[Cinéphilie] : Ruggero Deodato

30 Sep

ruggero deodato

Réalisateur de plusieurs classiques du cinéma bis italien (voir aussi son interview), ancien assistant de Rosselini, Margheriti et Corbucci, Ruggero Deodato était à Strasbourg il y a peu dans le cadre de la seconde édition du FFEFS. Il nous donne ses impressions et souvenirs des films (et surtout de leurs metteurs en scène) suivants.

ROME, VILLE OUVERTE (Roberto Rosselini)

Quand je revois Rome, ville ouverte maintenant, je pense: « Moi, je suis l’élève de Roberto Rosselini ! » C’est un film très fort, je l’aime beaucoup. Quand je pense aux conditions dans lesquelles il l’a tourné: avec rien. Avec des morceaux de pellicules récupérées à droite et à gauche. Mais quel résultat ! Cannibal holocaust aussi a été fait avec très très peu d’argent, alors je sais ce que ça représente de tourner avec rien. J’aime énormément ce film.

PULSION CANNIBALE (Antonio Margheriti)

Non… J’ai travaillé avec Margheriti, mais… (silence) Je n’aime pas le cinéma de Margheriti. C’était un grand technicien, mais il voulait seulement montrer son savoir faire technique. Pas les acteurs. Les acteurs sont toujours abandonnés dans ses films. Il n’avait pas vraiment de style. C’était un grand monsieur, je l’aimais beaucoup comme personne, il était très gentil. Son plus beau film c’est sûrement Danse macabre. C’est le premier film que je faisais avec lui. Il est bien techniquement, mais il y a autre chose. Sur ses autres films, il ne se concentrait que sur la caméra. C’est pas professionnel de travailler comme ça. Je ne sais pas. Je l’aimais lui, mais je n’aime pas son cinéma.

DJANGO (Sergio Corbucci)

Sergio, oui. Sergio, c’était un sacré metteur en scène. De lui, j’ai gardé la cruauté et le sens du montage. Ses films sont très efficaces, c’était un grand réalisateur, très sympathique, très extraverti. Complètement différent de Margheriti. Margheriti, c’était un homme un peu éteint. J’ai fait sept films avec lui. Il était très drôle aussi, il a fait de bons films comiques. Il me manque, je l’aimais beaucoup et j’ai beaucoup appris avec lui.

CANNIBAL FEROX (Umberto Lenzi)

Non, parce que Lenzi a utilisé beaucoup de scènes de mon film (Cannibal holocaust, NDR. J’étais très fâché contre lui. On se reparle depuis. C’est pas un mauvais metteur en scène mais ses films manquent d’animalité. Ils ne sont pas épidermiques.

L’AU-DELA (Lucio Fulci)

Lucio Fulci, je l’aimais beaucoup. Ce n’était pas un ami intime mais c’était un metteur en scène à la Spielberg. Il pouvait aborder n’importe quel genre. Passer de la comédie au film de zombies de manière complètement naturelle. Si tu le connaissais de manière personnelle, il était plutôt malheureux mais c’était un homme de goût, élégant et un très grand scénariste. C’était vraiment un homme bien. Il n’a pas eu de chance dans sa vie. Il a été très malheureux, sa femme s’est suicidée… Il a eu toutes sortes de malheurs. Mais c’était un grand personnage, je l’aimais beaucoup.

Propos recueillis et retranscrits par Mathias Ulrich

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