[dvd :] Straub & Huillet vol.4

26 Avr

huillet

Straub & Huillet vol. 4 (éd. Montparnasse)

Après trois coffrets thématiques, la nouvelle fournée de films Straub/Huillet n’est placée sous aucun signe en particulier. On retrouve quand même les principales lignes de force de la filmographie du couple de cinéastes.

Le seul long métrage du lot, Amerika, rapports de classe, est adapté, comme le fut Leçons d’histoire avec Les Affaires de Monsieur Jules César, de Bertolt Brecht, d’une œuvre posthume et inachevée, cette fois de Franz Kafka. Dans un superbe noir et blanc, les réalisateurs filment le parcours d’un jeune homme, émigré allemand, qui s’installe aux Etats-Unis. A part quelques plans, visiblement tournés aux USA, le reste du film a été réalisé en Europe, sans doute pour correspondre à l’esprit du livre de Kafka, l’écrivain n’ayant jamais mis les pieds aux Etats-Unis. Cette démarche annonce celle de Lars von Trier qui a tourné deux de ses brûlots anti-américains, Dogville et Manderlay, dans ses studios européens. Les bisseux ne manqueront pas de noter la présence de Mario Adorf, acteur chez Fernando Di Leo ou Dario Argento, parfait ici en notable suffisant.

Le deuxième disque, parfaitement thématique, contient deux courts films adaptés de textes de Joachim Gasquet, consacrés à Paul Cézanne : Cézanne et Une visite au Louvre. Le premier, entrecoupé d’extraits de Madame Bovary de Jean Renoir, est une suite de passionnantes réflexions du peintre sur son travail, lues par Danièle Huillet. C’est l’occasion de découvrir, cette fois en Français, le travail que les cinéastes font subir à une langue et à sa diction. Le second peut être considéré comme un concentré d’histoire de l’art puisqu’on y entend, illustrées par de prises de vue au Louvre, des réflexions de l’artiste sur de nombreuses peintures.

Le dernier dvd est le plus hétérogène, puisqu’on y trouve Lothringen !, adaptation de Colette Baudoche de Maurice Barrès, Humiliés, d’après Elio Vittorini, et surtout, En Rachâchant, court métrage inspiré par Ah ! Ernesto de Margurite Duras. Tourné en noir et blanc, ce petit film où l’on voit un élève résister à toute tentative d’éducation, donne un nouvel angle pour aborder le cinéma des deux réalisateurs.

François-Xavier Taboni

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s