[dvd :] L’OEUF DU SERPENT – Ingmar Bergman

7 Nov
L'oeuf du serpent

L'oeuf du serpent (Éd Carlotta)

Berlin, novembre 1923. Abel Rosenberg, trapéziste américain et alcoolique, découvre le cadavre de son frère, en rentrant un soir à la pension où ils résident. Bientôt convoqué par la police pour identifier d’autres cadavres, il sent les soupçons se porter sur lui. Relâché, il s’installe avec sa belle-soeur mais le malaise persiste et pour Abel, la paix semble impossible à trouver…

Grosse production aux capitaux américains, film paranoïaque orwellien, cas à part dans la carrière de Bergman, L’oeuf du serpent est de ces oeuvres difficiles à raconter qui deviennent meilleures de vision en vision. Le film est d’abord notable pour son climat de fin du monde très science-fictionel (Orwell, donc), où le spectateur comme le personnage principal n’a aucune prise sur la mécanique impitoyable des événements qui se succèdent. D’anticipation, il n’est en fait nulle question puisque la période décrite est la montée du fascisme de l’Allemagne d’entre deux guerres. La désolation, la vulgarité et la décadence dépeintes nous feraient perdre toute foi en l’âme humaine durant les 114 minutes que durent le film !

En prenant pour personnage central un juif expatrié dont on ne comprendra jamais les raisons qui le poussent à rester à Allemagne, et qui de plus subit les événements sans jamais y réagir autrement que par le silence – la plupart du temps – ou par des crises de paranoïa épidermiques – quand vraiment il se sent le dos au mur – Bergman courrait le risque de tomber dans une certaine lourdeur démonstrative. Le magnétisme dégagé par le Petit Scarabée de la série Kung fu annule heureusement rapidement cette crainte. Parce que L’oeuf du serpent reste aussi comme l’un des quelques cas (avec Boxcar Bertha, En route pour la gloire ou Le gang des frères James) où David Carradine fut magnifique dans un film qui n’a rien du plaisir coupable pour cinéphile pervers.

Une featurette avec des interventions de Bergman, Carradine et Liv Ullmann complète cette édition. Une grosse déception quand même : le film est encodé en 4/3 rendant la résolution de l’image pauvre et faisant perdre à ceux qui ont un téléviseur 16/9 soit les sous-titres, soit le haut de l’écran. Carlotta a beau prévenir qu’aucun matériel restauré n’existe en 16/9, on ne peut que leur répondre que n’importe qui peut réencoder un DVD au format anamorphique sur son Mac, à la maison, en quelques clics de souris, permettant un gain de qualité non négligeable… Cela étant dit, L’oeuf du serpent reste un must à redécouvrir toute affaire cessante.

Mathias Ulrich

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