Journal d’un CUTien à l’Etrange (Saison 2, ép.3)

24 Oct

Il est rare de rentrer d’une journée de festival avec du riz plein les cheveux, plein la chemise, plein le… Je ne laisserais pas planer le doute plus longtemps. Je ne suis pas marié, je sais me servir de baguettes quand je mange, mais la soirée s’est clôt par une mémorable séance du Rocky Horror Picture Show, incluant l’animation de rigueur.

La journée avait pourtant commencé dans le calme avec la projection, en copie neuve s’il vous plait, du très suranné Picnic at Hanging Rock. L’Etrange, ce n’est donc pas que du bis obscur. Le film de Peter Weir est un superbe classique, dont la première heure est étourdissante de virtuosité. Avec trois jupons, deux cailloux et un peu de flûte de pan, le cinéaste australien nous plonge dans un récit vaporeux et troublant, dont les images sont vouées à hanter la mémoire du cinéphile.

Très motivé par le redécouverte de ce film majeur, je prends la décision de suivre assidûment le focus australien concocté par Philippe Lux et sa team.

Ce petit cycle n’oublie pas les courts métrages, dont Spider, du très prometteur Nash Edgerton (The Square, 2008, dont je vous parlais ici même il y a quelques mois) et une romance post-apocalyptique assez singulière signée Spenser Susser.

A 16 heures, on enchaîne avec Les traqués de l’an 2000 de Brian Trenchard-Smith. Cette fois, on plonge dans le bis, mais de très bonne facture, avec un récit d’anticipation tout à fait jouissif mêlant action décomplexée et scènes de douches.
Le lancement de la séance a été un rien chaotique suite à un petit problème de format d’image. Si je n’étais pas absolument persuadé de la solidarité de la communauté cinéphile, je conseillerais au staff de l’Etrange d’éloigner le directeur artistique du festival concurrent de la cabine de projection. Et si je n’étais pas si mauvaise langue avec les copains, je pourrais continuer à vous parler des films que je vois.

18h00 : L’heure de la brebis galeuse du jour. Lost Things ou l’invraisemblable vacuité d’un petit film foutraque. Deux couples partent surfer. Ca minaude, il ne se passe rien, et on comprend au bout d’une heure qu’ils sont au purgatoire. Ca flash dans tous les sens, back and forward, et les personnages évoquent leur impression de déjà-vu. Comme je partage leur sentiment, j’ai une demi heure d’avance pour aller dîner.

Je reviens juste à temps pour The Proposition à 20h. J’entendais parler du film depuis deux ans déjà, et en grand amateur de western, j’avoue ne pas avoir été déçu.
John Hillcoat exporte admirablement un genre strictement américain, étroitement lié à la nature de la société américaine, dans le bush australien. Ici, il est également question du fondement moral d’une nation, avec un Ray Winstone comme toujours impeccable en garant de la justice. Le film est tendu comme le string de Tim Curry dans le Rocky (mais on y reviendra).

Hillcoat exploite solidement le contexte, sublime son cadre sans paraître poseur, et sert parfaitement le scénario solide de Nick Cave. Philippe Lux évoquait une sortie salle en décembre. Je ne saurais que trop conseiller aux dissidents de l’Etrange la découverte de ce petit bijou sec et puissant.

La soirée se poursuit avec la projection du premier film de John Hillcoat, Ghosts of the civil dead. Le style de cette œuvre sur l’univers carcéral est singulier, très distancié, très froid. Les personnages sont esquissés, le ton serait presque clinique. Il est toutefois à noter que le décor de la prison ultra moderne semble avoir été repris dans ses moindres détails par Tom Fontana dans sa série Oz, diffusée à la fin des années 90 sur HBO.

On quitte l’Australie (ce n’est pas plus mal, encore un film et j’aurais fini par parler comme Eric Bana dans Funny People). La salle est envahi par une foule surexcitée, et on sent l’angoisse du staff affairé à protéger le matériel des inévitables jets d’eau. La séance tient toutes ses promesses. Le spectacle est dans la salle, bien plus qu’à l’écran. Le Rocky demeure le midnight movie par excellence et un support indémodable aux happenings divers Ne le regardez pas seul chez vous, vous seriez frappé par son absence de qualités cinématographiques.

Je suis forcé de m’arrêter là, puisque mon clavier ne tolèrera pas plus longtemps la chute de grains de riz entre les touches.

Mais demain, vous avez rendez vous avec Sylvain Mazars qui doit  maintenant prendre l’habitude de chroniquer dans mon sillage à chaque festival.

Greg Lauert

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Une Réponse to “Journal d’un CUTien à l’Etrange (Saison 2, ép.3)”

  1. Pauline samedi 24 octobre 2009 à 200813 #

    Il parait que l’Etrange festival a failli s’arrêter… Ca aurait été dommage! D’autant que cette édition est vraiment très bien (surtout les soirées de mercredi et VENDREDI!!!)

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