[dvd :] CAPITAINE MYSTÈRE – Douglas Sirk

27 Mar

mystere

Capitaine Mystère (Captain Lightfoot), de Douglas Sirk (éd. Carlotta)

Capitaine Mystère respire la bonne santé. Celle d’un réalisateur connu pour ses mélos qui grâce à quelques films de détente – dont Captain Lightfoot en est le plus bel exemple – se fait plaisir, celle d’un tournage en plein air loin des studios alors tout puissants, celle d’un Rock Hudson qui, tout auréolé de son nouveau statut de Star, virevolte sautille et bondit parfois pour rien, si ce n’est pour le plaisir des yeux.

Vous l’avez compris, les enjeux sur ce film sont moindres, et même si le fond historique qui oppose les Irlandais aux Anglais au début du 19e siècle nous rappelle que la querelle ne date pas d’hier, Captain Lightfoot ne sera pas pour autant proposé aux classes de lycées pour mieux cerner le sujet. Il s’agit là de se divertir.

Michael Martin, bandit de grands chemins se retrouve poursuivi par les dragons britanniques après avoir pillé l’intendant de Lord Devereaux. Il est sauvé par John Doherty, le chef des partisans irlandais et devient très vite son second.

Si ce film devait un jour passer sur nos chaînes de TV nationales, ce serait un 25 décembre à 16h/16h30 sur France 3. L’heure où l’on sort de table fourbu et légèrement alcoolisé, l’heure où les dernières lumières du jour annoncent déjà le repas du soir. Oui ce serait un bon jour pour voir Captain Lightfoot car il y a un évident effet Badoit dans ce film là, un effet digestif. Car Douglas Sirk allie le rythme et les grands espaces, l’ironie et le Cinémascope flamboyant. Les plus jeunes pourraient immédiatement utiliser leurs costumes de capes et d’épées à peine sortis de l’emballage, les plus anciens pourront se souvenir d’un temps où la sortie du samedi soir au cinéma emplissait leur semaine de légèreté. Les autres seraient contents de voir les autres contents.

Et puis quand même, il y a dans Captain Lightfoot une jolie scène de fessée sur le popotin de Barbara Rush que chacun pourra interpréter à sa manière, des poursuites trépidantes (pour l’époque) dont une vraiment flippante sur une rivière où l’on se demande si notre héros va s’en sortir. Mais ça va.

La partie romantique du film est un peu le point faible de Captain Lightfoot – ce qui est un comble pour le roi du mélo qu’est Douglas Sirk – même si la complicité du couple Hudson/Rush fonctionne bien lors des phases de séduction, l’ironie du film étant là à son sommet. Mais ça retombe très vite dès les premiers baisers. Et oui c’est parfois comme ça les premières fois.

En bonus, l’inaltérable avis de Bertrand Tavernier, bel exemple d’équilibre entre analyse filmique et amour d’un réalisateur pour un de ses auteurs fétiches et une bande annonce qui a le tort de montrer le fameux dernier plan du film à mourir de rire. Mais malgré cela nous ne saurons jamais pourquoi Captain Lightfoot a été traduit par Capitaine Mystère, ce qui reste le vrai mystère de ce film à acheter maintenant et à offrir à Noël.

Stef

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