[dvd :] DUEL AU COUTEAU – Mario Bava (2/3)

29 Juin
Duel au couteau (éd. Carlotta)

Duel au couteau - éd. Carlotta

En 1966, Mario Bava accepte de se repencher sur la mode Viking, qui lui avait très bien réussi quelques années plus tôt avec le superbe La ruée des Vikings. Il reprend donc au pied levé le tournage de Duel au couteau et retrouve son complice, l’acteur Cameron Mitchell. Bava décide de ne presque rien garder des scènes tournées par Leopoldo Savona, le réalisateur qu’il remplace, et boucle le film en une petite semaine. C’est là le principal tour de force de Duel au couteau, petit budget tourné en très peu de temps qui, grâce au travail rigoureux du cinéaste et à l’approche « minimaliste » du sujet, arrive à ne jamais trahir la modestie de son extraction.

L’histoire est fort simple. Un étranger arrive sur un territoire en proie à un terrible oppresseur, sauve une femme et son fils avant de s’installer chez eux pour se préparer à en découdre avec le vilain despote, avec lequel il a naturellement des comptes à régler.

Œuvre tout à fait mineure dans la carrière de son auteur, Duel au couteau est pourtant typiquement le genre de films qui permet d’apprécier la valeur d’un metteur en scène comme Bava. Loin de l’attitude de beaucoup de ses collègues qui consiste à masquer la misère d’un budget par le recours à des stock-shots de batailles issues d’autres productions ou par l’utilisation de cadrages serrés sur les cinq figurants présents sur le plateau pour simuler la foule, Bava, lui, choisit l’intimisme. Peu de personnages, peu de décors, peu d’action, et ça fonctionne plutôt pas mal comme ça. Il se concentre sur les relations entre les personnages et fait de la finalité du conflit une affaire d’hommes qui se règle à quatre ou six mains. Du bon sens, de l’humilité et du professionnalisme. Bête à dire mais ce sont là des qualités qui ne courent pas forcément les rues et si au final le film n’est pas mémorable comme pouvait l’être La ruée des Vikings, il n’a pas mal vieilli du tout, contrairement à nombre de productions similaires de la même époque.

Une intervention de Jean-Pierre Dionnet complète cette édition. Si on pouvait regretter un peu l’absence de version italienne sur La baie sanglante, c’est ici la VF qui fait défaut, histoire de nous rappeler qu’il devient visiblement de plus en plus difficile de trouver du matériel sur nombre de films populaires tournés il y a quelques décennies.

Mathias Ulrich

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