[dvd :] Le cinéma de Mai 68 vol. 2 – L’héritage

24 Avr
cinemademai68Le cinéma de Mai 68 vol. 2 – L’héritage (éd. Montparnasse)

Cinélutte se constitue en 1973. Quoique indépendant de toute appartenance politique, ce collectif hétéroclite de réalisateurs, techniciens et étudiants est porté par l’idéal communiste – ou l’une de ses sous-branches trotsko-maoïstes.

Le projet de Cinélutte

Il était urgent, dans la foulée de l’après 68, de permettre l’expression d’un discours de contre-pouvoir face à celui du gouvernement et du patronat, en donnant la parole aux ouvriers. Cette nécessité, ajoutée au désir d’expérimenter une forme de collectivisation de la création, guide les sept films produits par Cinélutte présentés dans ce deuxième volume du Cinéma de Mai 68 édité par Montparnasse.

L’interêt de leur approche

Leurs films se caractérisent par une économie de moyens et une liberté de ton stimulante et étonnante – hier comme aujourd’hui. En se démarquant du corset du « cinéma de papa » ou de la télévision de l’ORTF, ils esquissent des espaces mentaux prometteurs pour le genre humain.

Dans un souci de mettre fin à la tyrannie du réalisateur omnipotent, ces films se veulent œuvres collectives où chacun participe à tout, où les rôles sont interchangeables. Cinélutte a le culot galactique de soumettre l’Idéal à l’épreuve de la Pratique. Gonflé !

Les failles

Ces films ont les défauts de leurs qualités pourrait-on dire. La démarche prime sur l’œuvre et ça ne s’accomplit pas sans un minimum de casse. On manque parfois de contexte et d’analyse pour saisir des enjeux à la fois lointains et d’actualité. Et la structure de ces moyens métrages, d’une quarantaine de minutes chacun, laisse une sensation de répetition et de flottement bordélique, quoique généreux, quoique bordélique.

Conclusion

La focalisation de ces films sur l’expression subjective plus que sur l’explication objective implique quasiment l’impossibilté d’une réussite esthétique quand toute l’équipe est aux manettes. Mais l’interêt de ces œuvres pourrait résider dans une sorte de communion dans l’action qu’il permet à ces êtres humains vivant une aventure.

Certains échecs valent bien des réussites. Peut-être ces films sont-ils ainsi avant tout destinés à profiter à ceux qui les réalisent et à leur entourage proche, préfigurant d’une certaine manière la spontanéité et l’accessibilité bien démocratique de la vague YouTube de la vidéo faite maison. Avec une ambition artistique et politique bien plus élevée s’entend.

(-_-)


LE CINÉMA DE MAI 68

  • DVD 1
    Ce n’est qu’un début, continuons le combat
    (Claudia von Alemann, 1968-1969)
    Kimbe red pa moli
    (1971)
    Cinélutte : Bonne chance, la France (1974-1975). Triptyque composé de
    L’autre façon d’être une banque

    Portrait du comité Giscard
    Un simple exemple
  • DVD 2
    Cinélutte : Jusqu’au bout (1973)
    Margoline (1973)
    Petites têtes, grandes surfaces – Anatomie d’un supermarché (1974)
    À pas lentes (1977-1978).
    Texte « Un cinéma de lutte pour les gens en lutte » par Sébastien Layerle.
  • CD : Portrait musical de Colette Magny.
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