Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.3)

16 Mai
Peu importe le nombre d'années, le train de la renommée finira bien par arriver, non ?

Peu importe le nombre d’années, le train de la renommée finira bien par arriver, non ?

Le festival est à peine commencé, mais il est déjà impossible de se lever pour aller à la projection de presse de 8h30 pour découvrir Bright Star de Jane Campion. Afin d’essayer de tenir les promesses de visionnage de la veille, on se rattrape avec la projection de 11h30, à la Quinzaine des Réalisateurs, de Yuki & Nina de Nobuhiro Suwa et Hippolyte Girardot.

On attendait beaucoup du cinéaste japonais après le très beau Un couple parfait, et son association derrière la caméra avec l’un des comédiens fétiches de Desplechin et Rochant attisait notre curiosité. Après vision du film, on peut se demander quel fut le rôle d’Hippolyte Girardot et quelle influence le cinéaste japonais a eue sur lui, tant le style de Nobuhiro Suwa semble imprégner le film. Cette histoire de séparation d’un couple franco-japonais, examinée du point de vue de deux petites filles est une belle oeuvre naturaliste marquée par une extraordinaire scène d’inspiration fantastique qui aurait mérité de conclure le film.

Retour quelques heures plus tard à la compétition avec Bright Star, qui représente l’Australie et dont on ne dira jamais assez à quel point il est ennuyeux. Il nous permet néanmoins de dormir un petit peu, histoire de recharger les batteries.

Heureusement, l’Australie, cette fois-ci dans la section Cannes Classics, nous propose un film nettement plus passionnant, Wake In Fright (en photo) de Ted Kotcheff. Invisible pendant plusieurs décennies ce film, miraculeusement retrouvé en 2004, est une merveilleuse surprise. Il permet déjà à mon facétieux voisin de rangée de sortir la meilleure blague du festival en nous assénant au début du premier plan un bien senti : « ah putain ! Je l’ai déjà vu ! ». Il permet surtout de découvrir un des meilleurs rôles de Donald Pleasence, incroyable en médecin alcoolique et halluciné, perdu dans le bush australien. En traçant le portrait d’un professeur bien propre sur lui transformé en quelques heures en animal perdu pour la société, le futur réalisateur de Rambo signe une brillante étude de caractère doublée d’un thriller qui nous plonge subtilement dans un malaise qui ne nous quitte plus.

Le retour sur le terrain de la compétition pour Taking Woodstock de Ang Lee n’est guère plus enthousiasmant que le film de Jane Campion. En racontant la genèse du mythique festival sur le ton de la comédie douce-amère, le réalisateur de Hulk aligne tous les clichés qu’il était possible de montrer sur un tel type de projet. La seule audace cinématographique du film, par ailleurs joliment photographié par Eric Gautier, est l’utilisation de split-screens, pastichant ceux que Michael Wadleigh utilisait il y a près de 40 ans pour son documentaire Woodstock. Pour le reste, de l’utilisation ultra-attendue de la musique (Going Up The Country de Canned Heat, sur la scène de glissade dans la boue, la Vietnam Song de Country Joe & the Fish, sur un plan de jeunes vétérans du conflit) aux ressorts comiques et psychologiques un peu téléphonés, on ne peut pas dire qu’on ressorte euphorique de cette réinterprétation des trois jours de paix, de musique et d’amour.

Enfin, la fête Thirst et ses légers mais efficaces Cuba Libre effacent rapidement toute trace des déceptions de la sélection officielle du jour. Au programme de demain, si vraiment tout se passe bien, Un prophète de Jacques Audiard, Mother de Bong Joon-ho et Kinatay de Brillante Mendoza.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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2 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.3)”

  1. Nathalie samedi 16 mai 2009 à 190730 #

    Ang Lee, Nobuhiro Suwa et Jane Campion ne sont-ils pas trois des cinéastes les plus chiants de la planète ? Je comprends votre impossibilité de résister à la fatigue. Ca ira mieux demain (Jeanne Labrune, autre réalisatrice soporifique)…
    Chouette journal de festival (j’ai longtemps pratiqué les festivals je m’y retrouve en vous lisant).

  2. nico nsb samedi 16 mai 2009 à 190735 #

    Je confirme, j’ai bien dormi pendant le Jane Campion… :-)

    http://darkstarfilms.wordpress.com/

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