Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.7)

20 Mai
Herbes folles

Quelle racaille ce Dussollier !

Déjà entendu hier dans Blood And Bone, Dance Hall Days du groupe « so eighties » Wang Chung fait également partie de la bande-son de I Love You Phillip Morris, projeté aujourd’hui à La Quinzaine des Réalisateurs. Ce morceau, entendu entre autres dans Garçon choc pour nana chic, de Rob Reiner, dans Duplicity de Tony Gilroy, mais surtout dans Police fédérale Los Angeles de William Friedkin, devient en toute discrétion la bande originale de notre Festival de Cannes.

I Love You Phillip Morris, de Glenn Ficarra et John Requa, dans lequel on voit Jim Carrey tomber amoureux d’Ewan McGregor a rencontré un certain succès dans la salle du Palais Stéphanie. Salle que Jim Carrey, de passage en Europe pour faire la promotion du Drôle de Noël Scrooge (Robert Zemeckis), a joyeusement décrite comme un bunker construit par la résistance française. Sur scène, le comédien vole la vedette à Olivier Père, sélectionneur de la Quinzaine, et à ses deux réalisateurs. Mais à l’écran, l’acteur de The Mask fait preuve d’une modération bienvenue, toujours au diapason de la belle prestation d’Ewan McGregor, qui fait en grande partie le charme de cette comédie gentiment décalée qui propose néanmoins une idée assez neuve pour le cinéma de divertissement américain : l’homosexualité des deux personnages, qu’ils soient dans le cadre de leur travail, de leur vie quotidienne ou même en prison, loin d’être un enjeu scénaristique est immédiatement posée comme un élément tout à fait normal d’une histoire qui se déroule au fil de péripéties assez loufoques, bien qu’inspirée de faits réels.

Malgré cette bouffée d’air frais, la morosité du festival se confirme et on ne parlera aujourd’hui que des deux films de la compétition, tant la programmation du marché du film, cela se confirme de jour en jour, est moins riche et moins abondante que les années précédentes. Du coup, le temps consacré aux rencontres, à la vie sociale et aux repas plus ou moins arrosés s’allonge. Ça n’est peut-être pas plus mal.

Mais revenons à la compétition. Pedro Almodovar n’est plus seulement un cinéaste, c’est devenu une véritable institution culturelle en Espagne et dans le petit monde des festivals internationaux. Malheureusement, le réalisateur de Talons Aiguilles semblent s’être installé dans ce statut et donne l’impression de signer plus ou moins le même film depuis une dizaine d’années. On ne peut pas dire grand mal d’Etreintes brisées, très bien écrit, mis en scène et interprété, sauf qu’Almodovar tourne en pilote automatique et que ce dernier opus nous paraît finalement académique et un peu dispensable.

Alain Resnais jouit aussi d’un statut privilégié de réalisateur presque intouchable, légende vivante de la modernité cinématographique. Pourtant, trois ans après Cœurs, le metteur en scène de Mélo signe avec Les herbes folles (en photo) une comédie étonnante, toujours à la frontière de l’abstraction qu’affectionne le cinéaste, donnant un formidable sentiment de liberté. Parler d’un auteur de 86 ans pour souligner sa jeunesse d’esprit est devenu un véritable cliché, dans lequel on se vautrera complaisamment, tant l’espièglerie de Resnais et sa capacité à faire basculer une scène de comédie vers une inquiétante étrangeté imprègnent cette œuvre à la superbe photographie et dont la dernière phrase en déconcertera plus d’un.

Demain, si nos plans se déroulent sans accrocs, on parlera de Jusqu’en enfer de Sam Raimi, d’Inglourious Basterds de Quentin Tarantino et du Ruban blanc de Michael Haneke.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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2 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.7)”

  1. Alix mercredi 20 mai 2009 à 140235 #

    Ah ben non alors, pourquoi se vautrer dans ce cliché ? Pourquoi l’espièglerie, la vitalité et la finesse d’esprit seraient-elles l’apanage de la jeunesse ?

  2. Jer mercredi 20 mai 2009 à 160458 #

    Aujourd’hui, je ne fais pas de commentaires. J’attends demain et la chronique du film de Tarantino, ce jeune homme à l’esprit jeune.

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