[cinéphilies :] Gérard Bitton, Michel Munz et Gérard Lanvin

7 Avr

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Gérard Bitton, Michel Munz (réalisateurs) et Gérard Lanvin (comédien) étaient à Strasbourg pour présenter Erreur de la banque en votre faveur (sortie le 8 avril). L’histoire de Julien (Gérard Lanvin), maître d’hôtel stylé dans une banque d’affaire et homme optimiste : ses patrons estimant que son poste n’est plus rentable sont sur le point de le congédier après plusieurs années de bons et loyaux services ; Julien pense alors leur demander un prêt pour se lancer dans la restauration avec son copain fin cuisinier (Jean-Pierre Darroussin). Mais de prêt, point. Comment dans ces conditions réaliser son rêve ? (Et faire passer l’affront ?).

Nous parlerons du film dans la prochaine émission de CUT la radio, mais en attendant Gérard Bitton, Michel Munz et Gérard Lanvin réagissent aux films suivants:

ROBIN DES BOIS
Michael Curtiz
avec Errol Flynn

Gérard Lanvin : C’est Robin des Bois Errol Flynn, c’est lui. Voilà, il n’y a pas de secret. Et puis alors quand on le voit petit : ou ça nous marque et on a envie d’être dans le camp des bons à jamais, ou alors vous êtes dans le camp des mauvais. Parce qu’il y a aussi ceux qui sont attirés par les mauvais. Moi, j’étais attiré par les bons. Et ça a décidé aussi de mon comportement dans la vie… Parfois les films, c’est de l’éducation, sur les valeurs : Robin des Bois a fait partie de ceux qui m’en ont donné en tout cas.
Gérard Bitton : On est passés de la forêt de Sherwood à la forêt de Wall Street.
Michel Munz : Robin des Bois ça a été effectivement… C’est un film magnifique, qu’on a vu effectivement… Même la version contemporaine, elle n’est pas de ce niveau-là, mais mes enfants l’aiment beaucoup. C’est effectivement le mot qu’on a trouvé pour expliquer le personnage de Julien lorsqu’on a rencontré Gérard (Lanvin) la première fois : voilà, on voulait parler d’un Robin des Bois de la banque.

LES VESTIGES DU JOUR
James Ivory

G.B. : Ah oui, formidable, le rôle du butler tout à fait extraordinaire. Avec le fond politique et puis il y a cet acteur tout à fait extraordinaire…
M.M. : Anthony Hopkins ?
G.B. : Non, pas seulement Anthony Hopkins… Le lord qui est le type qui joue dans le film de Losey, The Servant, comment il s’appelle ?
M.M. : James Fox ?
G.B. : James Fox, oui… Ah, un film magnifique, oui. Très très émouvant, avec un fond politique assez intéressant…
M.M. : Qu’on a revu effectivement au moment où on a tourné le film, parce que voilà, il fait partie de… Il y a une dimension, voilà, qu’on trouve extraordinaire… Enfin, la manière dont Gérard (Lanvin) l’a incarné, on est content parce qu’on ne le voit pas souvent dans ce rôle-là. C’est ce rapport qui peut s’installer entre un domestique et son patron. Un maître d’hôtel et son patron banquier. Cette façon mimétique qu’a le maître d’hôtel de se comporter, comme s’il était non seulement le patron, mais même le protecteur du patron. Et cette façon qu’a le patron, parfois, de décevoir… Oui, oui, c’est un film magnifique.

LE PIGEON
Mario Monicelli

G.B. : Le bijou !
M.M. : Oui, oui. Nous, on est très admiratifs de la comédie italienne, c’est un genre de cinéma qu’on affectionne particulièrement, notamment parce qu’il donne un rôle à tous les rôles. Ça c’est quelque chose… On pense qu’un comédien, même qui a une toute petite part à jouer, ce sera mieux que cette part soit vue et donc on fait très attention à ça. C’est un film superbe sur les gens simples, voilà : la vie des gens, leurs besoins… C’est une très belle époque du cinéma italien.
G.L. : Oui, une époque où on sortait Pain et chocolat aussi, toutes ces aventures jouées par des acteurs très populaires en plus, qui étaient très près des gens. Le cinéma italien, je ne sais pas où il en est actuellement, mais ce cinéma nous a en tout cas, nous, en tant qu’acteurs, vachement servi. On a vu beaucoup de films de ce genre-là et avec des acteurs impressionnants de simplicité et puis de vérité. Et même chez les femmes, hein, il y avait des actrices épatantes, étonnantes… Donc c’est une période magnifique pour le cinéma, le récit, et qui parlait effectivement des gens simples. Voilà. Et on aime aussi ça.
G.B. : Ce qu’il y a d’extraordinaire aussi, à propos de ces personnages, c’est que souvent il s’agit de crétins absolus, qui ont une dimension incroyable dans la crétinerie, qui sont veules, qui sont accablés de tous les défauts de la terre, et POURTANT, ils restent toujours humains et on a toujours de la tendresse pour eux : ça c’est une prouesse étonnante. On s’y reconnaît, ils ne sont pas méchants, il y a une humanité énorme qui se dégage de ces personnages.
G.L. : Comme dans le cinéma anglais, parfois aussi. Billy Elliot, tous ces films-là… Il y a des rôles, et comme le dit Michel, moi je suis de ceux qui pensent et qui défendent — j’ai du mal parce que les gens sont très psychorigides là-dessus, mais : il n’y a PAS de second rôle. Il n’y a absolument pas de premier rôle : il y a un film avec des gens. Et tant qu’on cherche à savoir qui est le meilleur en premier rôle et le meilleur en second rôle, je veux dire : on n’a rien compris au cinéma. Il n’y a pas de meilleur et il n’y a pas de second rôle, ni de premier rôle. Il y a des gens, ensembles, qui se lancent des répliques et qui travaillent sur l’émotion de l’autre. Voilà. Et ça, on le voyait dans le cinéma italien.
M.M. : C’est une époque aussi où… C’est un cinéma qui était écrit par des intellectuels. C’est là aussi où on voit la différence, c’est que les intellectuels ils racontaient des histoires du peuple, ils étaient près du peuple. Et aujourd’hui, les intellectuels ils sont au service du pouvoir, ils sont cyniques… Donc, oui, c’est une époque qu’on regrette beaucoup.
G.B. : Et puis c’était un cinéma qui était politique. Il y avait toujours, toujours un arrière-fond politique quand même. L’archétype, c’est Peppone et Don Camillo, qui était vraiment une idée géniale, qui correspondait énormément à l’époque et à la société italienne… Je suis très admiratif de Don Camillo et Peppone…

RATATOUILLE
Brad Bird

G.L. : Oui-oui.
G.B. : Magnifique.
M.M. : C’est extraordinaire, ce film. Alors là, vraiment, j’ai découvert ce dessin animé… Maintenant, je suis fasciné de plus en plus par ce que ces dessins animés en 3D apportent comme émotion. Voilà, la technique est sublimée par ce qu’on met dans les yeux de cette souris, c’est incroyable ! De ce rat, d’ailleurs… C’est formidable d’oublier à ce point là que ces êtres n’existent pas…
G.B. : Oui, avec ce paradoxe qui est vraiment étrange que les Américains ont vraiment un attachement énorme pour les rats, et de Mickey à Ratatouille… C’est quand même pas un animal extraordinairement sympathique, le rat, et il y a vraiment un truc dans l’animation qui fait que le rat devient extrêmement sympathique.
G.L. : Oui, mais il n’est pas sympathique d’aspect, mais il est très malin. C’est un animal très malin. Moi, je travaille sur L’âge de glace depuis longtemps, le troisième volet on va le faire ; là j’ai fait la bande annonce et j’ai retrouvé mon mammouth. Et c’est exceptionnel, parce que vous voyez la technique, aujourd’hui, du dessin animé fait qu’avec le regard vous avez vraiment… TOUT, tout passe par l’œil. Et quand vous doublez un dessin animé, il ne faut pas quitter les yeux du personnage, parce que tout le reste n’a aucune importance. C’est incroyable la justesse des regards, dans la tristesse, le désir, tout ça. Et je crois qu’on peut écrire des grandes histoires accessibles aux enfants, avec des valeurs à mettre à l’intérieur, et qui va peut-être les déterminer dans leurs comportements. C’est magnifique ces dessins animés pour ça. Et il faut les suivre, nous en tant qu’adultes aussi, parce que c’est impressionnant de technique… Ces personnages sont tous très attachants. Et puis ça reste un univers particulier, le rêve… Ça n’existe pas, mais on y défend des choses essentielles et c’est important pour les enfants.

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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Une Réponse to “[cinéphilies :] Gérard Bitton, Michel Munz et Gérard Lanvin”

  1. Mimi mercredi 8 avril 2009 à 190707 #

    Elle est marrante cette photo… On dirait qu’ils posent pour une pub Zara ou Celio! Je ne crois pas que j’irai voir ce film. Mais j’écouterai ce que vous en direz dans la prochaine cut la radio…

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