Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.5)

18 Mai
Antichrist

Lars von Trier organise également les fameuses partouzes cannoises

« Is this your jacket ? » et « Chaos reigns » sont deux phrases qui ont beaucoup fait rire les festivaliers au cours de la journée. La première est une question posée par Johnny Hallyday à Simon Yam dans une scène fatidique de Vengeance de Johnnie To. La seconde est prononcée par un renard en fort mauvais état qui s’adresse à un Willem Dafoe médusé dans Antichrist (en photo) de Lars von Trier. Les deux films, entourés par les rumeurs, concouraient en sélection officielle.

Johnnie To commence à devenir un habitué de la Croisette et cette rencontre avec Johnny Hallyday, outre qu’elle a pu susciter des jeux de mots particulièrement riches, marquait la première coproduction française pour le réalisateur de Mad Detective. Il faut bien dire qu’on est déçu à la vision de ce polar, peu ou prou décalqué sur Exilé, du même réalisateur et dont la seule singularité est de promener l’ex-idole des jeunes dans les rues de Macao et Hongkong. L’ensemble est correctement emballé, mais on sait que le cinéaste est capable d’emballer cinq films de ce calibre dans la même année. Anecdotique.

Lars von Trier, lui ne fait pas mentir sa réputation de petit malin, roi du scandale festivalier. Il faut déjà s’y prendre à deux fois pour tenter d’aller voir son nouveau film, Antichrist, qui fait d’un coup affluer les journalistes qu’on voyait un petit peu moins cette année. Après 2h30 de queue (le film dure 1h45, est-ce vraiment très rentable tout ça ?) on peut assister à l’œuvre, dont on a appris entretemps qu’elle avait été copieusement applaudie et sifflée lors de la précédente projection de presse. Le résultat, placé sous le signe de l’hommage à Tarkovsky (c’est particulièrement évident lors du prologue et de l’épilogue), laisse perplexe. Le cinéaste danois, qui semble avoir définitivement abandonné les préceptes du dogme, livre une œuvre marquée par une imagerie fantastique à la fois impressionnante et déroutante et par un usage immodéré de la psychanalyse. La crise de couple entre Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg se transforme donc peu à peu en film d’horreur, comme promis, et les réactions qu’il enclenche vont du rire franc et massif aux gémissements de dégoût. On s’amuse bien, quoi.

Auparavant, on a pu un peu se détendre, d’abord à La Quinzaine des Réalisateurs, avec Les beaux gosses de Riad Sattouf. Petite tranche de vie humoristique sur les émois sexuels de quelques adolescents, le film souffre de la comparaison avec son homologue américain Supergrave. On se demande alors un peu ce qu’un film aux ambitions artistiques aussi peu prononcées fait à La Quinzaine. La célébrité de Sattouf, auteur de BD, et la présence à l’écran d’Emmanuelle Devos et Noémie Lvovski, ont du jouer un peu dans sa sélection.

Dolan’s Cadillac de Jeff Beesley est présenté dans un cadre un peu moins glamour puisqu’il s’agit d’une des toutes petites salles du Marché du Film situées dans le Palais des Festivals. Une fois installé dans un fauteuil qui s’incline comme dans une attraction foraine dès qu’un spectateur de la rangée à le malheur de bouger, on découvre l’adaptation d’une « short story from horrormeister Stephen King », comme indiqué sur le flyer promotionnel distribué à l‘entrée de la salle. L’adaptation d’une nouvelle, quoi. Evidemment, l’histoire est étirée sur près d’une heure et demi, avec un budget plus que modeste. Il ne reste plus qu’à se rattraper sur les acteurs : la jolie Emmanuelle Vaugier, qui fait plutôt carrière à la télévision, Wes Bentley, qui ne s’est jamais vraiment remis de son rôle dans American Beauty et surtout Christian Slater, qui, après avoir joué pendant trop longtemps les jeunes premiers, cabotine désormais en méchant dans des films destinés au marché de la vidéo. Enfin, on ne s’ennuie pas trop, tout cela à un gentil parfum de soirée vidéo entre potes et ça permet surtout de dormir un peu.

Peu de chance de se rattraper demain avec un programme a priori pas très sexy : Looking For Eric (Ken Loach), Vincere (Marco Bellocchio) et un programme au Marché du Film qui ne s’annonce pas très alléchant. Mais évidemment, on se battra bec et ongles pour rentrer à chacune des séances de la journée. Chaos reigns.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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4 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.5)”

  1. Sylvain Mazars lundi 18 mai 2009 à 121251 #

    J’ai l’impression qu’on n’a pas encore trop dormi en séance cette année. Mais a-t-on déjà eu l’occasion d’aller au Petit Majestic ? Ne ronfle-t-on pas trop à l’appart ? A-t-on déjà croisé son ami de Wild Side ?

  2. Jer lundi 18 mai 2009 à 121254 #

    Et sinon, on a eu des nouvelles de Josie ?
    Et on pourrait donner un avis personnel du Lars von Trier. J’ai compris qu’on s’y amusait, mais encore ?

  3. FX lundi 18 mai 2009 à 160453 #

    Si on se moque trop, on ne saura rien de plus…

  4. Reda lundi 18 mai 2009 à 180652 #

    Pour abandonner le dogme, fallait déjà l’avoir appliqué (ah c’est vrai LvT st un petit malin qui sait que c’est de la merde en boîte, il a fait du buzz sur du vent et pis rien, sinon ca aurait été la fin de sa carrière) =D

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