[dvd :] LEONERA – Pablo Trapero

30 Juin
Leonera

Leonera - éd. Mk2

Ecrire que Leonera est un film de prison de femmes serait lui faire mauvaise publicité, au vu de la piètre réputation du genre. Comme le souligne son auteur : malgré son cadre, Leonera est avant tout l’histoire d’une maternité. Incarcérée pour le crime de son compagnon alors qu’elle est enceinte , Julia élèvera son enfant en prison, dans un quartier réservé aux mères.

Ecrit et réalisé par Pablo Trapero, produit et interprété par sa femme, Leonera est une œuvre personnelle, passionnelle, ambitieuse, qui doit beaucoup à son contexte. La jeune femme évolue dans un quartier de haute sécurité, dont le film explore les codes, allant jusqu’à évoquer l’épanouissement d’une sexualité.
La singularité vient là du fait que le quartier pénitentiaire en question regorge de poussettes et de biberons. Avec l’enfant qui grandit derrière les barreaux se pose une question fondamentale mais ambiguë. L’enfant doit-il être libre, ou doit-il grandir auprès de sa mère ?
Trapero donne un embryon de réponse, mais il se plait surtout à décrire ce quotidien, à filmer ces prisonnières dans leur éveil au sentiment maternel. Il y a une dichotomie perpétuelle entre le monde carcéral, aride et violent, et la douceur engendrée par la présence des bambins.

Conter cette maternité derrière les barreaux est indéniablement une grande idée de cinéma. On pourra toutefois regretter que l’idée s’étiole au fil de l’intrigue. Le personnage d’Elli Medeiros, mère de la détenue venue s’approprier son petit fils et lui faire découvrir « le monde » est introduit tardivement. La thématique de l’enfant enlevé, de la mère dépossédée, est déjà obsolète. Le combat de Julia est mené derrière les barreaux. Celui qui l’oppose à sa mère est un ressort dramatique superflu, et tardif.
Qui plus est, le film évolue à un rythme débonnaire, correspondant à la perte de repère temporel des détenues. La résolution de l’intrigue semble alors accélérée, abrupte. Trapero veut donner de l’air à son récit, mais il a bien compris que ce n’est pas là qu’est le cœur du film.

Le dvd propose en supplément un making-of de 25 minutes, supposé éclairer le spectateur sur les intentions de l’auteur. Il est surtout intéressant d’y voir la place laissée au réel et l’introduction de vrais détenues dans des rôles mineurs.

Greg Lauert

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