DVD La nuit des morts-vivants

2 Juil

de George A. Romero (Ed. Bach Films)

Bach Films profite de l’actualité du grand George A. Romero (le mi-figue mi-raisin Chronique des morts-vivants actuellement dans les salles) pour rééditer le premier opus zombiesque du cinéaste, La nuit des morts-vivants qui fête cette année ses 40 ans. Tout a déjà été dit sur ce chef-d’oeuvre séminal qui changea à jamais le cinéma d’horreur: son style documentaire, sa parfaite utilisation d’un décor unique, l’efficacité de son suspense comme de ses séquences horrifiques, sa portée sociale et politique, etc.

Comme il existe déjà en France une grosse demi-douzaine d’éditions DVD du film, l’éditeur table sur la valeur ajoutée en proposant une face entière de suppléments.

Si La nuit des morts-vivants fut le premier film à faire apparaître des zombies débarrassés de toute référence au vaudou, White zombie (1932) de Victor Halperin, disponible en bonus, fut le (ou l’un des) premier(s) à mettre en scène des zombies tout court. Logiquement situé à Haïti, l’intrigue de ce petit film plutôt charmant se suit sans déplaisir même si les zombies en question font un peu office de figurants… Il s’agit en tout cas probablement d’une des meilleurs apparitions de Bela Lugosi, hors productions Universal.

L’autre « gros » bonus est un documentaire d’environ une heure intitulé Fan of the dead réalisé par… un fan français qui décida de se rendre à Pitsburg et ses environs pour retrouver les principaux lieux de tournage des films de Romero qui l’ont traumatisé. Une sorte de pèlerinage cathartique quoi, dans les décors de La nuit des morts-vivants (ainsi que son remake par Tom Savini), Zombie, Le jour des morts-vivants et Creepshow… C’est pas antipathique en soi – grâce à la sincérité et au dynamisme de son jeune auteur – mais ça reste d’un intérêt très relatif… Les moments les plus douloureux sont dus à cette « convention Zombie » (oui, oui, comme les conventions Star wars !), qui occupe une partie du reportage, manifestation annuelle où se rendent des fans du monde entier, qui permet de mesurer l’ampleur énorme du culte qui entoure les travaux (Zombie en particulier, donc) du cinéaste. Animée par un Ken Foree encore plein de bonne volonté et un David Emge incrédule (1), cette convention – où l’on se fait dédicacer ses photos les plus rares avant de visiter le fameux supermarché (2) – dégage une ambiance triste à pleurer !

En tout cas, vu le faible prix de vente, cette nouvelle édition fera très bien l’affaire de ceux qui n’ont pas encore La nuit des morts-vivants à la maison. Mais qui sont ces inconscients ?!

Mathias Ulrich

1. Il manquait Gaylen Ross et Scott H. Reiniger, les deux autres comédiens sans emploi qui connurent leur heure de gloire – persistante mais malheureusement seulement pour des fans fétichistes – grâce à Zombie. Mais j’exagère un peu: Gaylen Ross est devenue réalisatrice et productrice de documentaires et Ken Foree, après une carrière relativement soutenue de second couteau à la télé, est à nouveau actif dans le cinoche horrifique depuis sa prestation dans Devil’s reject de Rob Zombie. On ne peut cependant pas s’empêcher de déplorer encore la malédiction qui s’est abattue sur la carrière cinématographique de la quasi-totalité des acteurs découverts par Romero qui, de Duane Jones à John Amplas en passant par Lori Cardille ou Scott H. Reiniger, n’ont généralement presque rien fait d’autre. Comme quoi charisme et talent ne paient pas toujours…

2. Rappelons aux étourdis que le gros de l’action de Zombie se déroule dans un centre commercial.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s