Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.10)

23 Mai
Noe

Soudain, Gaspar Noé adapte Tetris au cinéma

La journée commence un peu plus tard aujourd’hui. Il faut en effet sacrifier la projection de 8h30 de L’Imaginarium du docteur Parnassus de Terry Gilliam (peut-être rattrapé en séance du lendemain) pour avoir une chance d’accéder à la projection de presse de 11h45 de Enter The Void (Soudain le vide, en photo), le film très attendu de Gaspar Noé.

Et on peut dire que rien ne se passe comme prévu : nos confrères, mobilisés par la première projection de Visage de Tsai Ming-liang et par la conférence de presse du film de Terry Gilliam, semblent bouder l’occasion de découvrir l’un des événements annoncés du festival avant tout le monde. Une fois dans la salle, après avoir acrobatiquement envoyé le journal d’un Cutien de la veille, on peut enfin se plonger dans le long trip (2h40 au lieu des 2h30 annoncées, ce qui en fait le plus long film de la compétition) du réalisateur d’Irréversible.

On comprend très vite que ce dernier pourrait se réduire à un banc d’essai destiné à tester certaines techniques cinématographiques qui seront à l’œuvre tout au long du dernier film du cinéaste. Inspiré par Livre des morts tibétain, Gaspar Noé décrit le parcours de l’esprit (ou de l’âme) d’un jeune dealer dans les rues de Tokyo quelques instants après sa mort. Peu narratif au début, pour totalement cesser de l’être par la suite, ce voyage mental aux images hallucinées permet au cinéaste de régler (toutes ?) ses dettes avec le 2001 de Stanley Kubrick. Nos confrères, qui quittent la salle tout au long de la projection, certains même, peu avant la fin, n’ayant pas compris que le film n’était pas terminé, ne donnent pas vraiment l’impression d’avoir partagé le trip de Gaspar Noé. On prendra le temps de le digérer avant de revenir sur l’un des films les plus spectaculaires de la sélection.

La journée se poursuit mais la motivation est fortement retombée. La projection de The Silent Army (Jean van de Velde), film d’aventures sur les enfants soldats en Afrique noire, ne change pas grand-chose à l’affaire. Bourré de clichés et de raccourcis scénaristiques, il souffre bien évidemment de la comparaison avec Johnny Mad Dog, qui ne jouit jamais la carte de l’identification facile avec le public.

L’avant-dernier film de la compétition, Map of The Sound of Tokyo (Isabel Coixet), ne relève pas le niveau de la journée, ni de la compétition. Cette romance esthétisante dans les rues de la capitale japonaise réussit à être aussi mauvaise que Palermo Shooting, projeté l’année dernière à la même séance, mais malheureusement beaucoup moins drôle. Le film est copieusement hué à la fin de la projection.

Un petit détour par le cinéma de la plage pour regarder des morceaux des Vacances de monsieur Hulot, bercé par le bruit des vagues cannoises, qui offre un sas de décompression avant quelques heures de sommeil bien méritées.

Demain, on parle du dernier film de la compétition, Visage, de Tsai Ming-Liang, ainsi que du film de Terry Gilliam. Le tout suivi d’un petit pronostic du palmarès, pour satisfaire notre peu matinal rédacteur en chef préféré.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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2 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.10)”

  1. Jer samedi 23 mai 2009 à 180627 #

    C’est un remake de Tron le film de Noé ?

  2. FX samedi 23 mai 2009 à 180649 #

    Presque. Sans les frisbees lumineux.

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