TRAILER TRASH 4.2

6 Avr

Enfer ! Les bandes, et ce qu’elles annoncent.

« I don’t suppose it’s sacrilege to say the wine at St Vincent’s is putrid »

tt42

Cette semaine, je suis sans voix. Pour être sincère, je pensais prétendre avoir été séquestrée par Nicolas Cage me réclamant des comptes ; j’avais prévu de vous faire croire que Dennis Quaid grattait à la porte, assoiffé de justice. Ou que Clint et moi étions partis sur la route, craquant des allumettes sur nos étoiles de sheriff. One Love, serait-il gravé sur la mienne.

On m’a fait comprendre que cette chronique ne devait pas devenir le prétexte à mes épanchements mythomanes. Dans tes rêves, m’a-t-on dit sans plus de manières. Dans mes rêves, il y aurait des films prometteurs cette semaine. Au lieu de quoi, je dois m’atteler à la tâche de persifler sur des sorties peu engageantes. Commençons par un road movie de paupérisation, Wendy et Lucy. L’une est une jeune femme sans repères, l’autre un chien fidèle. Je ne suis pas certaine de savoir qui est qui ; Michelle Brokeback Mountain Williams est brune et vole dans les magasins, ce qui est mal, mais parfois compréhensible. Vous apprendrez comment retrouver un animal domestique à l’aide de trois fois rien : une veste et un peu de bons sentiments. J’ignore si quelqu’un arrivera en Alaska. Tout le monde semble vouloir aller dans le Grand Froid, à l’instar d’Emile « Into The Wild » Hirsh (rappelons que cette âme indépendante tenait l’affiche de Girl Next Door — sa voisine, non contente d’être la fille de Jack Bauer, était une actrice porno rayonnante).

Même Paul « Fast & Furious » Walker est apparu dans Antarctica, une production Buena Vista où il devait avoir été choisi en raison de son visage d’ange et de son regard d’acier, qui ne déparait en rien celui des chiens de traîneau husky — les vrais héros du film, me plais-je à croire. Ces yeux bleus si peu expressifs étaient également assortis au clair lagon d’une sombre idiotie dont le titre m’échappe, mais qui avait pour stars véritables certaines parties de Jessica Alba. Paul Walker revient donc, en éternel jeune premier. Il est impossible, dans un premier temps, de mettre un nom sur son visage – ou un visage sur son nom. Sans la série Fast & Furious, Paul Walker serait sans doute pompiste au fin fond du Milwaukee, et la communauté féminine de sa petite ville serait ravie. Dans 2 Fast 2 Furious, Vin Diesel avait passé la main, mais Paul s’accrochait. Il ne participa toutefois pas au troisième volet, Tokyo Drift (le tuning l’ayant cédé à l’art subtil du drift) : en 2006, tout de même, il avait mieux à faire. Il était dans Mémoires de nos pères. Evidemment, personne ne s’en souvient. Bref, dans ce nouveau volet, Vin et Paul sont réunis : nouveau modèle, pièces d’origine, ou je ne sais quoi. En toute sincérité, les mots me manquent pour vous parler du sourire éclatant de Michelle Lost Rodriguez, de la conduite sportive de Vin XXX Diesel, du regard de chien de traîneau farouche de Paul Qui ça Walker. Tout cela sera plein de fusils à canon scié, d’explosions, de bien mauvaises répliques et de blondes refaites qui s’embrassent (à moins qu’il ne s’agisse d’une image subliminale). Très fastidieux, en somme. Pour les amateurs de sensations fortes, de sports extrêmes et de déhanchements travaillés, je recommande le trop méconnu Roller Bounce (2006). Le petit rappeur Bow Wow y relève un grand défi : la chorégraphie sur patins à roulettes. Il y a sans doute autant de dérapages contrôlés, et la musique est meilleure. Naturellement cela se passe au milieu des années 1970, et c’est fait avec tant de candeur qu’on n’est pas loin d’y voir un ou deux téléphones portables.

Malgré le rire forcé de Kathy Misery Bates, Chéri paraît visible, voire appréciable, et pas seulement en raison de l’extrême télégénie de Michelle « Les liaisons dangereuses » Pfeiffer et du non moins joli Rupert Jeune premier inconnu Friend. Stephen Frears adapte ici Colette et les mots d’esprit fusent. La meilleure réplique de la semaine étant sans conteste « Je suis probablement en train de me ridiculiser, mais pourquoi pas — la vie est courte ».

Permettez-moi de jeter un voile pudique sur Villa Amalia ; de toute façon, guère besoin d’être devin, Isabelle Huppert forcera une nouvelle fois l’admiration de la critique. D’Erreur de la banque en votre faveur je ne dirai rien : la comédie hexagonale n’étant pas mon genre de prédilection, je rassemble le peu de forces qu’il me reste pour la sortie prochaine du Missionnaire Bigard.

On notera également cette semaine deux films pour la jeunesse. Le monde merveilleux d’Impy semble être une insulte à l’intelligence enfantine, et a manifestement été produit par des gens qui, non contents de détester en secret les moins de six ans, leur veulent aussi le plus grand mal. D’autre part, les studios Ghibli nous offrent Ponyo sur la falaise, qui sera sans doute magnifique et enchanteur mais dont la bande-annonce, personnellement, m’a donné envie de me pendre avec mes propres cheveux.

Triste semaine en perspective, donc. L’un de mes proches, pour me consoler, m’a donné, sous le manteau, un disque gravé. J’y ai découvert une vidéo d’introduction à l’auscultation pulmonaire. Il me tarde d’en apprendre davantage sur le murmure vésiculaire normal. Un ami m’a conseillé de faire comme si John Huston était un réalisateur de films catastrophe, et m’a envoyé le message suivant : « Je file, je vais voir La nuit de l’iguane. J’adore les films comme L’étrange créature du lac noir, alors j’imagine déjà un iguane géant dévastant tout sur son passage » et, à la sortie : « très belle scène de combat entre Ava Gardner et trois petits iguanes cracheurs de feu ».

Restent, pour clore le panorama, deux documentaires. Dans cette colonne, j’aime prétendre que le monde n’existe pas, mais je me dois d’en dire deux mots. Ne me libérez pas, je m’en charge, consacré au braqueur escapiste Michel Vaujour, paraît tout à fait décent, réfléchi et sympathique. Je me promets d’aller le voir, en antidote à Mesrine, qui a eu un impact déplorable sur ma vie intérieure. Enfin, Nous resterons sur terre, pamphlet environnementaliste servi par les exhortations du Prix Nobel de la Paix 1990. On avait laissé Gorbatchev devant le Mur de Berlin, à l’arrière d’une berline, dans un publicité Louis Vuitton : voyage-t-on pour découvrir le monde ou le changer (ou peut-être s’en moquer cruellement) ? Il revient pour attirer notre attention sur le désastre écologique en cours. Cela a l’air plein de bonnes intentions. Je vous conseille à cette occasion une publicité de décembre 1997, dans laquelle le même Gorby vantait les mérites de Pizza Hut.

Jakuts

Publicités

3 Réponses to “TRAILER TRASH 4.2”

  1. JiCi lundi 6 avril 2009 à 130150 #

    Trailer trash system! Pizza hut for ever! Jakuts in the place! Voilà une rubrique qui me réconcilie presque avec l’anglais. Fast and Furious glory!!!

  2. Reda mardi 7 avril 2009 à 111130 #

    Y’a rien à apprendre sur un murmure vesiculaire normal, puisqu’il est normal.
    Ponyo n’est pas un film « pour la jeunesse » faut arreter avec cette automatisme infondé (il n’est pas le seul film tout public de la liste).
    Chéri sera assurement le meilleur film de de cinéma de théatre de la semaine !
    Quant à Isabelle Huppert hahahahaha.
    Bonjour.

  3. Marcel RAMIREZ mardi 7 avril 2009 à 140256 #

    Bonjour Reda.

    Bonjour Jakuts aussi.

    Et pourquoi tu arrêterais tes épanchements mythomanes ?
    Moi j’étais prêt à le croire que tu craquais des allumettes avec Clint et tout et tout…
    Allez bisous.

    Read you next week !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s