[cinéphilie :] Catherine Breillat

5 Oct

Catherine Breillat

Catherine Breillat (réalisatrice) était en compétition au FEFFS (voir les différents articles FEFFS 2009) avec son adaptation du conte Barbe-Bleue et elle s’est déplacée à cette occasion. Barbe-Bleue ne sortira pas en salle, mais il sera possible de la voir sur Arte ce mardi 6 octobre à 22h45. Si vous le souhaitez, vous pouvez également en écouter l’entretien minuté sur le site des cinémas Star et en attendant, Catherine Breillat, entre deux éclats de rires, nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.

PEAU D’ANE (Jacques Demy) :
À l’époque, je crois que je n’ai pas beaucoup apprécié. Mais je ne peux pas dire si j’ai tort ou pas. Je trouvais ça trop direct, trop La Peau d’Ane. Il me semble que les contes ont toujours un sens plus subtile que la chose absolument directe. Mais bon, il paraît quand même que c’est un très bon film, alors je me suis peut-être trompée.

MACBETH (Orson Welles) :
J’en rêvais. Ainsi que je rêvais d’ailleurs de Bresson, Lancelot du Lac, avec Humbert Balsan… Et pour la première fois (NDLR : en revoyant ce Macbeth), quand j’étais à l’hôpital (NDLR : suite à son grave accident cérébral en 2004), j’ai à peine bougé à cause de ça. À cause des sorcières et à cause de la promenade des chevaliers dans les bois : j’ai à peine bougé, un tout petit peu, le pouce. Et le lendemain, j’ai dit au professeur Bousser, « ah, j’ai un peu bougé le pouce ». Elle me demande de lui montrer, je me suis dit, elle va penser que je mens, j’essaye un mouvement infinitésimal, et elle a tout de suite dit « faite-lui un scanner, celui-là sera bon, elle remarchera ! ». Je voulais voir Crash (David Cronenberg) aussi, parce que je me disais : la seule élégance que je peux avoir maintenant, c’est le look Crash.

LE FESTIN NU (David Cronenberg) :
C’est magnifique. De toute façon, j’adore Cronenberg, avec ses inspirations moitié méchantes, moitié froides, cliniques et en même temps fiévreuses. Et puis ce sens de la violence… La magnificence de la violence. J’adore Cronenberg !

LES AMOURS D’ASTREE ET CELADON (Eric Rohmer) :
Ah je l’ai beaucoup aimé. Mais alors pour faire comprendre aux Américains –parce qu’il était au festival de Venise- que c’est magnifique… Je pense que c’est très très très français. Comme une chanson de geste du Moyen Age. Et puis c’est vrai que au début, on est surpris, on ne voit qu’un pré avec peu de choses, on a l’impression que ce n’est pas réellement cadré, un peu théâtral et puis on se laisse embarquer dans quelque chose de nébuleux, de frais… Là aussi, comme un conte. Et plus rien n’est naïf, c’est simplement la beauté pure. J’adore.

À MA SŒUR ! (Catherine Breillat) :
J’ai toujours regretté de ne pas lui avoir gardé son titre original qui était Fat girl. Malheureusement, on a fait un sondage Ipsos très cher : ils se sont intégralement trompés. Les gens ne voulaient pas de Fat girl, c’est pourtant le meilleur titre pour ce film. D’ailleurs c’est sous ce titre-là qu’il est quand même le plus connu (NDLR : dans les autres pays, sur le continent Américain notamment).

SHREK (Andrew Adamson, Vicky Jenson) :
À part qu’il est vert. Ce qui est quand même très joli. Les choses pour enfants, soi-disant aussi pour les parents, avec de l’humour, etc. : je pense que les enfants sont plus intelligents que ça. Que si on les gave de ça… Oui, bien sûr que c’est pas mal, mais il y en a trop. On pourrait quand même leur faire voir des choses qui sont tout autant pour eux, mais… Je pense qu’on les méprise un peu, les enfants…

LA BELLE ET LA BETE (Jean Cocteau) :
Ah ça, c’est une merveille. Ça, moi qui veux faire une trilogie de contes, s’il y en a un que j’aimerais faire et que je ne ferai jamais… On ne refait pas un chef-d’œuvre. C’est tellement beau. La belle et la bête, c’est Cocteau, ça ne peut être personne d’autre. Avec cette naïveté aussi : j’adore le cinéma où les effets spéciaux sont naïfs. Ce ne sont pas les effets spéciaux de maintenant : ils font encore plus d’effet parce qu’il y a l’effet poétique. L’effet spécial artisanal est beaucoup plus beau.

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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2 Réponses to “[cinéphilie :] Catherine Breillat”

  1. Léa mardi 6 octobre 2009 à 150324 #

    Catherine Breillat ne parle t-elle pas mieux des films qu’elle ne les tourne ? Je pose la question. et j’y réponds : oui.

  2. Reda mercredi 7 octobre 2009 à 101037 #

    Ou pas.

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