les quartiers encore habités des nuisances et dangers qu’amènent ce trafic. Il sera désavoué par souci des apparences, malgré de bons résultats statistiques impressionants.

Saison 4 : Pryzbylewski devient professeur de mathématiques dans un lycée après avoir accidentellement tué un autre policier, et Colvin qui a été plus ou moins “démissioné” est devenu assistant dans un projet pilote éducatif dans la même école. C’est une façon pour la série de se centrer sur les problèmes du système éducatif.

David Simon était journaliste criminel au Sun et Edward Burns a travaillé à la police de Baltimore. Ils y résident encore aujourd’hui et leur connaissance de la ville est probablement pour beaucoup dans la qualité de cette œuvre télévisuelle qui a été reconnue par la presse comme l’un des “meilleurs show policiers” de tous les temps. Dommage pour The wire, le public n’a pas suivi avec le même enthousiasme. Il est vrai que l’intrigue, riche et complexe, demande de suivre attentivement tous les épisodes. C’est aussi ce qui en fait une œuvre au-dessus du lot, et qui permet de lui espérer une bonne carrière en DVD.

The wire sur IMDb [en]
Le site de The wire-france [fr]

TRAVELER - David DiGilio

Vendredi 31 août 2007

Traveler est une très sympathique série d’action/complot prévue à l’origine pour s’étendre sur 13 épisodes. Elle sera en fin de compte resserrée sur 8 épisodes et y gagnera une cadence infernale.

Le pitch : Jay et Tyler ont fait péter un musée à New-York. Du moins la mise en scène orchestré par leur vieux pote Will Traveler le laisse-t-elle penser…

Traveler sur IMDb

THE UNIT - David Mamet & Shawn Ryan

Dimanche 12 août 2007

The Unit est une unité d’élite de 5 hommes, specialisée dans les opérations clandestines les plus diverses qui n’ont pour point commun que l’obligation de réussir.
Chaque épisode mène en parallèle les opérations sur le terrain et le récit de la vie des épouses et amies de ces hommes aux carrières secrètes. Le réalisme qui se dégage de cette série vient peut-être de la source d’inspiration à laquelle ont puisé ses créateurs, le livre “Inside Delta Force” de Eric Haney. Soulignons la qualité de l’écriture et de la réalisation par David Mamet (La prisonnière espagnole) et Shawn Ryan (The shield); la mise en scène, sobre et efficace, est à l’image des exploits de ces guerriers.

The Unit sur IMDb
The Unit: commando d’élite sur Wikipédia

COSMOS 1999

Dimanche 29 juillet 2007


Avec Christophe et Sarah on s’est fait une “Soirée pilotes” hier soir à Net Sur Cour : vidéoprojecteur et son Dolby surround 5.1 pour saturer les sens. Petit détail qui tue, on était installé dans des fauteuils de cinéma (ceux de feu le Club) et, ah ! oui, on a mangé des esquimaux.

Ce que c’est qu’une soirée “pilotes” ? Le visionnage du premier épisode de la première saison de séries TV. On le fait généralement pour la découverte de perles nouvelles, mais parfois pour goûter au nectar de la mémoire, j’évoque ici un grand cru 1975, l’épisode pilote de Cosmos 1999.

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BOSTON PUBLIC - David E. Kelley

Jeudi 12 juillet 2007

Il y a quelques années j’ai vu quelques minutes de cette série tv et — nostalgie scolaire ? — elle m’a immédiatement intrigué. À la différence d’une multitude de feuilletons consacrés à la vie des élèves/étudiants, celle-ci s’intéressait d’abord aux profs (et au génial proviseur, qu’on voit au centre de la photo). J’avais été happé par le tourbillon de situations à résoudre d’urgence, par les dialogues, vifs, et par les acteurs, bien sûr excellents.

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BATTLESTAR GALACTICA (2003) - Ronald D. Moore

Mercredi 16 mai 2007


Saisons 1, 2 et 3

Voilà une série soi-disant d’action qui me laisse perplexe. Je l’ai tellement entendue vanter que je m’attendais à … autre chose.

Starbuck est une fille ! Le Adama des années 80 joue un rôle de truand mafieux !

Mince ! Pour les anciennes générations qui ont vu “Galactica” à sa sortie au début des années 80, ça fait un choc. On s’y fait.

Cette peinture de dilemmes psychologiques, moraux, métaphysiques, philosophiques hétéroclite, souvent lente, parfois ennuyeuse ou presque pompeuse, met en scène des personnages pleins d’épaisseur. C’est cool.

Les scènes d’action (spatiales), filmées avec un réalisme de bon aloi, sont un peu à la portion congrue. Mouf ! … moyennement d’accord.

Les humains polythéistes (adorateurs de pseudo-Dieux Grecs) affrontent leur créature, le Cylon monothéiste (soldats-marketing du dieu d’amour).

Là je n’ai pas les outils conceptuels pour saisir pleinement la portée de ce choix scénaristique mais intuitivement j’aurais tendance à me dire qu’il y a là un truc … pas catholique. Mais bon, soit.

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LA CARAVANE DE L’ÉTRANGE (Carnivàle) - Daniel Knauf

Mercredi 16 mai 2007


Saison 1

épisodes 1 à 5
Une caravane de forains se déplace aux USA pendant la Grande Dépression de 1929. On fait la connaissance d’une galerie de freaks plutôt sympathiques mais très souvent intrigants. Beaucoup ont des capacités paranormales, ce qui semble être un des thèmes majeurs de la culture populaire US en ce début de siècle (”Heroes”, une autre excellente série télé qui va débarquer en France cet été en est un bel exemple).
La série démarre assez lentement, elle repose plus sur une atmosphère que sur une dramaturgie trés charpentée (pour l’instant). Mais on nous promet la lutte du BIEN contre le MAL et des indices laissent à penser que les choses vont salement se gâter…

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