DVD Fritz Lang (Ed. Carlotta)

Dimanche 17 août 2008 by François-Xavier Taboni

Les deux films de Fritz Lang édités récemment par Carlotta peuvent être classés dans deux périodes de sa filmographie : Les bourreaux meurent aussi appartient à la tétralogie de thrillers anti-nazis du réalisateur (avec Espions sur la Tamise, Cape et poignard et surtout, Chasse à l’homme). La Rue rouge est un film noir à tendance psychanalytique comme Le Secret derrière la porte ou La Femme au portrait.

Ils marquent aussi le lien toujours très fort entre le cinéaste déraciné (il a fui l’Allemagne nazie en 1933) et l’Europe : La Rue rouge est une nouvelle adaptation de La Chienne de Georges de la Fouchardière après celle de Jean Renoir en 1931 et Les bourreaux meurent aussi est co-écrit par Bertolt Brecht que Lang a aidé dans sa carrière débutante à Hollywood (voir à ce propos les entretiens en supplément des DVD avec Bernard Eisenschitz et Serge Chauvin).

Enfin, on peut les considérer comme des œuvres mineures dans les deux catégories mentionnées plus haut, la faute à des scénarios pour le moins rocambolesques. Entre la ferveur populaire de Brecht et les raccourcis saisissants de La Rue rouge, Lang avait fort à faire pour donner une certaine dimension aux deux films. Pourtant, l’obsession du détail du cinéaste, son sens du cadrage et son talent pour décrire les bassesses de la nature humaine en font quand même des pièces immanquables pour tout amateur de Lang qui se respecte.

Les DVD offrent en plus une superbe restauration de La Rue rouge (mise en valeur dans un des suppléments). Si Les bourreaux… ne bénéficie pas du même traitement de l’image, on a quand même droit en guise de document historique, à la version courte, sortie en France lors de sa première exploitation et longtemps référence principale des langiens hexagonaux.

François-Xavier Taboni

À l’affiche… The Dark Knight, Le Chevalier Noir

Samedi 16 août 2008 by Romain

/// Guillaume Bardon, pour sa 2e participation à CUT, propose cette critique de The Dark Knight (de Christopher Nolan, avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart), en salles depuis le 13 août. ///

Batman, y a quelqu’un pour toi, tu peux venir s’il te plaît ?

Bruce Wayne/Batman parle avec l’homme chargé de gérer sa fortune, et accessoirement de concevoir les bat-gadgets : «- Il me faut un nouveau costume ! - Oui, lui répond l’autre, trois boutons, ça fait vraiment années 90.» Ce n’est bien sûr qu’une simple boutade au détour d’un film de 2 heures 27 minutes, mais l’épisode précédent, Batman Begins, du même Christopher Nolan, voyait déjà l’homme-chauve souris tenter de se mettre au diapason du film d’action contemporain, au cours d’une longue, et assez grotesque, séance d’entraînement aux arts martiaux en haute montagne. Cours de rattrapage obligatoire, tant, depuis Matrix, la baston hollywoodienne s’inspire de celle des films de Hong-Kong. Surtout, la récente vague de films de super-héros, et en premier lieu les Spider-Man de Sam Raimi, ont donné un sérieux coup de vieux aux aventures super-héroïques qui les ont précédés (hormis l’indémodable Batman, le défi de Tim Burton).

The Dark Knight commence donc plus ou moins là où Batman Begins s’arrêtait. Là où celui-ci reprenait à zéro la mythologie entourant le personnage, en racontant ses débuts, on assiste ici à l’émergence du Joker sur la scène publique de Gotham City. Alors que Batman et l’inspecteur Gordon tentent de coffrer d’un coup l’ensemble des criminels de la ville, le Joker (interprété par le défunt Heath Ledger) braque la banque où ceux-ci entreposent leur butin, avant de leur proposer un deal : la tête de Batman contre la moitié de leur capital.

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A l’affiche… Versailles

Jeudi 14 août 2008 by Romain

/// Guillaume Bardon, nouveau CUTien, propose cette critique du film Versailles (de Pierre Schoeller, avec Guillaume Depardieu et Max Baissette de Malglaive - 1h53) , à l’affiche au cinéma depuis le mercredi 13 août. ///

Plus tard, mon petit, tu seras acteur maudit.

Double piège pour le deuxième film de Pierre Schoeller (après Zéro défaut en 2004) : celui du film “à sujet” et celui du conte, maintes fois ressassé. Jugez plutôt : une jeune femme, Nina, vit dans la rue avec son fils de 5 ans, Enzo. Elle rencontre Damien, un homme qui vit seul dans une cabane faite de bric et de broc, dans les bois de Versailles. Nina décide d’abandonner son enfant, dont Damien doit alors s’occuper. Le sujet de société, la vie des marginaux en périphérie des grandes villes, est planté. Le conte, c’est bien sûr celui du mec bourru qui va se laisser attendrir par le petit enfant.
Heureusement, le film évite ces pièges (du moins dans un premier temps) avec une grande élégance. Versailles n’est pas un film à thèse, on n’y trouve pas d’analyse dans le détail du parcours de chacun des protagonistes, il ne cherche pas à démontrer mais à montrer. Ainsi, le début du film s’attache surtout aux difficultés pratiques de la vie de Nina, et donc à ses gestes. Trouver un endroit pour dormir au sec, uriner entre deux voitures, découper un poulet sans couteau, ce sont les actes de la vie quotidienne qui révèlent la situation de Nina. A travers ce sens du détail significatif, c’est donc un grand réalisme qui caractérise tout d’abord le film.
Pourtant, son style se trouve transfiguré lors de la rencontre avec Damien. Celui-ci est présenté comme un authentique Homme des Bois, survivant par ses propres moyens dans la forêt, doté d’une éthique de guerrier, d’un visage et d’un corps rendus encore plus anguleux par la lumière du feu dans la nuit (Damien est associé tout au long du film à l’élément du feu). C’est là que le deuxième piège, celui du conte, se révèle en fait une vraie bonne idée: Damien apporte au film une dimension surnaturaliste, presque mythologique. D’où le choix pertinent, pour l’incarner, de Guillaume Depardieu, un acteur qui n’a jamais hésité à prendre le risque du ridicule en vue de donner à ses personnages une dimension plus qu’humaine. Ici le résultat est impressionnant : grand comme un fauve dans sa forêt, Damien devient touchant lorsqu’il lui faut se recroqueviller et se soumettre pour rejoindre le monde des hommes.
Il est regrettable que dans la deuxième partie du film, ses casseroles le rattrapent un peu : les situations deviennent prévisibles, la tentative de densifier la dramaturgie dans un film jusque-là plutôt porté sur l’observation des corps ne réussit qu’à moitié. Surtout, les personnages autres que les trois principaux sont croqués d’un trait qui va du pas très subtil au franchement caricatural. Mais il serait dommage de manquer pour cela un film dont la première heure recèle de vraies beautés.

Guillaume Bardon

In the Fipettes we trust

Mercredi 13 août 2008 by Romain

/// FIP (92.3 à Strasbourg) est menacé. Le communiqué ci-dessous (rédigé par la rédaction de FIP) explique parfaitement la situation. CUT apporte tout son soutien à l’équipe de FIP. ///

C’est pas net, maintenez les Fipettes !

COMMUNIQUE DE LA REDACTION DE FIP.- “A FIP Strasbourg, Nantes et Bordeaux, la direction de Radio France réduit le temps d’antenne réservé aux informations locales de 2/3. Dès la mi-octobre, il passerait de 12 heures 30 par jour (de 7h à 19h30), à 4 heures (de 16h à 20h), au profit d’une animation centralisée à Paris, et du développement d’un site web national.

FIP Strasbourg, radio de service public, est menacée !

Implantée depuis 30 ans dans la capitale alsacienne et européenne, notre radio a tissé un lien étroit et vivant avec le monde culturel et associatif, qu’il soit alsacien, allemand ou suisse.

Chaque jour, FIP Strasbourg accompagne ses auditeurs dans leur vie pratique, sociale et culturelle. Sa zone de diffusion s’étend sur un rayon de 40 km autour de Strasbourg _ de Sélestat à Niederbronn-les-Bains, de Saverne à Offenbourg. FIP Strasbourg est un relais incontournable des manifestations et des initiatives locales, des plus prestigieuses aux plus fragiles.

A l’heure de la décentralisation, la Direction de Radio France a imaginé un Plan de « modernisation » qui, paradoxalement, réduirait de 2/3 le temps d’antenne réservé aux informations produites dans nos studios strasbourgeois. Dès la mi-octobre, ce temps d’antenne, passerait de 12 heures 30 quotidiennes (7h-19h30) à seulement 4 heures (16h-20h), au profit d’une animation centralisée à Paris, et du développement d’un site web national alimenté par les animatrices en région. Cela concerne les stations de Strasbourg, Bordeaux et Nantes.

Dans les faits, la proximité avec l’auditeur serait réduite à la portion congrue, et certains types d’informations, notamment de service, très fortement amputés, voire même supprimés : emploi, formation, stages, conseils au consommateur, circulation, météo…

Pour que FIP Strasbourg continue à assurer pleinement sa mission de service public, et à soutenir le dynamisme culturel et associatif de la région, une pétition en ligne a été lancée le 13 juillet (plus de 800 signataires à ce jour), et un collectif d’auditeurs se met en place ce 31 juillet.

Face à ce projet fatal à une véritable proximité géographique, les auditeurs et les partenaires se mobilisent.

Conscient de la nécessité d’une évolution liée aux nouveaux supports de communication, et de l’opportunité de développement du réseau FIP que permet la numérisation, le personnel de FIP Strasbourg ne peut accepter pour autant que ces avancées technologiques se fassent au détriment de l’antenne strasbourgeoise. L’internet est un atout pour la radio, un complément incontournable, mais il ne doit en aucun cas se substituer au micro.

Au-delà, nous craignons que le projet de la Direction de Radio France ne soit qu’une étape intermédiaire avant la disparition définitive des antennes locales.”

Pétition « Soutien à FIP »
www.mesopinions.com
Rubrique « Arts et culture »

Cinéphilie - Safy Nebbou -

Lundi 11 août 2008 by jennyulrich

Désormais, Safy Nebbou pourra dire qu’il connaît les gens de CUT et ça, c’est plus la classe encore qu’Etienne Chatilliez ou Elsa Zylberstein.

Safy Nebbou (réalisateur : Le cou de la girafe, segment consacré à Bergman dans le film collectif Enfances) était à Strasbourg pour présenter son second long-métrage, L’empreinte de l’ange (sortie le 13 août). L’histoire d’une mère (Catherine Frot) obsédée par la fillette d’une autre femme (Sandrine Bonnaire)… Nous parlerons du film -dont une des ambitions est de lier dimension sociale et thriller psychologique- dans la prochaine émission Cut la radio (mise en ligne le dimanche 17 à midi).
En attendant, Safy Nebbou nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants…

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DVD Dante 01 (de Marc Caro)

Dimanche 10 août 2008 by rock

Dante 01 est une prison spatiale dans laquelle réside six dangereux criminels qui servent de cobayes à d’étranges expériences. Les prisonniers restent soumis aux mots et au regard de l’un d’entre eux, César. Mais un nouvel et mystérieux arrivant nommé St Georges, doté d’une force particulière, va bouleverser l’autorité que César avait sur ses “semblables”, ce qui va faire place à l’hostilité. Dû à une mauvaise manip d’ordinateur, Dante 01 commence à dériver dans l’atmosphère de la bouillonnante planète Dante et tout le monde essaye de sauver sa peau. St Georges devra apprendre à maîtriser sa force pour les libérer de l’attraction de la planète.

Pour ceux ou celles qui veulent du film avec un Lambert Wilson qui bave et chiale pendant plus d’une plombe, un scénario aussi bien bossé qu’un devoir de philo rédigé durant la récrée de 10h et un mélange léger entre Alien 3 et La Ligne verte (sans le talent), Dante 01 est dans la place !

Sans pour autant qualifier le premier film en solo de Marc Caro (co-réalisateur avec Jean-Pierre Jeunet sur Délicatessen et La Cité des Enfants Perdus) de prétentieux, il n’est pas plus qu’un film ennuyeux, dont le scénario se retrouve écraser par un aspect visuel de toute évidence bien plus peaufiné. La modeste motivation de Marc Caro à réaliser un film de science-fiction avec lequel il pourrait aborder des réflexions sur la religion, les mythes, la technologie et la déshumanisation qu’elles inspirent reste tout à fait louable (et enthousiasmante, surtout en France), mais laisse une œuvre floue, paumée dans son histoire et ses références (aussi bien cinématographiques que mythologiques ; et ici, pas besoin d’être un expert en ces deux “matières” pour capter que Caro n’en n’a pas fait grand chose) et ne parvient jamais à détourner les clichés du genre ou à offrir ce qu’il convoitait.

Pas une énorme purge, ni ce qu’on pourrait désigner de “nanar”, car même s’il reste scénaristiquement transparent et chiant, on peut y trouver certain intérêt dans ses décors et son esthétisme guère transcendant, mais berçant. Mais il faut avouer que pour supporter cette lente et inoffensive agonie perdue qu’est Dante 01, il aurait peut-être mieux fallu se le taper sur grand écran… ou se remater Alien 3 (version longue).

Rock Brenner

(Ed. Wild Side Video. Bonus : Making-of ; galeries : photos, dessins préparatoires, story-board ; bandes-annonces. 2008, français, accord parental souhaité.)

Halloween (de Rob Zombie)

Vendredi 8 août 2008 by rock

De John Carpenter, on me parle souvent de The Thing, Invasion Los Angeles ou encore New York 1997 comme de véritables chefs d’œuvres inégalables (ce que je ne renie pas… pour The Thing), mais lorsque je ramène ma gueule avec Halloween, bizarrement, un silence gêné, pesant, s’installe durant une longue seconde pour ensuite très vite revenir aux films cités plus haut. Et ce n’est pas parce qu’ils le sous-estiment tous, qu’ils veulent effacer ce film de la filmographie de Carpenter, mais plutôt parce qu’on les a déjà tellement soulé, tellement rappelé à quel point ce slasher à l’intrigue pourtant basique reste toujours un model de grâce de mise en scène difficilement surpassable (à ma connaissance), détail qu’un fan de Halloween manque rarement de souligner, ce qui à la longue, je l’admets, peut en énerver certain(e)s.

Mais en fait, qu’est-ce qui est énervant ? Le fait qu’on nous rappel un peu trop souvent l’ingéniosité de ce film ? Qu’on ne nous dise plus rien de nouveau dessus, que ce soit sur l’histoire ou la mise en scène ? Et si quelqu’un balançait quelque chose de neuf sur le sujet, est-ce qu’on serait plus à l’écoute ? Ou bien est-ce le fait de se dire que LE slasher a déjà été réalisé il y a trente ans et que les autres naissances de ce sous-genre méprisé (parfois même par ceux qui l’empruntent) sont et seront condamnées à être (in)consciemment influencées et/ou lourdement comparées ? Qu’elles finiront peut-être toutes jugées comme inférieures ? Que ce sous-genre est mort et que (malgré quelques sympathiques tentatives) la résurrection paraît bien rude ? Est-il possible de créer quelque chose de vraiment nouveau ? Pourquoi est-ce énervant ? N’est-ce pas un peu chiant de se dire que l’avenir d’un genre cinématographique sera des plus fantomatiques et qu’il est difficile d’y faire quelque chose ?

Bref, outre les cris assourdissants de la jeune Jamie Lee Curtis et la superbe prestation de l’irremplaçable et regretté Donald Pleasance, Halloween de John Carpenter est aussi surtout reconnu pour son personnage devenu culte : le célébrissime serial killer Michael Myers, armé principalement d’un couteau de cuisine de la taille d’un bras et d’un masque intelligemment choisi, car ce dernier peut en dire long sur celui qui le porte. Loin d’être aussi vain que celui que portent les allumés de Scream ou autres Vendredi 13, le masque de Michael Myers, par son aspect livide, désincarné et les deux trous noir qui lui serrent d’yeux, peut exprimer la fosse sombre dans lequel il vit et la haine éternelle qu’il a à l’égard de la parole et de toute espèce vivante. Enfin, ça pourrait exprimer ça, tout est histoire d’interprétation, comme toujours, et dans son film, Carpenter n’impose pas une lecture, mais nous laisse libre.

Mais Halloween aura été en quelque sorte « victime » d’un syndrome que j’appellerai celui de James Bond (riez, je n’ai pas d’autre expression qui me vient à l’esprit) ; nombreuses ont été les suites qui ont tenté de perpétuer Michael Myers la Légende, sans jamais vraiment faire évoluer son personnage et son histoire ou la rendre un tant soit peu intéressante. On a démarré avec la suite sympathique, pas trop conne, mais très éphémère quand même et surtout mal vieillie (Halloween 2 de Rick Rosenthal) ; en passant par l’épisode qui commence plutôt bien (des masques d’Halloween qui tuent des enfants, c’est bon ça), mais qui finit n’importe comment (vas-y que je me fais chier à réaliser ce film et que je veux passer à autre chose très très vite) et dont la présence dans la saga reste totalement mystérieuse (mais où se cache donc Michael Myers dans le Halloween 3 : Season of the Witch de Tommy Lee Wallace ?) ; suivi de la suite qui tente de se faire pardonner du précédent « échec » et qui se trouve loin d’être honteuse en soi, mais qui finit par partir dans tous les sens (Halloween 4 de Dwight H. Little) ; puis comme ça part dans tous les sens, ça essaye d’équilibrer un tout petit peu en refouttant des personnages d’ados insupportables qui ne méritent que d’être pendus par les tétons (regardez cet épisode juste pour le personnage de Tina Williams et vous deviendrez peut-être un sociopathe) et des poursuites interminables dans la nuit qui boucleront le film (Halloween 5 : The Revenge of Michael Myers de Dominique Othenin-Girard) ; puis de la suite qui pourrait se résumer en « boum badaboum prout », complètement délaissée par un réalisateur qui se masturbe en pensant qu’il fait un « film d’horreur » (Halloween 6 : The Curse of Michael Myers de Joe Chapelle ; Donald Pleasance méritait vraiment une meilleure fin) ; puis après quelques années de silence où on croyait la saga morte, un nouvel épisode (surtout motivé par le succès de Scream et en plus produit par la même boîte) offre une bonne surprise, car il revient au personnage de Jamie Lee Curtis et ne donne aucune suite aux épisodes précédents de la saga (donc comme si le 4, 5 et 6 n’avaient jamais existés, ce qui est loin d’être une démarche conne ; le film en lui-même ne vole pas bien haut, mais vu la sombre merde qui le suivra, celui-ci est encore respectable : Halloween, 20 ans après de Steve Miner) ; et enfin l’épisode transparent réalisé pour des d’jeuns shootés à Popstars et MTV, et qui ne se fatigue pas trop pour livrer (très vite) un point final radical au personnage de Laurie Strode, toujours joué par Jamie Lee Curtis (Halloween : Resurrection de Rick Rosenthal).

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Introduction au cinéma de Guy Debord et de l’avant-garde situationniste (Antoine Coppola)

Vendredi 1 août 2008 by François-Xavier Taboni

Spécialiste du cinéma asiatique et du cinéma coréen en particulier, Antoine Coppola est également érudit en ce qui concerne les écrits et les films de Guy Debord et de ses compères situationnistes. Comme l’indique le long titre de ce livre, c’est à l’œuvre cinématographique de Debord que Coppola s’est consacré avec un courage certain. Il est en effet difficile d’avancer sereinement un avis ou une explication des œuvres de l’auteur de Réfutations de tous les jugements, tant élogieux qu’hostiles, qui ont été jusqu’ici portés sur le film « La Société du spectacle ».

On connaît depuis longtemps le mépris que Debord portait tant à ses contempteurs qu’à ses admirateurs, estimant que les uns et les autres, partie prenante ou aveuglés par cette fameuse « société du spectacle », ne comprenaient rien à son œuvre. Pourtant, en étudiant un par un les films du plus célèbre des situationnistes, l’auteur parvient à les mettre en perspective avec les thèmes les plus importants développés par l’homme qui a théorisé la société du spectacle. C’est peut-être parce qu’il reprend à son compte les principes énoncées par Debord tout au long de son œuvre littéraire et les utilise comme grille de lecture pour étudier les longs et les courts métrages du cinéaste. En admirateur exigeant du plus célèbre des théoriciens de l’ombre, Coppola se tient très près des concepts debordiens pour mettre en lumière la cohérence d’une œuvre, qui, malgré ses nombreux emprunts et détournements, se suffit à elle même.

On pourra juste reprocher le titre du livre à son auteur : cette introduction nécessite quand même une certaine familiarité avec les textes et les films de Debord pour pouvoir être pleinement appréciée.

 François-Xavier Taboni

DVD Régénération (Ed. Bach Films)

Mercredi 30 juillet 2008 by François-Xavier Taboni



On pourrait résumer Régénération grâce à quelques unes de ses singularités : c’est le premier long métrage de Raoul Walsh et probablement le premier film de gangsters de l’histoire du cinéma. C’est aussi un des rares films du genre dont le casting est principalement constitué de vrais mauvais garçons des rues de New York (préfigurant, presque cent ans avant, le Gomorra de Matteo Garrone). Cette combinaison d’éléments est rappelée dans les excellents suppléments, qui font intervenir François Guérif, Patrick Brion et Alain Corneau. Il est d’ailleurs conseillé, pour une fois, de les visionner avant le film pour prendre la mesure de l’originalité de ce film.

On est en effet stupéfait de voir une œuvre aussi stylisée, contenant pourtant autant d’éléments documentaires. Raoul Walsh y affirme déjà au détour de quelques scènes son futur statut de cinéaste de l’action, tandis que la réalité sociale des quartiers pauvres de New York est admirablement décrite. De plus, la copie proposée, teintée, mais quand même assez abîmée (grand âge oblige), surpasse très nettement la précédente édition française du film, victime d’une duplication déplorable. Enfin, un dernier bonus présente une curiosité, un court métrage de D.W. Griffith, mentor de Walsh et père fondateur du cinéma.

François-Xavier Taboni

 

DVD… Actrices (Valeria Bruni Tedeschi)

Mercredi 30 juillet 2008 by fmannoni

Wild Side Video édite cet été le dvd d’Actrices, le film de Valeria Bruni Tedeschi récompensé par le Prix spécial du jury Un certain regard au Festival de Cannes 2007. Actrices raconte la vie d’une troupe de théâtre qui monte la pièce de Tourgueniev Un mois à la campagne. Marcelline, interprétée par Valeria Bruni Tedeschi, y traîne son mal-être de femme seule, en mal d’enfant et rongée par le doute quant à son talent de comédienne.

À écouter pour avoir des avis différents sur le film : Cut la radio n°9 du 07/01/2008. À lire, l’article Actrices (de Valeria Bruni Tedeschi) du 16/01/2008.

À voir, sur le dvd de Wild Side, après immersion dans l’onirisme tourmenté de cette comédie dramatique troublante et intelligente, trois bonus qui permettent de mieux comprendre le travail de la réalisatrice.

D’abord un making of de Yann Coridian où l’on voit la réalisatrice s’imprégner du texte pendant le maquillage, répéter le scénario autour d’une table, discuter des personnages avec Louis Garrel et Mathieu Amalric. Valeria Bruni Tedeschi travaille par imprégnation du texte et des situations, guide les acteurs, leur donne des images, accepte les suggestions. Rigoureuse, sérieuse, tenace, à l’écoute, une tendre férule au service du film.

Fait rare à signaler : les scènes coupées présentes sur le dvd sont toutes intéressantes. Pas de énième prises de la même séquence totalement inutile pour la compréhension des personnages. C’est toujours agréable d’échapper aux bonus gadgets. Ici, on peut s’amuser à se demander pourquoi tel passage avec Noémie Lvovsky, pourtant excellent, n’a pas été gardé. Place du propos dans la narration, sur-ajout de sens : le travail du montage ne consiste pas seulement à couper ce qui n’est pas “bon”, mais aussi à sculpter la matière filmique, donc agencer et ôter de bonnes scènes, mais qui ne trouvent pas forcément à s’insérer dans la chorégraphie finale.

Enfin, un long documentaire réalisé au moment du tournage d’Hôtel de France par Patrice Chéreau en 1986 revient sur l’une des expériences fondatrices du métier d’actrices pour Valéria Bruni Tedeschi. Rappelons que le personnage de metteur en scène incarné par Mathieu Amalric a pu être en partie inspiré par Patrice Chéreau, avec lequel V. Bruni Tedeschi a travaillé.  Hôtel de France est l’adaptation d’une pièce de Tchékov titrée Platonov, aussi connue sous le titre Ce fou de Platonov. Dix-neuf acteurs de l’école de Nanterre ont rejoint l’équipe du film en 1986 : Valeria Bruni Tedeschi, mais aussi Vincent Perez, Agnès Jaoui, Marianne Denicourt, Bruno Todeschini. Les répétitions, le tournage, des interviews des jeunes comédiens et de Patrice Chéreau : le documentaire semble être l’une des bases de réflexions d’Actrices, qui vient parachever vingt ans de réflexion sur le métier.

Franck Mannoni