[dvd] : MISS MANTON EST FOLLE – Leigh Jason

1 Oct

ed. Montparnasse

ed. Montparnasse

Il ne faudrait pas abuser de la juxtaposition de certains adjectifs donnant lieu à des formules toutes faites, mais là, difficile de résister : Miss Manton est folle (1938) est un film aussi charmant qu’inconséquent.

Miss Manton est incarnée par –choisissez n’importe quel superlatif superélogieux à placer devant son nom, ça conviendra : Barbara Stanwyck. Miss Manton est une richissime oisive qui, alors qu’elle promène ses toutous à 3h du matin, tombe sur un cadavre dans une maison dont vient de sortir précipitamment une de ses connaissances. Miss Manton court prévenir la police en perdant sa cape et comme elle s’était rendue juste avant à un bal masqué, elle a l’air doublement ridicule  lorsque les forces de l’ordre débarquent : sa tenue ajoutée au fait que le cadavre a disparu ne plaident décidément pas en sa faveur. D’autant qu’on comprend bien vite qu’elle dérange trop souvent les autorités pour des broutilles. Miss Manton est renvoyée chez elle sans ménagement. Le lendemain, son aventure est tournée en ridicule dans un quotidien par le reporter Peter Ames (Henry Fonda). Mais Miss Manton, flanquée de ses copines longilignes en robes de soirée et manteaux de fourrure, décide de laver son honneur : les demoiselles vont mener l’enquête.

Ça part dans tous les sens. Les personnages et les développements ricochent les uns contre les autres et comme tout ça est en plus très désinvolte –autant dans l’écriture que dans la mise en scène-, mieux vaut ne pas s’attendre à une jolie pièce d’orfèvrerie cinématographique pour apprécier le résultat. Mais si on est dans l’état d’esprit adéquat, c’est plutôt, ou même franchement rigolo. Parce que c’est gentiment sadique –la combative Miss Manton s’en prend plein la tête- et parce que tous les superlatifs superélogieux qui s’appliquent à Barbara Stanwyck sont justifiés et que son partenaire, Henry Fonda, n’est pas mal du tout non plus.

Le film, proposé en VOST ou en VF, est précédé d’une introduction de Serge Bromberg (qui –à vos agendas- sera à Strasbourg fin octobre pour présenter L’enfer d’Henri-Georges Clouzot pendant L’Etrange Festival). Il parle surtout de Barbara Stanwyck, de manière plus informative que superlative (quel admirable sens de la retenue). Il évoque aussi la présence au générique de Hattie McDaniel dans un rôle de domestique pas commode, assez proche de celui qu’elle tiendra un an plus tard dans Autant en emporte le vent, -film qui, au passage, lui vaudra l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, alors que la ségrégation règne encore aux USA. Miss Manton est folle fait partie de l’intéressante collection RKO des éditions Montparnasse.

Jenny Ulrich

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