[dvd :] TICKETS – Ermanno Olmi, Abbas Kiarostami, Ken Loach

12 Juin

tickets-dvd

Présenté au festival de Berlin en 2005, Tickets n’est discrètement sorti en salle, en France, que fin 2007. Et qui l’a vu à l’époque ? Qui s’est aventuré dans ce saut d’obstacles que constitue : un « film à sketchs » réalisé par trois metteurs en scène à la réputation certes flatteuse, mais pas particulièrement fédérateurs –seuls les films (parfois surévalués) de Ken Loach bénéficient d’une large diffusion… Aller voir Tickets n’allait pas de soi, pourtant, une fois ces barrières franchies, l’expérience s’avérait plaisante ; Tickets = bonne surprise.

Alors pourquoi est-ce qu’au moment de chroniquer le dvd : re-belotte, re-réticences ? Réticences aggravées par le fait que la présente édition ne comporte pas de supplément. Le film se suffit-il à lui-même ? Gagne-t-il à être revu ? Sur un petit écran en plus ? Réponse : dans la catégorie des films que l’on s’impose, Tickets passe aussi l’épreuve du dvd…

Tickets a pour décor principal un train européen à destination de Rome. On commence élégamment ce périple avec Olmi qui insère un pharmacologue rêveur dans un environnement bondé et ultra sécuritaire. Ce segment navigue hors du temps, mais les fantasmagories qui traversent le personnage principal s’érodent finalement face à une situation honteuse dont l’élément déclencheur est un militaire habilement escamoté sitôt son rôle accompli. Changement de wagon, d’histoire, d’univers. Kiarostami prend la relève et nous fait voyager en 1e classe avec une Madame-sans-gène irascible, flanquée d’un joli jeune homme qu’elle tyrannise. On rigole, on suppute, on s’attriste fugacement et puis on change encore une fois de wagon. Dans le dernier segment, Loach confronte trois turbulents jeunes supporters d’un club de football, des Ecossais, à une famille d’Albanais. Un ticket manque, un cas de conscience se pose…

Outre évidemment le train (formidable microcosme propice à toutes sortes d’observations, d’extrapolations), ces trois histoires ont en commun une vision bienveillante de l’Homme –malgré la grossièreté ou l’indifférence de certains individus. C’est par moments un chouïa trop édifiant, mais ce que l’on retient, in fine, ce sont bien ces estimables  bonnes dispositions envers le genre humain…

…Hum. À quand un Tickets 2 réalisé par Gaspar Noé, Lars von Trier et Bruno Dumont ?

Jenny Ulrich

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