Journal d’un CUTien à Cannes (saison 1, ép.5)

19 Mai

Gomorra (de Matteo Garrone)

Quelques séances de rattrapage ont animé cette cinquième journée, mais commençons par la suite de la compétition avec la projection de Gomorra de Matteo Garrone. Inspiré par l’énorme succès littéraire italien de Roberto Saviano, décrivant les mécanismes de la camorra dans la région de Naples, le film est encore trop chaud pour tenter de l’analyser. Au-delà de l’explication simple et précise des mécanismes du crime organisé, le film de Garrone est immédiatement bluffant dans son utilisation d’acteurs non professionnels pour figurer les jeunes entraînés dans la spirale du crime. Il donne également à voir un décor glaçant et impressionnant, celui de cette banlieue napolitaine, véritable prison à ciel ouvert, qui sert de repères aux trafics en tous genres. Mais, de tout cela aussi on reparlera sur les ondes de CUT la radio, pour la sortie du film au mois d’août.

Les rattrapages, donc. No Man’s Land : The Rise of Reeker, histoire de faire taire les bisseux qui nous reprochent de passer la journée devant des films de la compétition (voir ép.3). Voilà une petite friandise horrifique qui ne fera pas oublier le sympathique premier volet.
Linha de passe de Walter Salles et Daniela Thomas, manqué en séance presse la veille et impossible à voir en séance officielle le soir pour cause de non port de smoking. On se rabat donc sur la Salle du Soixantième qui concourt au titre de meilleur sauna cannois avec l’espace Miramar, qui abrite la semaine de la critique. Comme pour Serbis et Gomorra, Salles et Thomas font appel à des comédiens amateurs pour décrire des villes tentaculaires, rongées par la pauvreté. Le résultat est parfois spectaculaire, mais bien moins convaincant que dans les films cités auparavant.
La dernière séance de rattrapage concerne l’équipe de CUT qui a réussi à concocter en mars-avril un dossier sur le cinéma de guerre et en mai un dossier sur 68 au cinéma, sans évoquer une seule fois Un jour parmi tant d’autres de Peter Collinson, sorti en 68 et évoquant les angoisses de soldats britanniques perdus en plein cœur de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. A notre décharge, cette approche originale de la guerre, présentée dans la section Cannes Classic, est depuis bien longtemps invisible en France.

Avec toute cela, on oublierait presque de parler de l’événement de la journée, la projection du nouveau film de Steven Spielberg, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal (merci pour le titre, Steven, ça fait du signe). Désuet, hautement référentiel, souvent à côté de la plaque et manquant singulièrement de rythme, ce film d’aventures doublement à l’ancienne (il se déroule à la fin des années 50 et Spielberg essaie de faire croire qu’il l’a réalisé à la fin des années 80) pourrait presque passer pour une reprise, sans la présence de son acteur principal et de quelques effets spéciaux en images de synthèse. Mais avec un tel discours, ne reproduit-on pas les critiques qui accompagnaient la sortie des premiers volets, découverts avec ravissement par des millions d’enfants au début des années 80 ?
A suivre, demain : les Dardenne, les Straub, un Paul Newman rarissime et le nouveau James Gray. Si tout se passe bien…

De notre exilé spécial au festival de Cannes : François-Xavier Taboni

Liste des films de la Sélection officielle – en compétition : cliquez ici

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5 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 1, ép.5)”

  1. Ak Otéd'laplaq' lundi 19 mai 2008 à 130123 #

    ouais on attend avec impatience Indy IV !

  2. Marcel RAMIREZ lundi 19 mai 2008 à 150312 #

    Bon j’me répète, mais bravo c’est excellent ! Vivement demain…

    Sinon, j’me demandais : en parallèle du festival, y a pas les Hots d’or ou un truc organisé par Marc Dorcel chaque année ? Avec ton pseudo, j’suis sûr que tu rentrerais facilement, et sans smoking…

  3. Hervé lundi 19 mai 2008 à 150345 #

    J’vais peut-être me faire huer devant mon inculture festivalière, mais….c’est quoi un « bisseux » ? :P

  4. Jenny lundi 19 mai 2008 à 160436 #

    les bisseux (salut Hervé) sont tout simplement des amateur de cinéma bis (te voilà bien avancé!)
    et pour compléter, le cinéma bis est généralement jugé avec dédain/réprobation par ceux qui ne goûtent pas le charme des produits violents/gores/crados/tournés à la va comme je te pousse et/ou fauchés… mais dans le cinéma bis, il y a du tout pourri et du bien jouissif et parfois les deux vont de pair!
    ça va comme définition, ça, FX?
    hop, à demain pour la suite des aventures cannoises du super-héros de la rédac’! (l’homme qui ne dort jamais, c’est ça?)

  5. Hervé lundi 19 mai 2008 à 190736 #

    haaaaaaaaa oui ok, merci Jenny. Je connais le cinéma bis oui ^^ mais j’avais pas fait le rapprochement. Je m’étais imaginé que c’était la confrérie des fans des suites de films (puisqu’il était question de Reeker 2). Impeccable ce journal Cannois ! On s’y croirait !

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