Journal d’un CUTien à Cannes (saison, ép.10)

25 Mai

My magic (de Eric Khoo)

La fatigue accumulée tout au cours du festival porte ses fruits : la projection à 8h30 de Synechdoche, New York, premier film de Charlie Kaufman, est l’occasion d’une sieste improvisée. On parvient tout de même à suivre la démarche de Kaufman, qui reprend certaines des techniques scénaristiques qui lui avaient permis de construire Dans la peau de John Malkovich. Du coup, pour un concurrent à la Caméra d’Or, on a l’impression d’être en terrain sérieusement balisé.

On continue en terrain connu avec la présentation à la presse du nouveau film d’Abel Ferrara. Le cinéaste, dont le précédent film, Go Go Tales, n’a encore été distribué nulle part, s’est offert, avec Chelsea on the Rocks une détente en allant filmer un lieu mythique de la culture new-yorkaise, le Chelsea Hotel, menacé de voir son existence actuelle bouleversée par des opérations capitalistes. Le style de l’auteur se marie admirablement à l’atmosphère du lieu et permet d’abandonne toute crainte de tentative de muséification, tant la nonchalance et l’humour de Ferrarra détournent permanence cette commande prestigieuse.

Un article et une pause café plus tard, on assiste à la projection la plus minimaliste de la compétition. My Magic d’Eric Khoo est présenté en milieu d’après midi au cours d’une séance qui réunit le public et la presse et sert en même temps de montée des marches pour l’équipe du film. Minimaliste, le film l’est aussi puisque le cinéaste a filmé en un peu plus d’une semaine ce mélo à l’ancienne, dont le principal intérêt consiste en plusieurs numéros de fakir et de prestidigitation effectués sans trucage (pour la grande majorité) par le comédien principal.

On termine enfin la journée avec l’un des grands moments de la compétition, la présentation à la presse de Rendez-vous à Palerme de Wim Wenders. Il serait trop long ici d’énumérer les problèmes du film, on se contentera d’évoquer l’ambiance de salle, entre consternation et amusement, devant une enfilade de cartes postales et de dialogues manqués. Mentions spéciales à la courte apparition de Lou Reed, au monologue d’un Dennis Hopper qui paraît bien désabusé et à la dédicace finale qui enfonce définitivement le clou.
Tout cela n’est pas très grave puisque la nuit se poursuit sur une petite terrasse pour une soirée cubi et discussions cinéphiles endiablées autour des films de Garrel, Eastwood et quelques autres.

De notre exilé spécial au festival de Cannes : François-Xavier Taboni

Liste des films de la Sélection officielle – en compétition : cliquez ici

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