[cinéphilie] : Olivier Doran

9 Sep

Olivier Doran

Olivier Doran (réalisateur) était à Strasbourg pour présenter son film, Le coach (sortie le 9 septembre 2009). Un film bâtit sur le principe du « cordonnier mal chaussé », réajusté à l’univers du coaching. Maximilien Chêne (Richard Berry) est un as dans son travail et on le paye des fortunes pour qu’il aide rapidement à régler les problèmes, à redonner confiance. Mais à côté de ça, il est atteint de la maladie du jeu. Conséquence : sa femme le fout à la porte et il doit une somme énorme à un propriétaire de casino qui s’enorgueillit d’avoir conservé des méthodes « à l’ancienne » pour le recouvrement des dettes… Bref, Chêne est obligé d’accepter un contrat potentiellement très rémunérateur, mais particulièrement compliqué : coacher à son insu Patrick Marmignon (Jean-Paul Rouve), indéboulonnable neveu du patron d’une entreprise sur le point de signer un contrat capital avec des Chinois. Problème : Marmignon est brillant, mais contreproductivement sympathique avec ses subordonnés, ce qui risque de faire capoter le projet chinois par manque d’efficacité… Le coach est donc une comédie française actuelle. C’est-à-dire, habituellement, le truc à fuir ventre à terre. Mais là, curieusement, le film réussit à être amusant à de nombreuses reprises. Doutes…
Nous parlerons de Le coach dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 12 septembre), et en attendant Olivier Doran nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.

L’EMMERDEUR (Edouard Molinaro) :
Référence. Brel, Ventura… Je trouve qu’il y a la même magie dans le duo Brel, Ventura que dans le duo Jean-Paul Rouve, Richard Berry. C’est un truc qu’on ne contrôle pas d’ailleurs. On espère qu’on va avoir ça au moment où on les choisit, mais il y a une alchimie, un truc qui se passe. Alors c’est toujours une histoire de ying et de yang : il faut un fort apparent et un faible apparent. Et puis la plupart du temps on s’aperçoit que le faible n’est pas si faible et que le fort peut avoir des failles… Voilà, oui, c’est une référence absolue dans ce genre qu’est le film de duo.

LE FANFARON (Dino Risi) :
La comédie réaliste italienne, c’est pareil… Les comédies c’est toujours -je trouve- inscrit dans une époque. Ça raconte quelque chose de l’époque dans laquelle on est. Et « Il fanfarone », ça parle de cette Italie qui se remet de la guerre, qui se débrouille… Ce truc Italien, Latin : on en fait beaucoup, on parle fort, on essaye de montrer qu’on est plus fort que ce qu’on est réellement. C’est ça aussi qui est bien avec la comédie, c’est qu’il peut y avoir des tonalités différentes. La comédie italienne a la sienne, la comédie française a la sienne, je ne sais pas s’il y a des comédies allemandes, la comédie anglaise a la sienne… Et ce qui est génial, c’est cette variété. Heureusement que ce n’est pas identique à chaque fois et qu’il n’y a pas UN modèle de comédie dominant.

MON BEAU-PERE ET MOI (Jay Roach) :
Meet the Fockers ! Ah non, Meet the Fockers c’est le deuxième, Mon beau-père, mes parents et moi… Le premier, je l’ai adoré. A-do-ré. D’abord, je suis assez fan de Ben Stiller. De Niro, dans les comédies, il a quelque chose de bien, en plus là, il fait une espèce de psychorigide absolu… Ah. Alors est-ce que ça dit quelque chose de l’époque ? Ça je n’en sais rien… Pour le coup, c’est bizarre, avec les comédies américaines on s’en fout un peu plus. C’est parce qu’on doit être épatés par les stars. Mais bonheur.

PLAYTIME (Jacques Tati) :
Alors. Tati. Je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas très sensible au charme… Je vois plein de gens qui disent : il y a un charme, il y a un humour poétique… Est-ce que c’est parce que j’ai du mal –mais ça, c’est mon problème personnel- à mélanger poésie et humour ? Est-ce que c’est parce que ça parle d’une époque où j’avais deux ans et demi et donc ça ne me dit pas grand chose ? Il y a des choses qui me plaisent chez Tati, mais voilà, je ne suis pas un fan de Jacques Tati. Peut-être que ça viendra un jour. L’idéal, c’est d’arriver à élargir ses horizons le plus possible et toujours. Donc peut-être qu’un jour, ça me parlera plus. Peut-être que je les ai vu trop petit, que j’étais vraiment trop jeune pour comprendre de quoi ça parlait –et je ne les ai pas revu depuis.

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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