[dvd:] Coffret Rossellini (1/3)

5 Nov

Coffret

Les Editions Carlotta ont réuni dans un coffret quatre téléfilms réalisés entre 1972 et 1974 par le cinéaste italien Roberto Rossellini (Blaise Pascal, Augustin d’Hippone, Descartes et L’Age de Côme de Médicis). A cette époque, Rossellini déclare vouloir abandonner le cinéma comme mode d’expression privilégié. Il le juge obsolète, dévoyé par les ego des créateurs et les ambitions commerciales des producteurs. Il mise sur le petit écran, média encore jeune où il retrouve une certaine liberté de création. Il sait également que ses oeuvres seront facilement relayées par une télévision d’Etat qui a mission de service public.

film

Blaise Pascal (1972)

Avec cette série de téléfilms historiques, Rossellini entend éduquer les citoyens, en leur montrant les destins de quelques grands hommes. Surtout, il veut démythifier le passé, redonner une dimension humaine à des icônes de l’Histoire. « Ce que l’on a appris à l’école, c’est l’histoire de l’autorité, des rois, des penseurs, des généraux et des batailles. L’histoire de l’homme, la seule qui soit importante, personne ne l’enseigne », confie-t-il.

Blaise Pascal (1623-1662), philosophe français auteur des Pensées, lui fournit l’occasion de montrer une époque où les relations entre science et religion sont conflictuelles. Très démonstratif, Rossellini illustre quelques grands passages des écrits de l’intellectuel, repris mot pour mot par Pierre Arditi, qui interprète le rôle titre. A l’image, le savant crée ses premières inventions (notamment une machine à calculer mécanique), élabore ses démonstrations de géométrie et livre ses réflexions à ses proches et à tous ceux qui, fréquemment, lui rendent visite.

Comme à son habitude, Rossellini s’intéresse plus au fond qu’à la forme, ce qui ne veut pas dire qu’il néglige la technique. Il privilégie des éclairages simples, tourne souvent avec une seule caméra qu’il fait voyager sur des rails, joue sur les zooms avec une petit boîtier électronique qui lui permet, lorsqu’il ne cadre pas lui-même, d’intervenir à distance sur l’objectif de la caméra. Le nombre de prises est réduit, le montage limité à une dizaine de minutes par jour, prétend le cinéaste. La scène finale, plan séquence de plus de cinq minutes est un bel exemple de cette efficacité. Mouvements de caméras et mouvements d’acteurs font l’essentiel de cette représentation de l’agonie du philosophe. Pierre Arditi est tout simplement parfait dans le rôle de l’homme de lettres gracile. L’acteur, qui avait alors 24 ans, offre un jeu tout en retenue, loin des rôles énergiques dont il fera plus tard une de ses spécialités.

tournage

Roberto Rossellini avec sa fille Isabella sur le tournage de Blaise Pascal

Les Editions Carlotta n’ont pas lésiné sur les compléments. Aurore Renaut, qui a réalisé une thèse sur Rossellini et qui enseigne l’Histoire et la Sociologie du cinéma présente le film. Une interview de Pierre Arditi par Alain Bergala, réalisateur et enseignant à la FEMIS, livre tout une série d’anecdotes sur le film. Enfin, le documentaire Les Coulisses de Blaise Pascal mêle des séquences tournées sur le plateau de Rossellini et plusieurs entretiens avec le réalisateur. On y voit notamment Isabella Rossellini, créditée au générique comme assistante costumière, se poster aux côtés de son père : image rare.

Franck Mannoni

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