Journal d’un CUTien à Cannes (saison 1, ép.7)

21 Mai

Los Bastardos (de Amat Escalante)

On parlait en début de festival (ép.1, souvenez vous) du Daily Screening Program, très utile dépliant qu’on peut ranger dans une poche et qui nous informe des projections de la journée. Mais il faut rendre également hommage au plus volumineux Cannes Market News, qui nous renseigne également sur les films de la journée (plus les projections de presse) et qui fournit un résumé succins des films, bien pratique quand on s’aventure dans le marché. Cannes Market News n’est qu’une des publications quotidiennes que tout festivalier (journaliste, producteur, exploitant ou distributeur) se doit de lire attentivement. En effet, Variety, The Hollywood Reporter, Screen ou Le Film français sont des mines d’informations précieuses sur les projets de films en cours, les ventes de droits internationaux ou quelques potins cannois. Ces revues sont en plus bien pratiques quand on fait la queue pendant des heures. C’est pourtant en lisant les cotations de la presse internationale dans Screen et française dans Le Film français qu’on peut se sentir bien seul : Serbis de Brillante Mendoza, toujours chouchou de ce blog, est en effet affublé des plus mauvaises notes dans les deux revues.

Enfin, pas de quoi se décourager, puisqu’on a pu découvrir plusieurs mois avant tout le monde (eh oui, c’est aussi ça les petits plaisirs cannois) le nouveau film de Clint Eastwood, L’échange, où l’on trouve Angelina Jolie en mère courage dans l’Amérique de la fin des années 20. Si on n’atteint pas le niveau de Mystic River, on ne peut que constater l’aisance d’Eastwood à se servir d’une affaire policière pour tracer un portrait acéré de son pays et de son mode de fonctionnement. On aura l’occasion d’en reparler.
On reparlera moins en revanche de Delta de Kornél Mundruczó, œuvre plastiquement superbe mais complaisante, sous influence évidente de Béla Tarr.
Pour se reposer les yeux et l’âme, la projection d’une copie restaurée d’Orphée de Jean Cocteau dans la section Cannes Classic fut un vrai bonheur. Et quel plaisir de se laisser doucement glisser dans le sommeil devant cette magnifique rêverie cinématographique.

Los Bastardos, projeté à Un certain regard, fut plutôt cauchemardesque, mais un cauchemar brillant, tant son réalisateur, Amat Escalante, parvient à éviter les chemins balisés du cinéma d’auteur violent international. Si on pense parfois à The Great Ecstasy of Robert Carmichael, à Funny Games ou au cinéma de Carlos Reygadas (coproducteur du film), ce n’est jamais au détriment de cette très belle œuvre qui contient en outre un plan inoubliable. Rendez-vous en septembre, si tout se passe bien.
Enfin, avant de se mettre minable à la très sympathique fête Los Bastardos organisée par les camarades de « Le Pacte » (très sympathique fête qui n’enlève rien à l’objectivité du chroniqueur, bien évidemment), on a pu voir en séance spéciale, Roman Polansi : Wanted and Desired, film-enquête sur l’affaire de détournement de mineure qui a transformé la carrière du cinéaste de Chinatown. Si l’enquête est très professionnelle, elle n’apprendra pas grand-chose aux lecteurs de l’excellente autobiographie de Polanski, Roman.
Demain, pas trop de films because le Che de Steven Soderbergh (4h28). Si on arrive à entrer, bien évidemment.

De notre exilé spécial au festival de Cannes : François-Xavier Taboni

Liste des films de la Sélection officielle – en compétition : cliquez ici

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Une Réponse to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 1, ép.7)”

  1. Sylvain vendredi 23 mai 2008 à 20220 #

    On n’attend plus que Roman Polansi nous ponde un fim sur Malcom X.

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