[dvd :] LE BONHEUR – Alexandre Medvedkine

9 Avr

le-bonheur

Le bonheur, d’Alexandre Medvedkine (éd. Montparnasse)

La curiosité serait un vilain défaut ? N’importe quoi. Au contraire, il FAUT être curieux. Il faut pouvoir se dire, « Tiens, Medvedkine c’est un nom que j’entends de temps en temps citer… Hum ? C’était un réalisateur d’exception, son importance historique est considérable, bla-bla-bla… Mouais, ça sent le pensum surévalué tout ça. Allez, par curiosité, jetons un œil, ça fera toujours un bout de culture général en plus… ». Et là, la récompense : Le bonheur !

Bon, maintenant essayons de ne pas céder aux superlatifs élogieux, sachons mesure garder (la surenchère étant si souvent cause de désillusion par la suite). Le bonheur (chef-d’œuvre russe enthousiasmant), tourné en 1934 par Alexandre Medvedkine commence par cet avant-propos : « Le bonheur — ou l’histoire de l’infortuné Khmyr / de sa femme-cheval Anna / de son opulent voisin Foka / et aussi du pope, de la bonne sœur, et autres épouvantails — dédié au dernier kolkhozien fainéant ».

À partir de là, et pendant une heure, place à l’imagination visuelle, à la fantaisie narratrice, aux gags farfelus, à la critique moqueuse. Il y a une réflexion bien sûr, mais elle ne se fait pas au détriment du divertissement et l’amateur de films d’action contemporains y trouvera aussi son compte : cascades, effets spéciaux à l’ancienne nettement plus convaincants que certaines images de synthèse récemment vues dans des grosses prod’, bastons bien réglées et même, pour les plus coquins, quelques nonnes aux seins appétissants sous leurs voiles noirs. Mais comme ça reste quand même chaste, on peut également montrer le film aux petits enfants qui y prendront certainement beaucoup de plaisir, ne serait-ce qu’à cause des facéties du cheval blanc à pois noirs paresseux et vorace. Miam.

Le film étant muet, c’est Chris Marker qui s’est occupé des intertitres français et de la sonorisation, en 1971 (la musique de Modeste Moussorgsky, que Marker apprécie particulièrement, convient d’ailleurs très bien). Chris Marker, rappelons-le, est un grand admirateur du travail d’Alexandre Medvedkine : le collectif qu’il a constitué en 1968 avec des cinéastes ouvriers ne s’appelle pas « Les groupes Medvedkine » par hasard (voir critique du coffret dvd par FX dans le numéro -10 de CUT la revue) et en 1993 il lui a consacré un hommage posthume à travers le film Le tombeau d’Alexandre. Tiens, voilà de nouvelles pistes à explorer… Sans compter le reste de l’œuvre d’Alexandre Medvedkine : courts et longs métrages, pamphlets, documentaires… Le bonheur est-il représentatif de l’ensemble ? À quoi ça ressemble ce fameux « train cinématographique » mis sur rail en 1932 ? Bref.
Alors, curieux ?

Jenny Ulrich

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