Retour sur AVATAR – James Cameron

30 Déc

Attention, ce texte dévoile des éléments de l’intrigue (en fait, absolument tout du début à la fin)

Nirvāna visuel, śūnyatā scénaristique

Il y aura sans doute un avant et un après Avatar. Une fois de plus, James Cameron fait subir un saut quantique décisif aux effets spéciaux et, à travers eux, à la manière de faire du cinéma. Mais Avatar n’est pas seulement un gadget technologique à 500 millions de dollars, même si cet aspect là n’est pas négligeable. Le film est spectaculaire tout en restant parfaitement lisible, se payant même le luxe d’éviter d’être trop démonstratif dans ses effets 3D. Il n’est même plus possible de distinguer la prise de vue réelle, l’effet numérique et l’animation. Mais James Cameron est aussi un véritable artiste. Si le spectateur s’extasie, c’est donc moins devant le tour de force technique que devant son résultat à l’écran. Cameron a su mettre ses nouveaux jouets au service d’un univers d’une grande richesse visuelle où chaque plan est une œuvre d’art. Cette richesse est elle-même le résultat d’une formidable fécondité conceptuelle. Cameron et son équipe ont créé un monde, inventé une faune et une flore somptueuses – jungle luxuriante, lucioles, fleurs colorées, animaux étranges et merveilleux. Ils ont aussi développé une culture et sa langue, et inventé un écosystème très différent du nôtre, où tous les êtres sont reliés entre eux, non par l’équilibre fragile d’une chaîne alimentaire, mais par une connexion physique. Enfin, ils ont imaginé ce à quoi ressemblerait l’équipement du futur : une panoplie impressionnante de véhicules et de vaisseaux, des écrans mous, des hologrammes, sans oublier les exosquelettes qui semblent obséder James Cameron depuis son premier court métrage. Le clou du spectacle, c’est cette idée de transfert de la conscience dans un autre corps, cet avatar qui donne son nom au film. De tout cela, il résulte une sensation d’étrangeté absolue et de dépaysement total, qui obligent le spectateur à garder les yeux grands ouverts pendant les 2h45 que dure le film, de peur de manquer un détail.

James Cameron est venu sur le plateau d’Avatar avec les mêmes qualités qui ont marqué ses précédents films. Mais aussi avec les mêmes faiblesses. Avatar n’est pas son premier conte écologiste. La dernière demi-heure d’Abyss explorait déjà cette veine, et ce n’était certainement pas la partie la plus réussie du film. Tout se passe comme si, consacrant tout son temps à l’aspect visuel de sa nouvelle œuvre, il avait, par facilité, décidé d’asseoir son scénario sur le sujet le plus fédérateur possible : une manière simple d’emporter l’adhésion du public contemporain, déjà bien imbibé de messages écolos. Non pas que les messages écolos soient idiots par essence. Mais on est loin de Soleil vert. A la richesse visuelle et conceptuelle d’Avatar répond en effet une grande pauvreté thématique et scénaristique, qui a de quoi surprendre de la part d’un cinéaste complet qui ne se distingue pas seulement par ses innovations technologiques, mais aussi par sa capacité à tenir en haleine, mener une intrigue et diriger des acteurs.

Or dans Avatar, on est en permanence dans la caricature et le stéréotype. L’arrière plan culturel reste ainsi largement sous-exploité par une intrigue trop pauvre. Une intrigue complexe aurait-elle sollicité l’attention du spectateur au point de le détourner du spectacle somptueux qui se déroulait sous ses yeux ? La question est pertinente. A la fin des années 20, certains studios se méfiaient de l’émergence du cinéma parlant pour cette même raison. Mais cela n’explique pas les graves faiblesses de scénario, indignes du réalisateur de Terminator. Ainsi, pour faire évoluer le personnage de Michelle Rodriguez et illustrer son changement de camp, le film nous la montre désertant le champ de bataille. Plus tard, c’est elle qui vient délivrer nos héros aux arrêts. Or le spectateur s’attend plutôt à la voir en leur compagnie en raison de son comportement au combat. James Cameron, qui fait tout pour rendre crédibles ses images, néglige inexplicablement de faire le même effort pour ses personnages et leurs motivations. A cet instant, même un spectateur peu exigeant a des chances de sortir du film. Pour faire avancer l’histoire, Le cinéaste se contente de ce genre de grosses ficelles, mais aussi de dialogues insipides, jusqu’alors totalement inédits dans son œuvre et qu’on croyait réservés aux nanars ou aux films pour enfants. Dans cet ordre d’idée, la bataille finale aux forces inégales fait immanquablement penser à la guerre des Ewoks contre les troupes de l’empire dans Le Retour du Jedi.

Pandora, terre de contraste entre tradition et modernité

Impérialisme, capitalisme, racisme

Même dans ses intentions, James Cameron manque de subtilité. Le parallèle avec la guerre en Irak est évident. Les humains figurent ici les Américains, qui mènent une opération militaire lointaine, soi-disant pour « apporter des médicaments » et des « autoroutes » alors qu’en douce, ils convoitent le minerai indispensable à leur économie. Le film est donc une charge contre l’impérialisme américain. Mais son aspect le plus visible, c’est bien sûr cet hymne à la nature, qui induit automatiquement une critique de ce capitalisme qui la détruit. Enfin, c’est un manifeste antiraciste. La distinction graphique entre des militaires au crâne rasé et des Na’vi tout bleus à l’aspect afro très étudié est là pour nous le rappeler.

Tels sont les thèmes que James Cameron traite consciemment dans son film. Mais ce faisant, il se met à évoquer beaucoup d’autres questions, probablement sans s’en rendre compte. C’est l’aspect le plus intéressant du film, dans la mesure où il révèle ce qui va de soi pour son auteur. Ce qui, par conséquent, ne nécessite pas d’être souligné à ses yeux. Ainsi, cet hymne à la nature s’accompagne sans en avoir l’air d’un hymne à la culture. Avatar dépeint une civilisation régie par des coutumes très strictes, où l’étranger est rejeté. Cette xénophobie n’est jamais questionnée dans le film. Comme dans toute société traditionnelle, le dialogue avec l’étranger est toujours possible (comme illustré par le personnage de Sigourney Weaver). Son adoption aussi, selon un processus classique d’intégration qui, dans le cas de Jake Sully (Sam Worthington), passe par l’adhésion à toutes les coutumes du peuple, l’apprentissage de la langue et le succès obligatoire à tous les rites de passage. Un processus qui ne serait même pas envisageable si Sully ne ressemblait pas physiquement à ses hôtes, les Na’vi. Car il se présente à eux sous l’apparence de son avatar, non sous son apparence humaine. Ce processus d’intégration implique même, puisque les humains entrent en conflit avec les Na’vi, de faire un choix qui n’aurait pas eu lieu d’être sans cette guerre. En décidant de combattre aux côtés des Na’vi, Sully s’expose à accepter de tuer des humains.

C’est là où le film sombre le plus dans la caricature. Pour que le sort des humains soit acceptable aux yeux du spectateur, ils doivent obligatoirement en passer par un processus de diabolisation, ce qui implique de les réduire à l’état de stéréotypes.

– le salaud : le colonel Quaritch (Stephen Lang). Personnage obtus et manipulateur (il promet de nouvelles jambes au paraplégique Sully), il passe son temps à comploter dans l’ombre. C’est le thème de la conspiration occulte. Depuis qu’Oliver Stone nous a expliqué que JFK avait été assassiné par la CIA, le spectateur ne peut que souhaiter la mort d’une telle fripouille.

– la brute : le caporal Wainfleet (Matt Gerald). Personnage idiot, agressif et fou de la gâchette. Sa brutalité est renforcée à l’écran par son faciès, un genre qu’on n’aime pas trop croiser dans une rue sombre, au visage étroit, aux yeux rapprochés : la figure typique du dolichocéphale pathologique selon la terminologie nazie. James Cameron croyait promouvoir l’antiracisme. C’est raté. Car de la sorte, il invite le spectateur à haïr notre homme sur le seul critère de son apparence. Ce procédé est courant au cinéma. Nombre d’acteurs sont même recrutés pour leurs visages patibulaires. Ce n’est pas scandaleux en soi. Il est simplement étonnant qu’un film qui critique tant la stigmatisation des « sauvages » y ait recours dans une sorte de contre-stigmatisation vraiment navrante. Inversement, un film comme Un justicier dans la ville, l’un des rares à éviter précisément et consciencieusement le procédé, passe pour le comble du fascisme. Comprenne qui pourra.

– le truand : Norm Spellman (Giovanni Ribisi). Le personnage est un crétin qui ne pense qu’à l’argent et à ses actionnaires. Il n’a que faire de la culture des Na’vi. C’est essentiellement sur lui et sur ses dialogues idiots que James Cameron fonde sa « critique » du capitalisme. C’est le personnage caricatural par excellence. Le vilain promoteur qui fait construire son hôtel sur le vieux cimetière indien. Le salaud de directeur de parc aquatique qui ne veut pas fermer ses portes alors que le requin géant rôde dans les parages, etc.

De leur côté, les Na’vi sont unanimement bons et gentils. Tout est si lisse qu’il n’est même plus envisageable de développer le moindre personnage secondaire un tant soit peu intéressant. Il y a bien Tsu’tey (Laz Alonso), qui s’oppose à Sully dans une vague ébauche de rivalité amoureuse, mais elle est rapidement expédiée en cours de script. On nage évidemment en plein mythe du bon sauvage, un discours aussi peu flatteur sur les civilisations traditionnelles que celui du truand (des « sauvages », des « terroristes » selon les mots du personnage), mais qui s’accorde avec lui dans sa dimension paternaliste.

Les Faucons noirs à l’assaut du Château dans le ciel

Paternalisme, pessimisme, utopie

James Cameron critique à juste titre l’idée simpliste de l’« échange de bons procédés » – du minerai contre des médicaments -, envisagé par les militaires dans le film. En ligne de mire se trouve évidemment le programme « Pétrole contre nourriture » mis en place par George Bush père au lendemain de la première guerre du Golfe. La critique s’étend peut-être même à ce qui fut l’alibi de l’impérialisme colonial occidental à partir de 1884 : ce devoir, cette mission civilisatrice des « races supérieures » envers les « races inférieures ». Une conviction commune à des gens aussi dissemblables que Jules Ferry, Léon Blum ou Cecil Rhodes. Avatar est très clair à ce sujet en posant la question de l’intérêt réel des Na’vi dans cette affaire. Les bienfaits de la technologie n’apporteraient rien à leur culture. Il n’en ont tout simplement pas besoin. Au contraire, une telle profusion de nouveaux produits les ferait instantanément rejoindre le mouvement capitaliste, ce qui signifierait exactement la fin de leur civilisation, puisqu’à leur tour ils convoiteraient ce minerai si précieux, quitte à saccager eux-mêmes leur environnement. C’est exactement ce qui s’est passé en Europe et c’est la perspective des derniers peuples vivant encore à l’écart de la mondialisation. James Cameron n’a évidemment aucun mal à identifier et à condamner cette manière paternaliste de dicter aux autres ce dont ils ont besoin. Or, dans le film, c’est précisément ce que finissent par faire nos héros. En conjurant les Na’vi de fuir, ils se placent eux-mêmes dans cette position flatteuse du sauveur extérieur. Ainsi, selon un retournement qui a probablement totalement échappé à son auteur, le film en vient à valider l’alibi impérialiste. Ce n’est pas sa faute. Le discours ambiant, même s’il édulcore son vocabulaire – on ne parle plus de « races » – reste largement imprégné par cette idée. Chaque fois qu’un Occidental, si bien intentionné soit-il, se met en tête d’apporter à un peuple « en développement » l’accès aux soins, la vaccination des enfants, la lutte contre les superstitions, la libération des femmes, l’accès à la contraception ou les droits de l’homme, il s’inscrit dans ce mode de pensée.

On aborde ici un aspect du film qui a été presque entièrement passé sous silence par la critique. Son caractère profondément pessimiste. En 1967, un épisode de la série Star Trek abordait un thème rigoureusement identique. Des mineurs terriens étaient attaqués par un monstre des profondeurs. Heureusement, monsieur Spock parvenait à communiquer avec la bête, qui cherchait en fait à préserver son habitat naturel envahi par les foreuses, et à trouver un compromis qui arrangeait tout le monde. Cet optimisme béat, imputable au caractère utopique de l’univers de Star Trek, ne se retrouve pas dans Avatar. James Cameron raconte le conflit entre deux mondes absolument irréconciliables. Et il n’y a pas de deus ex machina pour sauvegarder les intérêts des deux parties. L’une d’elles doit disparaître. En ce sens, Avatar s’inscrit clairement dans une ligne réaliste plutôt qu’utopiste… et rejoint ainsi de manière fort inattendue le propos du roman Etoiles, garde-à-vous !, de Robert A. Heinlein, qui inspira Starship Troopers. Il serait illusoire d’envisager Jake Sully comme un nouveau Spock. Contrairement à lui, Sully a dû choisir un des deux camps. Le triomphe final des Na’vi ne peut être considéré comme un dénouement satisfaisant. Il ne s’agit en fait que d’un sursis. James Cameron arrête d’ailleurs son film fort opportunément au moment où il aurait été obligé d’affronter les conséquences les plus fâcheuses de son raisonnement. Le véritable dénouement ne peut s’envisager que par l’anéantissement d’un des deux peuples, les Na’vis qui résisteront toujours, où les humains, qui n’auront de cesse de venir les harceler. Accepter cette alternative, c’est accepter un génocide.

Nos difficultés conceptuelles viennent peut-être de là. Les incompréhensions, les anathèmes, les insultes découlent peut-être de cette profonde contradiction qui met à la torture nos esprits rationnels tout en impliquant obligatoirement la mise en accusation d’un salaud. Pour les uns ce sont peut-être ces « sauvages ». Pour James Cameron, c’est le vilain capitaliste. Or c’est cette logique-là, à laquelle le cinéaste n’échappe pas, qui est au cœur du problème, non tel ou tel groupe en particulier. Toute l’histoire de la pensée contemporaine oscille encore entre ces deux mythes aussi ravageurs qu’irréconciliables : celui du bon sauvage et celui du progrès sans fin et bienfaiteur. Le danger, comme l’illustre le film, est que les deux mythes se rejoignent dans leur mise en accusation unanime de l’Occident. La culture occidentale passe pour odieuse dans la mesure où son « obscurantisme » s’oppose au progrès. Inversement, le progrès venu de l’Occident passe pour odieux dans la mesure où il ruine l’identité des peuples du tiers-monde. Or c’est le même processus qui est à l’œuvre dans les deux cas.

Tout est vrai, pourtant. Le discours de base d’Avatar lui-même contient sa part de vérité. Oui, le capitalisme ravage la culture et détruit la nature. C’est sa raison d’être de libérer les forces productives, de se défaire des chaînes qui les retenaient : la morale, la religion, les rites, les interdits, « l’obscurantisme » de l’ancien monde. Tout est permis, tout est possible. C’était l’orgueil de la science de promettre l’abondance et de s’affranchir de cette modération qui revient pourtant aujourd’hui au centre de toutes nos préoccupations écologiques. La consommation fut rendue à la fois possible et obligatoire, ne serait-ce que pour maintenir la croissance : consommer de nouvelles choses, de nouveaux produits, de nouvelles prestations, dans lesquelles la culture, qui repose sur ce qui est commun aux générations successives, ne peut que se dissoudre. Gaspiller. Jouir sans entraves. Le mot d’ordre de 68 apparaît dès lors comme ce qu’il est réellement : le comble du capitalisme. Un système fondé sur une croissance infinie dans un monde fini. Au mieux, le concept de « développement durable » est un moyen de différer l’échéance. Au pire, c’est un camouflage marketing destiné à créer de nouveaux marchés, donc de nouveaux espaces de consommation de produits estampillés « durables ». La solution ? Avatar la donne… pour la condamner aussitôt. Sauver le capitalisme, seul système à même de maintenir un niveau de vie auquel personne n’est prêt à renoncer, tout en préservant la nature, peut se concevoir en recourant à une vieille recette. Après l’échec de l’impérialisme colonial supporté par les nations et celui qui s’annonce de la mondialisation prise en charge par les multinationales, peut-être en viendra-t-on à repousser une troisième fois les frontières : par l’exploration de l’espace et l’exploitation d’autres planètes. C’est-à-dire exactement ce que font les méchants humains dans le film.

Courteney Cox et Matthew Perry dans une scène hilarante de Friends

Conclusion

Il n’y a aucune « ironie » mais un véritable scandale dans le fait de dépenser 500 millions de dollars en technologies de pointe et en promotion, tout ça pour faire une leçon de morale infantile au spectateur qui laisse le robinet ouvert quand il se brosse les dents. Pour autant, si le scénario est bien infantile, le film, lui, n’est clairement pas pour les enfants. Les méchants sont les humains, or un enfant ne devrait pas être confronté à une vision aussi radicalement négative de ses semblables. Un adulte ou un adolescent peuvent apprendre et comprendre que, oui, l’homme peut faire le mal. Mais ce savoir relève alors de la raison et non d’un sentiment ancré à vie dans l’inconscient. Exposé à ça, l’enfant devenu adulte en viendra à douter de ses semblables et surtout de lui-même. Pourquoi vivre et laisser vivre si c’est pour faire le mal ? C’est ce nihilisme qu’on retrouve en permanence de nos jours et qui explique peut-être cette recherche permanente du bouc-émissaire aussi bien chez les autres qu’en soi. C’est pourquoi j’affirme haut et fort qu’Avatar devrait être interdit aux enfants de moins de 12 ans non accompagnés !

Sylvain Mazars

Egalement disponible sur Cinéthiques.

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13 Réponses to “Retour sur AVATAR – James Cameron”

  1. Reda mercredi 30 décembre 2009 à 121254 #

    Bon… C’était bien jusqu’au deuxième parargraphe.
    Sauf l’histoire du budget : il a coûté 300 millions 200 de frais. Et je précise qu’on est loin des 700 millions ajustés de Cléopatre.

    A ce soir, les urgences n’attendent pas.

  2. Reda mercredi 30 décembre 2009 à 200811 #

    Guerre et paix pardon, Cléopatre c’est de l’ordre d’Avatar.

  3. mariemini jeudi 31 décembre 2009 à 121247 #

    Je n’ai pas encore vu le film. Votre commentaire rejoint ce que j’avais pu lire par ailleurs sur le hiatus entre les qualités artistiques et l’indigence du scénario. Mais, différence essentielle dont je suis très reconnaissante, le lecteur bénéficie ici d’une analyse approfondie et conséquente du scénario et des stéréotypes employés. J’ai envoyé cet article à quelques amis.

    Mariemini

  4. Boyan samedi 9 janvier 2010 à 101032 #

    Salut Sylvain,
    je trouve ton analyse très intéressante, bien plus fouillée que ce que j’avais pu exprimer pour moi-même à la sortie du film.
    Personnellement j’ai été enthousiasmé par la beauté plastique de l’univers crée, et pour ce qui est du scénario, je l’ai pris dans la salle* au premier degré sans filtre critique: les salauds sont vraiment pourris (et laids, comme tu le fais remarquer) et font opportunément penser aux multinationales qui saccagent l’environnement et le tissu social au nom des sacro-saintes dividendes d’actionnaires.
    Peut-être le « problème » de ce film est-il que son simplisme abolit la réflexion et incite en conséquent à l’action et au chaos, exprimant ce faisant une colère et un nihilisme couvant en profondeur (pour quelles raisons on se le demande bien) ?

    * dans la salle gueule bien sûr :-)

  5. Boyan samedi 9 janvier 2010 à 101038 #

    « One more thing ! »
    La fermeture de Na’vis aux étrangers est un aspect du film qui m’avait frappé aussi, mais je l’ai perçu comme une étape d’un parcours initiatique qui révèle l’aspect caché des choses au personnage central. Je ne l’interprète pas selon une logique réaliste (ou marxiste) mais plutôt onirique.

  6. Reda samedi 9 janvier 2010 à 200842 #

    La fermeture aux étrangers… C’est pour ça qu’il accepte Jake en deux secondes sur sa simple demande, en disant voir s’il pouvait « le soigner de sa folie ». Et on voit très bien qu’au début ils étaient accepter par les Na’vis, dans l’école du Dr Augustine avant de rompre le lien à cause des pratiques des dreamwalkers.

    Faut se rappeler du film avant de dire nimp.
    Bon on est pas à une contre-vérité près dans ce texte idiot. Le pire ça reste quand même la tirade sur Wainfleet. Dire que Cameron a en réalité un message raciste parce que le méchant a une tête de méchant c’est pire que de l’aveuglement, c’est de la lubie.

  7. Reda samedi 9 janvier 2010 à 200843 #

    Et j’ai fais plein de fôtes pan pan cul cul la maîtresse. C’est ma pression arterielle qui saute au plafond quand je lis des trucs pareils…

    (ouais je sais je devais plus revenir sur ce texte mais c’est tellement o_O)

  8. Boyan lundi 11 janvier 2010 à 90957 #

    Tiens un truc qui me revient là, un des défauts possibles d’Avatar pourrait être le manque d’humour.

  9. Boyan lundi 11 janvier 2010 à 101004 #

    Par rapport à la fermeture aux étrangers : ne pas confondre contacts diplomatiques et faire partie de la famille.
    Pour qu’il ait le droit de partager ce qu’il y a d’intime et de précieux chez les Navi’s, il lui faudra passer par une série d’épreuves qui l’en rendront digne et qui feront de lui l’un des leurs, pour de vrai. Il doit le désirer, se battre de tout son cœur, avoir des alliés (et de la chance). Un parcours initiatique.

  10. Reda lundi 11 janvier 2010 à 121254 #

    Chaque Na’vi fait ce parcours. Cf les deux jeunes qui suivent Jake chez les Ikrans, et la double naissance que chaque Omatikaya vit.
    … Merde, en vrai les Na’vis sont des vieux cons, ils n’aiment pas les enfants !!! D’ailleurs Neytiri ne dit-elle pas que tous les enfants sont stupides ???

    (ça par exemple, c’est de l’humour… je sais encore reconnaitre de l’humour que j’en vois. Le texte plus haut, signaler comme texte de réference, c’est de l’humour involontaire)

  11. Sylvain lundi 11 janvier 2010 à 140247 #

    C’est vrai qu’il n’y a pas d’humour. Mais est-ce un défaut ? Prenons un autre exemple : «Les Envahisseurs». David Vincent n’est pas un joyeux luron. Et pourtant, c’est toujours une bonne série.

  12. Jer lundi 11 janvier 2010 à 150335 #

    Vous êtes durs avec Cameron. Il y a une scène très drôle pourtant : celle ou Pocahontas tente d’apprendre à Jack à monter à « cheval » et qu’il se vautre dans la boue parce qu’il ne maîtrise pas encore sa connexion USB 2.0.

    Après, il ne faut pas déconner non plus, « Avatar » est un film à thèse sérieux qui ne peut se permettre de donner dans l’humour sans perdre de sa force. Pour les vannes, il y a Apatow. Et Bigard.

  13. Boyan vendredi 29 janvier 2010 à 80829 #

    Les envahisseurs est une série angoissante, faut pas mélanger les genres. Je cherchais dans Avatar l’humour que je trouve dans La guerre des étoiles plutôt avec Han Solo et Chiktabba (aka « Chique-tabac », nom de Chewbacca dans la version française d’origine).

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