Un conte de Noël (de Arnaud Desplechin)

16 Juin

Mathieu Amalric au bord du précipice dans Un conte de Noël (de Arnaud Desplechin). A l’affiche depuis le 21 mai.

Après plusieurs marches solitaires le long d’un fleuve, les cheveux dans le vent, la barbe naissante, un t-shirt « New Wave is not dead » autour du corps et L’enfance de Natalie Sarraute dans la poche arrière pour me rappeler que ce n’est pas parce que tu es en manque d’inspiration que ça t’empêchera d’être conseillé plus tard par l’éducation nationale, j’ai finalement réussi à faire un résumé court du film Un conte de Noël (ce qui est presque introuvable ; je l’avoue, j’ai cherché) : la famille Vuillard se réunit pour Noël et ça va faire mal ! Non, je plaisante.
Le petit Joseph était atteint d’une maladie génétique rare, pour laquelle une greffe de moelle osseuse était indispensable pour le sauver, mais sa sœur Elizabeth n’étant pas compatible, Abel et Junon Vuillard, ont décidé de mettre au monde Henri dans l’espoir de sauver Joseph. Mais il s’est révélé qu’Henri ne pouvait rien pour son frère, qui mourût à l’âge de 7 ans. Puis naît Ivan, et la famille Vuillard commence lentement à revivre. Henri lui, sera toujours vu comme un parasite par sa propre mère. Des années plus tard, Elizabeth, écrivain de théâtre, décide de bannir Henri de la famille à cause de ses magouilles. Junon apprend qu’elle est atteinte de la même maladie du regretté Joseph et il lui faut trouver un donneur de moelle. Parmi les donneurs potentiels : le fils d’Elizabeth, Paul, ado un peu perturbé, et… Henri ! Noël arrive, la famille Vuillard se rassemble pour quelques jours et il est enfin venu le temps des règlements de compte…
Les acteurs y sont très convaincants – mot trop faible pour qualifier Mathieu Amalric, dont la plupart des scènes demeurent les plus intéressantes du film. Doté de musiques interminables, d’un montage hideux (c’est la foire aux fondus), de personnages qui discutent comme s’ils récitaient de la prose, Un conte de Noël est un film tamponné « français » à chaque image, faussement sensible et attentionné, qui ne trouve pas son message, aborde plusieurs sujets sans jamais aller jusqu’au bout et peut nous rappeler un autre film dormitif : La famille Tenenbaum.

Rock Brenner

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2 Réponses to “Un conte de Noël (de Arnaud Desplechin)”

  1. Guy mercredi 18 juin 2008 à 90943 #

    Tiens, une voie dissonnante sur ce film unanimement salué. Ca fait presque du bien! Même si j’aime moi aussi beaucoup ce film et que je ne suis pas d’accord avec cette critique. Mais elle est argumentée et bien écrite, donc recevable. Mais je le dis haut et fort : Un conte de Noël est un grand film malade. Beau, fragile et frimeur.

  2. rock dimanche 22 juin 2008 à 111113 #

    Bonjour Guy, merci d’avoir pris la peine de lire la critique et d’avoir donner ton avis sur lequel j’ai envie de réagir. Je respecte ton regard sur ce film, mais ta dernière phrase fait appel à quelques questions. Tu as écris que c’est un film « Beau, fragile et frimeur », ne penses-tu pas que « frimeur » est une contradiction au reste ? Que peut-être « beau » et « frimeur » sont incompatibles ? Qu’une personne ou une œuvre qui, en gros, se la pète n’est pas un peu douteuse ?

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