[cinéphilie :] Sandrine Kiberlain et Agnès Obadia

28 Avr

film_romaine-par-moins-30

Agnès Obadia (réalisatrice) et Sandrine Kiberlain (comédienne) étaient à Strasbourg pour présenter Romaine par moins 30 (sortie le 29 avril). Un titre qui en dit presque assez : ce serait dommage de déflorer les divers ressorts tragi-comiques qui amènent Romaine (Sandrine Kiberlain) à se perdre toujours plus loin dans le grand froid canadien. Une errance cocasse vraiment très attachante, si vous voulez mon avis !
Nous parlerons du film plus en détail dans la prochaine émission de CUT la radio, mais en attendant Sandrine Kiberlain et Agnès Obadia réagissent aux films suivants

AFTER HOURS
Martin Scorsese

Sandrine Kiberlain : Parfois je fais référence à ce film, par rapport à Romaine. J’ai adoré ce film.
Agnès Obadia : Je l’ai vu il y a longtemps, dans les années 80, j’avais adoré…
S.K. : Pareil (NDLR : que Romaine par moins 30) : un film inrésumable…
A.O. : Je me rappelle de Rosanna Arquette…
S.K. : Ah oui, moi aussi, et puis de l’acteur, et puis de la fantaisie de ce film, de la rapidité de ce film, du parcours invraisemblable, complètement tourbillonnant. Et de la grande surprise de voir Scorsese faire un film pareil.
A.O. : Oui.
S.K. : C’est là que j’ai compris qu’il pouvait faire des choses drôles aussi. Je n’avais pas forcément saisi ça avant, même si dans New York, New York il y a des choses drôles… Sous la neige d’ailleurs, quand il l’épouse devant…
A.O. : Oui, tu m’en avais parlé de ça…
S.K. : Pour moi c’est un cinéaste énorme.

ENTRE ADULTES
Stéphane Brizé

S.K. : Ah ben je ne vais pas être objective parce que je viens de faire un film avec lui. Et je l’aime beaucoup. C’est quelqu’un d’extrêmement délicat, d’extrêmement… Entre adultes c’est un travail expérimental, ce n’est pas vraiment son cinéma pour moi. C’est un film qui ne devait pas en être un au départ, qu’il a fait avec des acteurs non-acteurs et ça donne, au résultat, un film complètement insolite et incroyable. Très particulier. Mais je peux parler de Brizé pendant vachement longtemps parce que c’est un metteur en scène que j’ai appelé -je n’appelle jamais les metteurs en scène… En voyant son film Le bleu des villes, j’étais en Tunisie toute seule et en rentrant, j’ai appelé Gilles Sacuto et Miléna Poylo, ses producteurs, pour voir Je ne suis pas là pour être aimé que je n’avais pas vu. Et on s’est rencontré et il m’a parlé de Mademoiselle Chambon qu’il avait en tête, d’après le bouquin d’Eric Holder, et quand il me racontait ça, je me disais, ah c’est marrant… J’imaginais un film fait au Moyen-âge dans une espèce de campagne… Je ne sais pas pourquoi, je ne l’imaginais pas du tout comme un film contemporain. Et il se trouve qu’un an après, il m’a proposé le rôle, avec Vincent Lindon dans le rôle du maçon et Aure Atika dans le rôle de la femme du maçon… En fait, c’est marrant comme quand un cinéaste vous parle d’un projet, on peut se faire tout un monde qui n’est pas du tout l’histoire que vous lisez par la suite. C’est, je pense, un très beau film. Et c’est quelqu’un d’extrêmement sensible, qui fait des films sur des choses toutes délicates.
A.O. : Je ne l’ai pas vu !

LA CAPTURE
Carole Laure

S.K. : Ah je n’ai pas vu La capture de Carole Laure.
A.O. : Non…
S.K. : Alors, Carole Laure est une femme que je n’arrive pas tellement à saisir, ce qui n’est pas fait pour me déplaire d’ailleurs. Une femme d’une beauté incroyable, danseuse autant qu’actrice. Chanteuse… Enfin assez marginale. Incroyablement… Etrange.

WANDA
Barbara Loden

S.K. : Enorme.
A. O. : Oui.
S.K. : Souvenir énorme. Genre de film aussi autour d’un personnage, qui devient culte. On est avec elle tout du long. C’est super libre. Et ça fait penser à Gena Rowlands, ça fait penser à du Cassavetes…
A. O. : Ça me fait penser à Alice dans les villes aussi.
S.K. : Ouais… Très beau film. Que j’ai vu trop jeune, que j’aimerais bien revoir.
A. O. : Moi je l’ai vu il y a très longtemps aussi, mais j’ai un très beau souvenir de ce film -aussi parce que c’est autour d’un personnage… C’est très fort.

QUAND HARRY RENCONTRE SALLY
Rob Reiner

A. O. : Oui, mais vu il y a très longtemps.
S. K. : Vu, revu, re-revu… Un film que j’ai revu il n’y a pas si longtemps -enfin si, il y a quand même un moment- mais c’est marrant, il est assez démodé. En fait, tout ce qui nous a plu à un moment paraît complètement cheap.
A. O. : Mais je pense que c’est très années 80…
S.K. : Mais complètement ! À un point ! Tu as des films qui sont années 80, mais qui vieillissent bien, mais celui-là !
A.O. : Mais je pense que ce qui ne doit pas vieillir, c’est l’histoire, le rapport entre les deux personnages…
S. K. : Non, ça, ça marche, c’est bien écrit et puis j’ai adoré Meg Ryan…
A. O. : Mais le style du film, il est un peu daté, ça c’est clair.
S.K. : Ouais. Moi, je parlerais de Meg Ryan alors. Parce qu’entre actrices… Elle fait partie de ces femmes qui arrivent à être touchantes en étant vraiment drôles aussi, elle a un truc très… Elle a du charme. Maintenant, je ne vois pas trop ce qu’elle fait dernièrement, mais… Et puis bon ! Évidemment, il y a la scène de l’orgasme mimé -qui n’est pas du tout comme dans la scène de Romaine, un orgasme ressenti ! Mais quand même, on ne peut pas ne pas y penser…
A. O. : Ça se passe dans un lieu public.
S. K. : Voilà.

MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE
Tobe Hooper

S. K. : Atroce. C’est tout ce que je ne veux jamais voir au cinéma. Je ne peux pas, c’est physique. Trop de sang, trop de trucs… Si on me demande ce que je ne peux pas faire au cinéma, je crois que c’est un film d’horreur. À moins que ce ne soit Woody Allen qui ne se mette à faire un film d’horreur.
A.O. : Le film d’horreur, mais plutôt gore, que j’ai aimé voir dans une salle d’aficionados, c’était Evil Dead. Ça, c’était un grand moment parce que c’est gore, mais au point d’être comique. C’est le seul… Je n’ai pas vu Massacre à la tronçonneuse, donc ça ne m’évoque pas grand chose.

IRREVERSIBLE
Gaspar Noé

S. K. : Ah. Je ne l’ai pas vu, moi, Irréversible.
A. O. : J’en ai vu cinq minutes et puis j’ai arrêté. J’ai du mal à trouver ma place dans un film où on m’impose une telle violence. Je n’ai pas envie de continuer, j’ai envie de sortir. Enfin, ce n’était même pas au cinéma, c’était en dvd, mais au bout de cinq minutes, j’ai dit stop, je ne veux pas de ça. Je n’aime pas les films qui font l’éloge de la violence au nom de l’art, ça me fait chier.
S. K. : Oui, moi je suis pareil. Je ne pense pas que Gaspar Noé soit dénué de talent, bien au contraire : j’avais vu des courts métrages de lui assez impressionnants… Mais ça m’aurait gonflé de voir ça…

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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2 Réponses to “[cinéphilie :] Sandrine Kiberlain et Agnès Obadia”

  1. Reda mardi 28 avril 2009 à 160401 #

    Merci à Cut pour ses incroyables moments continuez avec cette rubrique j’adore !

  2. Reda mardi 28 avril 2009 à 160402 #

    Ces moments pardon ! J’en perds mon français !

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