DVD Serial polar… Dementia

6 Juin

de John Parker (Ed. Bach Film)

Dans une chambre d’hôtel sinistre, une femme névrosée se réveille d’un cauchemar, puis s’apprête et sort dans la rue. Une fois dehors, elle est attaquée par un pochetron aux mains baladeuses. Délivrée à coup de matraque par un flic hilare, elle se réfugie dans la voiture d’un milliardaire adipeux et répugnant…

Voici un intéressant court long-métrage (un peu moins d’une heure) exhumé par la grâce du DVD. Unique réalisation d’un certain John Parker, Dementia reste une expérience assez inhabituelle pour son temps (1955): le film est entièrement muet et est constitué d’une succession de séquences délirantes et fantasmées à la narration volontiers illogique.

Cet anticonformisme de la forme se retrouve d’ailleurs aussi dans le fond. Son héroïne boit dans les bars, tue brutalement père et mère pour finir par tordre le cou au capitalisme… Si aujourd’hui tout cela n’est plus que tarte à la crème psychanalytique et anarchisante, au milieu des années 50 les écrans étaient encore peu habitués à ce genre de chose. La salubrité des bonnes vieilles valeurs sociales et nationales à ce point  mise à mal (ce à quoi s’ajoute naturellement l’aspect incompréhensible de l’ensemble), il est donc peu étonnant que l’exploitation commerciale de Dementia eut été sujette à autant de déboires. D’abord interdit par la censure, il sortira finalement brièvement dans une unique salle New-yorkaise avant de disparaître corps et bien sous sa forme originale pendant des décennies. Dans l’intervalle, il sera racheté par le marchand de tapis Jack H. Harris* qui en exploitera une version tronquée et remontée sous le titre Daughters of horror. Bach Film nous propose les deux versions sur un même disque (on vous conseille naturellement la première), complété par une intervention du spécialiste de la série B (et des sérials killers !) Stéphane Bourgoin, pleine d’anecdotes passionnantes sur la conception du film et la manière dont il fut reçu.

Mathias Ulrich

*Patron d’un réseau de salles dans les années 50, Jack H. Harris est le producteur de quelques nanars sympathiques – Danger planétaire (The blob –1958) avec Steve McQueen, Les monstres de l’île en feu (1960), tous deux de Irvin S. Yeaworth Jr. – mais on se souviendra surtout de lui pour avoir aidé le financement des premiers John Landis (Schlock – 1973) et Carpenter (Dark Star – 1974).

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Une Réponse to “DVD Serial polar… Dementia”

  1. rockbrenner lundi 9 juin 2008 à 70726 #

    La curiosité me chatouille…

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