Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.11)

24 Mai
Visage

Jeanne Moreau vient d'apprendre que François-Xavier Taboni a dormi pendant la projection de Visage

C’est déjà (enfin ?) le dernier jour. L’agitation festivalière disparaît peu à peu, le marché est terminé et les salles de presse sont déjà moins remplies. Entre la préparation du départ, la perspective d’un dernier verre au Petit Majestic et quelques films qui ne déclenchent pas une excitation considérable, chronique d’une journée au ralenti.

La séance de 8h30 présente une fois de plus un film qui dépasse les deux heures. Malgré une nuit de près de 6h de sommeil, on sombre dès le début de Visage (en photo) de Tsai Ming-liang. Il faut dire qu’une succession de plans fixes, aussi superbes soient-ils, racontant de façon très conceptuelle la préparation d’un film et le deuil d’un réalisateur ont bien du mal à dynamiser le festivalier matinal. Les références persistantes à Truffaut, le jeu particulièrement halluciné de Jean-Pierre Léaud et les vedettes françaises invitées (Jeanne Moreau, Nathalie Baye, Mathieu Amalric) suscitent la surprise, l’amusement, l’agacement, mais jamais la passion, tant l’univers du cinéaste est hermétique pour un spectateur non initié.

Etre initié au cinéma de Terry Gilliam ne suffira pas à déclencher un quelconque plaisir à la vision de son Imaginarium du docteur Parnassus. On le sait, le tournage du film a beaucoup souffert de la disparition brutale du comédien Heath Ledger qui n’avait pas eu le temps de tourner toutes ses scènes. Le bricolage auquel Gilliam a recours, l’utilisation de plusieurs acteurs prestigieux pour le remplacer, n’est pas la plus sotte idée du film. En revanche, le recours constant à des images de synthèse d’une laideur repoussante pour figurer l’univers parallèle enjeu de l’action pose un réel problème. Et puis le bric-à-brac de Gilliam, ses grands angles agressifs et ses comédiens en roue libre sont d’un coup très pénibles quand le réalisateur n’a visiblement pas de projet pour leur donner un sens.

22h, dernière séance de cette édition avec la projection de presse de Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen. Proprement fabriqué et à vrai dire un peu ennuyeux, le film vaut surtout pour sa scène d’ouverture, représentation de la première scandaleuse du Sacre du printemps à Paris en 1913. L’analogie avec les séances de presses cannoises des films de Lars von Trier et Brillante Mendoza amuseront peut-être les festivaliers.

Enfin, un petit peu de pronostics pour faire plaisir à notre rédacteur en chef et correspondant strasbourgeois. Si votre humble serviteur ne cache pas sa passion pour Inglourious Basterds, il est quasiment certain que le dernier opus de Quentin Tarantino ne figurera pas au palmarès. En revanche, Le Ruban blanc de Michael Haneke, Un prophète de Jacques Audiard, favori des festivaliers, et peut-être l’outsider Fish Tank d’Andrea Arnold, pourraient bien repartir avec un prix important. The Time That Remains (Elia Suleiman) semble réunir tous les éléments pour obtenir une Palme d‘Or. Côté interprétation, les choses risquent de se jouer entre François Cluzet (A l’origine) et Tahar Rahim (Un prophète) pour les garçons et chez les filles, entre Katie Jarvis (Fish Tank) et Giovanna Mezzogiorno (Vincere). La très belle prestation de Kim Ok-bin, dans Thirst, ceci est mon sang, de Park Chan-wook, risque de pâtir du statut du film qui ne correspond pas exactement aux canons des films primés à Cannes. Réponse dimanche soir.

A l’année prochaine. Si tout se passe bien.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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3 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 2, ép.11)”

  1. Jer dimanche 24 mai 2009 à 101030 #

    A mardi !

  2. Barbara dimanche 24 mai 2009 à 180631 #

    Je ne sais pas si c’était un beau festival, mais c’était un beau journal!

  3. Greg LAUERT lundi 25 mai 2009 à 101032 #

    pas mal le prono du palmarès. Tu as juste oublié la très joviale Charlotte pour le (probablement) très jovial Von Trier.

    Bon, maintenant, tu peux rentrer et on aura tout le loisir de discuter précisément de ce que tu as vu pendant tes vagues périodes d’éveil.

    Et on pourra se poser la question du dernier bon film de Gilliam …. et oui, ca remonte à quand ????

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