[dvd :] LA SOLEDAD – Jaime Rosales

19 Avr

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La soledad, de Jaime Rosales (éd. Bodega Films)

C’est le cruel dilemme du chroniqueur de DVD, voire du home cinéphile assidu. Faut il commencer l’exploration de la galette par les suppléments ou par le film ?

En complément de La soledad (film espagnol de 2008 selon le dossier de presse), on retrouve une longue interview du réalisateur Jaime Rosales. Il s’agit là d’une judicieuse introduction au film (espagnol de 2008, il faut le répéter). Les chiens ne font pas des chats, et Rosales fait donc un film à son image : prétentieux, et ennuyeux. Pour commencer, il rappelle que le cinéma n’est pas là pour divertir mais pour proposer une réflexion. Et dans la foulée, il l’expose longuement et sans vergogne, sa réflexion.

La soledad, c’est deux histoires montées en parallèle, contant le drame de ces femmes dans un Madrid contemporain. L’une est victime d’un attentat dans lequel elle perd son fils. L’autre voit son entourage se déchirer autour d’une vente immobilière. L’interviewer souligne le naturalisme des comédiens (quand ils parlent au téléphone surtout).

Le cinéaste (espagnol de 2008) joue la carte du split screen. Il divise son écran, façon De Palma old school, et cadre à la fois une pièce vide, un fil à linge, un balcon. Le sujet est souvent hors champ. C’est beau l’épure.  Et le gros plan, apparemment, c’est sale et indigne.

Rosales croit faire évoluer le cinéma, se rêve en Antonioni mâtiné de Bresson. Il le confirme à son interlocuteur : ses plans de fil à linge, c’est poétique et métaphysique. Mais oublions les gros mots.

Il faudrait être très indulgent pour ne pas assimiler son « audace formelle » à une absence de mise en scène. Rosales donne l’impression de découvrir le 7e art et ses outils. Plus grave, sa théorisation extrême massacre l’émotion, cloisonne son récit. Non que l’histoire soit mal écrite, ou mal jouée, mais il y a dans cette Soledad tant de retenue, tant de pudeur que le spectateur ne se trouve jamais impliqué dans le drame. Il assiste, voyeur impassible, aux errements des personnages.

Sans vouloir réduire le cinéma espagnol au mélo rose fluo de Pedro, force est de constater que celui-ci est ouvertement passionnel. Sa singularité vient de sa folie, de  cinéastes comme De la Iglesia, ou Bayona et Balaguero récemment, qui conjuguent succès populaire et folie créatrice. Rosales ouvre un nouveau chemin au cinéma ibère, celui de la parodie involontaire du cinéma indé-pédant. Je crois que je préférais le film argentin de 2007.

Greg Lauert

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