[dvd] : MEURTRE SOUS CONTRÔLE – Larry Cohen

4 Sep

éd. Bach Films

éd. Bach Films

Un policier catholique assumant mal sa foi, très perméable au mysticisme, se trouve confronté à une vague de crimes gratuits. Les meurtriers, sereins, lui confient invariablement la même explication : « Dieu me l’a ordonné » (« Gold told me to » en VO -une injonction qui donne son titre original au film). Commence alors une enquête compliquée sur les traces d’un homme jeune, blond, le visage flou, les pieds nus…

Avec Meurtre sous contrôle, Larry Cohen offre aux spectateurs une expérience palpitante et malsaine. Un grand moment d’incertitude, d’instabilité. Est-ce un polar ? Un film de SF ? Une réflexion théologique ? Un pamphlet contre le fanatisme religieux ? Longtemps on se demande si notre héros est la proie de ses fantasmes, d’une machination ou s’il se trouve effectivement confronté à des éléments surnaturels. Le scénario, d’une redoutable efficacité, maintient en éveil constant l’attention du spectateur, tandis que la mise en scène, non moins efficace, a un peu l’effet inverse : elle hypnotise, stupéfie. D’où entre autres le sentiment d’instabilité mentionné plus haut…

Pour la fiche technique du film, sommairement, on peut signaler que l’interprète du policier, Tony Lo Bianco, est surtout connu pour son rôle d’assassin amoureux dans Les tueurs de la lune de miel (réalisé par Leonard Kastle), et ceux qui ont profité des rétrospectives de l’été se souviennent également de lui dans French connexion (de William Friedkin). Mais Tony Lo Bianco a par la suite davantage travaillé pour la télévision et le théâtre, il n’est donc pas réellement devenu une « gueule » du 7e Art, au contraire de Richard Lynch dont la figure fondue (il aurait tenté de s’immoler par le feu lors d’un trip au LSD dans sa jeunesse) est ici employée de manière très intéressante. Par ailleurs, Meurtre sous contrôle est dédié à la mémoire de Bernard Hermann (donc, le compositeur attitré d’Hitchcock) qui avait écrit la musique du précédant film de Cohen, le très fameux Monstre est vivant (femmes enceintes s’abstenir, comme on dit) et qui devait normalement réaliser le score de celui-ci. La petite histoire veut que Meurtre sous contrôle soit le dernier film qu’Hermann ait vu, la veille de sa mort.

L’éditeur Bach Films propose Meurtre sous contrôle en VOST et en VF, à un prix très raisonnable, avec un seul supplément qui sent le bouche-trou –le troisième chapitre des aventures de Flash Gordon (1936, 26 minutes)- mais qui se laisse néanmoins voir avec un certain plaisir grâce aux pectoraux avantageux des messieurs pas très habillés et aux poitrines généreuses des dames pas trop vêtues non plus. Et puis il y a des combats sous-marins que les amis des animaux n’approuveront pas forcément, mais qui font leur petit effet.

Pour conclure, un peu de hors les murs : L’Etrange Festival de Paris (du 4 au 13 septembre au Forum des Images) programme Meurtre sous contrôle le mardi 8 à 21h30. Et il y a plein d’autres belles choses à voir pendant la durée du festival.

Jenny Ulrich

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