[cinéphilie :] Julie Lopes-Curval

7 Oct

Julie Lopes-Curval

Julie Lopes-Curval (réalisatrice) était à Strasbourg pour présenter son film, Mères et filles (sortie le 7 octobre 2009). Un film qui, comme son titre l’indique, s’intéresse aux relations entre mères et filles, mais aussi à l’évolution de la condition des femmes depuis les années 50. L’histoire commence au temps présent, on y voit Audrey (Marina Hands) et sa mère Martine (Catherine Deneuve) se retrouver maladroitement, froidement. Pour la durée de son séjour Audrey décide d’emménager dans la maison vide de ses grands-parents (le père de Martine est mort depuis peu) et se met à fantasmer sur l’énigmatique destin de sa grand-mère, Louise (Marie-José Croze), qui au cœur des années 50 a abandonné son foyer sans plus jamais donner de nouvelles…
Nous parlerons de Mères et filles dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 10 octobre), et en attendant Julie Lopes-Curval nous livre ses souvenirs et impressions des films suivants.

THE HOURS (Stephen Daldry) :
On m’en parle souvent, là, parce que trois femmes, trois époques, tout ça… Pour moi, ce n’est pas du tout pareil. Après, le film… J’adore Virginia Woolf. Et j’ai adoré les passages des années 50 avec Julianne Moore. C’est un film qui m’a touché, les actrices y sont tellement extraordinaires. C’est vrai que j’y ai pensé, je l’ai même revu en me disant : il ne faut pas que je fasse la même chose… Mais peut-être qu’il m’a marqué. Les scènes des années 50 avec la séparation de la mère et de l’enfant, ça m’a marqué.

LES NOCES REBELLES (Sam Mendes) :
Oui, c’est également un film qui parle de la condition des femmes, de la liberté. Mais c’est aussi sur un couple –la déception dans un couple-, sur comment on attend de l’autre quelque chose qu’il n’est pas. Ça raconte aussi… Moi, dans mon film, je voulais une situation extrême justement, d’une femme qui n’a pas de liberté, qui est quelqu’un d’assez absolu et pour qui ça va devenir plus qu’une prison à vivre. Pour qui c’est insupportable de ne pas avoir de liberté alors qu’il y a plein de femmes qui… C’est ce qu’on voit dans Noces rebelles : il y a le personnage de Kate Winslet qui ne supporte pas cette vie, alors que sa voisine est très heureuse.

UNE AFFAIRE DE FEMMES (Claude Chabrol) :
Je l’ai vu il y a longtemps… Mais il m’avait marqué ce film, oui. C’était un beau film sur l’avortement. Toute l’hypocrisie autour de l’interdiction d’avorter et le fait que les femmes se faisaient charcuter épouvantablement et qu’on traitait de sorcières les avorteuses… L’avortement, c’est très important dans le débat sur les femmes. C’est au centre. C’était une grande avancée de la société. Dans mon film, c’est autour de la maternité que ça se situe… Huppert était sublime. Je me souviens qu’elle disait à un moment donné, « Je vous salue Marie pleine de merde », ça m’avait glacée.

LE FESTIN DE BABETTE (Gabriel Axel) :
Je l’ai vu aussi il y a longtemps, j’avais adoré ce film. Je pense que vous me parlez de ça par rapport à la cuisine ? Aux recettes et à la nourriture ? C’était l’histoire d’une femme qui donnait tout son héritage pour faire un repas somptueux à tout son petit village : c’était tellement beau, sur la nourriture, sur le partage… Dans Mères et filles –je parle de mon film, c’est fait pour j’imagine !-, Audrey trouve un cahier de recettes de cuisine et j’aimais beaucoup cette idée : à un moment donné elle va faire une des recettes du cahier à sa famille… Ça me touchait beaucoup cette idée qu’elle donne à manger à sa mère et à son oncle une recette de sa grand-mère. La monteuse avec qui je travaille m’avait raconté l’histoire de femmes… Je ne m’en souviens pas précisément, mais je crois que c’était des femmes emprisonnées, condamnées à mort, et la dernière chose qu’on leur accordait c’était le droit d’écrire une lettre à leurs enfants, leurs proches. Et il paraît que beaucoup de ces femmes écrivaient des recettes de cuisine : c’était vraiment le truc qu’elles voulaient donner, transmettre à la génération suivante. Le goût, les nourritures terrestres. Ça m’avait touché.

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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