Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.8)

21 Mai
Inglorious

La fête de l'amicale nazi bat son plein

Après deux jours de programmation assez peu excitante, l’idée d’enchaîner un film de Quentin Tarantino et un film de Sam Raimi est particulièrement alléchante pour le cinéphile amateur de cinéma bis qui a toujours un peu 15 ans. Il faut se rendre à l’évidence, c’est une erreur.

A 8h30 démarre enfin la projection tant attendue d’Inglourious Basterds (en photo) de Quentin Tarantino. Après une longue scène d’ouverture en forme d’hommage à Sergio Leone (qui contient d’ailleurs le plus beau plan de la jeune œuvre de Tarantino) le réalisateur de Jackie Brown prend un malin plaisir à déjouer en deux heures toutes les attentes qui ont pu être placées dans la bande-annonce vue par tous ses fans. Brad Pitt, qui ressemble à Popeye, doit apparaître 25 minutes (sur un peu moins de 2h30) à l’écran, tandis que l‘œuvre, présentée comme un film d’action, consiste en de longues scènes de dialogues comme les affectionne tant le cinéaste. Truffé de clins d’œil cinéphiles et de références à la culture populaire feuilletonnesque du début du XXe siècle, le film ne fait néanmoins pas l’unanimité parmi ses admirateurs. Des discussions tout au long de la journée, jusque tard dans la nuit au Petit Majestic, font valoir les arguments des défenseurs et des détracteurs qui acceptent plus ou moins bien la démarche d’un cinéaste qui semble avant tout vouloir se faire plaisir. Il ne faut pourtant pas le limiter à cela et l’audace du réalisateur, qui ne lui vaudra pas non plus l’estime des critiques plus sérieux et des historiens, est un élément essentiel du plaisir pris à la vision de cette œuvre sur laquelle on pourrait écrire beaucoup plus.

Les mêmes discussions animent les mêmes personnes à la sortie de la projection de Jusqu’en enfer de Sam Raimi. Si tout le monde s’accorde pour dire qu’il s’agit d’une récréation dans la carrière du réalisateur des Spider-Man et des Evil Dead, on peut quand même regretter que ce qui se présente de manière trompeuse comme une simple série B dure aussi longtemps (99 minutes pour un scénario digne d’une nouvelle) et n’offre à son public qu’une compilation de l’imagerie que le cinéaste a créée tout au long de sa filmographie. De plus, après les émotions fortes suscitées par la vision du film de Tarantino, l’enchaînement immédiat avec le délire survitaminé de Raimi ne joue pas en faveur de ce dernier, qui aurait sans doute gagné à être découvert un peu plus tard dans la journée.

C’est beaucoup plus tard dans la journée (trop tard même) qu’on découvre en seconde projection de presse Le ruban blanc de Michael Haneke. Ce drame en noir et blanc de 2h30 (encore un) sur une petite communauté rurale et protestante dans l’Allemagne d’avant la Première Guerre mondiale est en accord avec le sujet qu’il traite, austère et rigoureux. On peux s’extasier le long du film sur la superbe mise en scène du cinéaste autrichien sans oublier de goûter son humour cruel et désespéré. Une pinte de bière avec quelques comparses cinéphiles sera quand même nécessaire pour digérer tout cela avant d’entamer une autre courte nuit.

Demain, si tout va bien, on parle de À l’origine de Xavier Giannoli, The Time That Remains d’Elia Suleiman et d’autres films, dans la limite des places disponibles bien sûr.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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2 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.8)”

  1. Reda jeudi 21 mai 2009 à 150340 #

    Wesh c’est quoi cet article gros craquage ou bien ? =O

  2. Jer jeudi 21 mai 2009 à 180601 #

    On a l’impression que bière et mojitos sont de la partie.
    Ça va finir dans une suite du Martinez avec une poulette à chaque bras, vous allez voir.

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