[dvd :] LA CONTESTATION – Lizzani, Bertolucci, Pasolini, Godard, Bellochio

30 Oct
La Contestation

La contestation (Éd. Carlotta)

Ah, les années contestataires ! Les glorieuses années 60 et 70 où petit à petit les censures tombaient et les moeurs évoluaient. Subitement les artistes des quatre coins du monde comprenaient enfin – tel une révélation provoquée par un trip sous acide – tous les maux de la société et se faisaient fort de les dénoncer avec virulence dans des oeuvres rageuses et engagées !

Ce premier paragraphe plein de lyrisme pour en arriver à ce triste constat : que reste-t-il de ce cinéma révolutionnaire aujourd’hui ?… Et ben un peu comme pour ces éclairs de génie qui nous prennent sous l’emprise de substances illicites variées (mais si, rappelez-vous votre adolescence !), le lendemain, malheureusement, il reste surtout de l’embarras…

Donc Messieurs Bertolucci, Godard, Bellochio, Lizzani et Pasolini contestent. Comme ça, un grand coup, pour pouvoir parader avec un film contestataire dans les festivals et montrer que la flamme marxiste-maoiste-léniniste-etc. brûle de mille feux chez les cinéastes tout pareil que chez les étudiants. On aimerait en dire du bien (la contestation, ça nous plaît bien à Cut et le cinéma pop protestataire peut être très séduisant, après tout), mais en dehors des segments des deux derniers cinéastes cités (Lizzani et Pasolini, qui tirent leur épingle du jeu), l’ensemble est malheureusement aussi puéril que ridicule.

Gesticulatrice chez Bertolucci, verbeuse et poseuse chez Godard, carrément infantile chez Bellochio, cette fameuse contestation prend un peu de sens dans le segment de Lizzani – L’indifférence – sans doute aidée par la touche film noir qui se greffe par dessus et surtout dans La séquence des fleurs de papier du grand Pier Paolo où Ninetto Davoli nous remonte un boulevard (la Via Nazionale de Rome) avec le même panache que Anna Magnani dans deux scènes mémorables de Mamma Roma. Quelques minutes de plaisir bien gagnées pour le pauvre cinéphile… Et une conclusion aussi: le plaisir purement cinématographique d’un beau morceau de bravoure importe finalement plus que tous les messages du monde…

Aucun suppléments ne vient enrichir la vision du film (pour une fois, il en aurait pourtant eu grand besoin). Notons enfin que le titre italien, Amore e Rabbia (Amour et colère), même si encore une fois un rien trop définitif pour ne pas prêter un peu à sourire, était sans doute un peu moins lourd à porter…

Mathias Ulrich

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