Tops & flops 2009 (2/2)

5 Jan

Voici la deuxième partie des Tops & Flops 2009, par les membres de la rédaction de CUT (la consigne : 5 tops et 3 flops maximum). Et en bonus, le top et le flop de la décennie.

BOYAN DRENEC
TOPS
The Box (Richard Kelly)
Ponyo (Hayao Miyazaki)
Avatar (James Cameron)
Coraline (Henry Selick)
Le Roi de l’évasion (Alain Guiraudie)

FLOPS
Ultimate Game (Mark Neveldine et Brian Taylor)
Transformers 2 (Michael Bay)
Twilight 2 (Chris Weitz)

Mon année ciné 2009: une année fauchée avec quelques bonnes meules. Pas phénoménale quoi !

BONUS
Le top de la décennie
Princesse Mononoke (Hayao Miyazaki). Le top n°2 étant Le voyage de Chihiro

Le flop de la décennie
Ultimate Game (Mark Neveldine et Brian Taylor). J’ai tenu 13 minutes dans la salle, rare!

Ponyo mange comme FX.

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DAVID ERHARD
TOPS
Canine (Yorgos Lanthimos)
Découvert lors de l’Etrange Festival de Strasbourg, Canine nous prouve qu’un film n’a pas besoin de violence visuelle, acoustique, numérique… à outrance, pour perturber le spectateur.
Morse (Tomas Alfredson)
Vu il y a trop longtemps, seul le ressenti et quelques plans sont restés, je vais éviter une critique hasardeuse et vous laisser le découvrir. Et moi, je vais me trouver le DVD…
Mutants (David Morley)
Pas exempt de défauts, ce film donne une nouvelle vision du Cinéma d’horreur français et n’essaie pas simplement d’aller « encore plus loin ». Si les références se font plus discrètes lors de son prochain film, David Morley pourrait se placer parmi les protagonistes de la nouvelle vague sanguinolente.
Slumdog millionaire (Danny Boyle)
Rares sont les films où les flash-back à répétition ne sont pas utilisés par fainéantise, un mélange de scènes et de genres qui retranscrit parfaitement les coïncidences amenant un jeune orphelin, issu des taudis de Mumbai, à être sur le point de gagner 20 millions de roupies.
This is it (Kenny Ortega)
J’ai hésité, longuement, craignant l’hommage oignon agressif, mais étant grand fan de Michael Jackson, je n’ai pas pu résister. Pas vraiment un film, This is it reste assez sobre pour ne pas transformer le chanteur en victime et nous donner une vision du perfectionnisme de cet artiste de la Pop.

FLOPS
Millenium (Niels Arden Oplev)
Trop crasseux, trop dépressif, un film qui veut tellement retranscrire une ambiance malsaine, que même un homme buvant son café devient dérangeant. Il faut un peu de lumière pour mettre l’obscurité en valeur.
Arthur et la vengeance de Maltazar (Luc Besson)
Une bande-annonce de près d’une heure trente. Un exemple à suivre, avec Taxi on apprenait que rouler à donf c’est la classe, dans Arthur, la leçon à retenir : si tu veux être courageux, bois un truc qui arrache… Je trouvais plus cool d’apprendre à être nettoyeur.
L’étrange histoire de Benjamin Button (David Fincher)
Peut-être trop attendu, un nouveau David Fincher c’est comme une boîte en carton livrée en plein désert, mais cette fois, on y a trouvé quelques clichés. Tout n’est pas mauvais mais il y a des idées qui méritaient d’être développées, malheureusement la petite histoire d’amour, importante mais omniprésente, n’en laisse pas la place.

BONUS
Le Top de la décennie
No country for old man (Joel et Ethan Coen)
Difficile de résumer 10 années de cinéma en un film, tout genre confondu, mais c’est le jeu et comme dans tout bon jeu qui se respecte… on peut tricher, plus ou moins discrètement. Après 28 jours de reflexion, une histoire de violence et d’argent sort du lot. Un polar qui n’oublie pas les hasards de la vie par lesquels nous pourrions nous réincarner en divan ou, dans le cas de ce top, ne pas permettre aux trois protagonistes de se rencontrer. Le tueur cherche sa victime, le flic cherche le tueur, mais pas de grand face à face, juste de simples rencontres fortuites. Pourtant il y aura du sang, juste ce qu’il faut en ces temps de surenchère, la violence y est utile pour la narration et pas seulement formaliste. Les Coen laissent leurs personnages évoluer et leur infligent quelques petits incidents incongrus en nous surprenant par la même occasion. Tout est maîtrisé, même le hasard, dans Le film de la décennie.

Le Flop de la décennie
Astérix aux jeux Olympiques (Frédéric Forestier et Thomas Langmann)
«Je n’écrirai rien sur ce film, c’est une merde…  je vous pisse à la raie…»

On le confesse bien volontiers : Mireille Bardem est notre idole.

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FRANCOIS-XAVIER TABONI (FX)
TOPS
Inglourious Basterds (Quentin Tarantino)
Tokyo Sonata (Kiyoshi Kurosawa)
Ponyo sur la falaise (Hayao Miyazaki)
Kinatay (Brillante Mendoza)
Une nuit à New York (Peter Sollett)

FLOPS
Twilight – chapitre 1 : Fascination (Catherine Hardwick)
Le Beau-père (Nelson McCormick)
X-Men Origins : Wolverine (Gavin Hood)

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FANNY LEPINE
TOPS
Frozen River (Courtney Hunt). Parce que c’est un film qui est passé trop inaperçu.
Les regrets (Cédric Kahn). Parce qu’Yvan Attal est ma découverte cinéphile de l’année.
The Proposition (John Hillcoat). Parce que merci l’Etrange Festival pour cette saisissante découverte.
Un prophète (Jacques Audiard). Parce que wouah…
Inglourious Basterds (Quentin Tarantino). Parce que Brad Pitt qui dit « Grazie » avec l’accent texan, c’est irrésistible.

FLOPS
Slumdog Millionaire (Danny Boyle). Parce que ce film a été honteusement couvert de récompenses alors qu’il aurait du être hué, chahuté et méprisé.
Dans tes bras (Hubert Gillet) parce que Michelle Laroque est la pire actrice de ces vingt dernières années, loin devant Mathilde Seigner.

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AYMERIC JEAY
TOPS
Tu n’aimeras point (HaimTabakman)
Vincere (Marco Bellocchio)
Girlfriend Experience (Steven Soderbergh)
Tetro (Francis Ford Coppola)
Hadewijch (Bruno Dumont)

FLOPS
Mister Lonely (Harmory Korine)
Inglourious Basterds (Quentin Tarantino)
Limits of Control (Jim Jarmush)

Comme d’hab, Romain le despote nous met au supplice avec cet exercice de choix de l’année, et on pense déjà au Festival des Recalés qui sont bien plus intéressants, dans le flop également, que la sélection officielle. Mais bon… Après un rapide tour d’horizon qui semblait privilégier le cinéma français et les films à sentiments, me voici avec une sélection axée sur des films à forts parti pris de mise en scène. Bah, même narratif, le cinéma reste une expérience sensorielle assez globale, et rien ne m’emballe plus qu’un film où tout s’y combine. Et peut-être que dans ce choix instinctif lié aux souvenirs laissés par ces films,  la qualité de la bande-son de y est pour beaucoup… voire plus encore.
Quant aux flops, c’est jouissif d’épingler trois « signatures » en roue tellement libre qu’on ignore s’ils se soucient encore de faire autre chose que contenter leur plaisir.

C'est moi, Vincent Gallo! Moi, moi, moi!

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ROCK BRENNER
TOPS
Les Noces rebelles (Sam Mendes)
Gran Torino (Clint Eastwood)
Jusqu’en Enfer (Sam Raimi)
The Chaser (Hong-jin Na)

Les Noces rebelles parce que Mendes casse littéralement la dimension romantique d’un couple très reconnu du cinéma (DiCaprio/Winslet) pour développer une véritable réflexion sur toute la cruauté qu’il peut y avoir au sein d’un couple (à noter que Kate Winslet et Sam Mendes sont époux dans la vraie vie) et notre notion d’une vie accomplie, le tout illustré par une réalisation s’inspirant des plus belles peintures-réalistes d’Edward Hopper, un couple d’acteurs remarquables ne manquant pas de d’audace et un second rôle interprété par un acteur hallucinant qui promet de très belles choses : Michael Shannon.
Gran Torino parce qu’il offre un regard essentiel sur notre réaction face à la « différence » et interroge brillamment notre conscience sur la question du racisme tout en amenant un humour superbement ambigu et une réalisation amplement efficace. Clint Eastwood-acteur se tire, mais avec une grande classe.
Jusqu’en Enfer parce qu’il est un délire jouissif qui rappelle avec un grand plaisir celui d’Army of Darkness (sans pour autant arriver à sa cheville, mais c’est déjà pas mal) créé dix-sept ans plus tôt par les frangins Raimi. Fun, malin et absurde : une petite perle.
The Chaser parce qu’il est un film noir oppressant, moderne et intelligent. Pour sa première réalisation, Hong-jin Na n’a absolument rien à envier aux plus expérimentés ; en attendant The Murderer, espérons simplement que The Chaser ne soit pas qu’une simple chance de débutant.
Mention spéciale à Observe and Report, film malheureusement inédit en France, parce qu’il est un hommage complètement décalé au Taxi Driver de Scorsese et propose un regard décomplexé sur une des notions de sécurité aux Etats-Unis. Seth Rogen est juste parfait, délicieusement vulgaire et allumé, et Anna Faris, magnifiquement débile. Le jeune réalisateur Jody Hill offre un style de comédie différent, parfois à la limite du beau (malgré sa vulgarité assumée), enragé et obsédé par la folie des grandeurs. Ce thème, réutilisé mainte fois chez Jody Hill (pour son sympathique premier film The Foot Fist Way et sa génialissime mini-série Eastbound & Down), laisse supposer qu’il risque de s’épuiser… Mais pour le moment, il est juste trop frustrant que ce mec ne parvient toujours pas à franchir l’Atlantique !

FLOPS
Twilight (Catherine Hardwicke)
Slumdog Millionnaire (Danny Boyle)
Very Bad Trip (Todd Phillips)

Twilight parce que ce truc réunit toutes mes plus grandes craintes du cinéma : la misogynie, la débilité involontaire, la niaiserie, la chasteté, le romantique complètement cliché, le kitsch inconscient, des vampires brillants comme des paillettes, des effets spéciaux créés par des stagiaires incompétents, des acteurs désincarnés et une réalisatrice sortant d’un cinéma indépendant (déjà pas très convaincant) pour devenir un nouveau moyen facile à Hollywood. Twilight est le parfait exemple du produit robotisé et donc sans âme, donnant la merveilleuse possibilité aux spectateurs de devenir encore plus puritains et plus cons. Et le public adore!
Slumdog Millionnaire parce que malgré tout le bien que je pense de Danny Boyle, j’ai été bluffé par l’ennui tueur que ce film engendre. Une mise en image qui tente de se rapprocher de celle de La Cité de Dieu sans jamais y arriver, une histoire sans surprise et un générique de fin durant lequel j’ai rarement ressenti autant de frissons de honte… 8 Oscars !
Very Bad Trip parce que j’en attendais beaucoup et j’en suis ressorti avec rien, pas même un sourire… Près de 2 millions d’entrées en France !

BONUS
Le Top de la décennie
Les Infiltrés (Martin Scorsese)
Les Infiltrés (The Departed) parce qu’il prouve avec une classe inimitable à quel point Scorsese, malgré ses 60 balais, est encore plus moderne et énergique qu’un grand nombre de jeunes réalisateurs populaires avec une réalisation cocaïnée, des acteurs surboostés et des dialogues délirants. Jack Nicholson, qui est simplement terrifiant, démontre qu’il est un acteur indétrônable, et Leonardo DiCaprio prouve qu’il incontestablement un des grands acteurs de cette décennie. Inlassable et vraiment jouissif, Les Infiltrés est un remake d’une rare qualité et liberté, sans scrupule, qui donne simplement envie que Scorsese ne s’arrête jamais !

Léonardo... what else ?

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MARCEL RAMIREZ
TOPS
Gran Torino (Clint Eastwood)
Star Trek (J.J. Abrahams)
Max et les Maximonstres (Spike Jonze)
Violent Days (Lucile Chaufour)
Les Etreintes Brisées (Pedro Almodovar)

FLOP
La Nuit au Musée 2 (Shawn Levy)

En 2009, on aura eu droit à tout : des « mais regarde, les gens ils ont pas de lunettes, t’es sûr que c’est la séance en 3D ?! » ou des « Nan mais tu crois vraiment que si on met les lunettes d’Avatar, on verra Max et les Maximonstres en 3 dimensions ?! »
On eut même droit à des décisions pour le moins surprenantes, comme celle de décerner un César du Box-Office (alors qu’on a déjà les « Gérards »…).
Des films pour enfants auront réussi à nous faire pleurer de tristesse (Là-Haut) ; et Alain Cavalier ne nous a pas fait mourir de rire non plus avec son très beau Irène.
Mais on s’est tout de même bien poilé par moment, avec Very Bad Trip de Todd Philips, et même avec des films français, comme Les beaux gosses, de l’excellent Riad Sattouf.
En DVD aussi, on aura passé de beaux moments, comme avec la sortie d’un des trésors perdus des 70’s : Electra Glide In Blue, de James William Guercio, hautement recommandé.

Allez, bonne année 2010 à tous ! Continuez à vous ruer dans les salles obscures ; allez-y plus encore, même !…

Marcel Ramirez (bien mieux coiffé que Laurent Delahousse, l’apprenti P.P.D…)

BONUS
Le Top de la décennie
Mulholland Drive (David Lynch)

Le Flop de la décennie
La Nuit au Musée 1 et 2 de Shawn Levy

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MATHIAS ULRICH
TOPS
Les seigneurs de la guerre (Peter Chan et Yip Wai-man)
OSS 117 Rio ne répond plus (Michel Hazanavicius)
Dans la brume électrique (Bertrand Tavernier)
Far north (Asif Kapadia)
United red army (Koji Wakamatsu)

FLOPS
Ong Bak 2 (Tony Jaa)
Micmacs à tire-larigot (Jean-Pierre Jeunet)
Visages (Tsai Ming-liang)

Encore une année riche en bons films mais sans réel chef se peloton. D’ailleurs, les titres cités dans les tops le sont de manière totalement arbitraire et pourraient sans soucis être remplacés par Antichrist de Lars Von Trier, Watchmen de Zack Snyder, Morse de Tomas Alfredson ou Gran Torino de Clint Eastwood… Une bonne qualité générale mais pas de « Film de l’année ». Tant que l’on trouve du plaisir dans les salles, on ne s’en plaindra pas.
Plus surprenants auront été les flops avec surtout deux plantages bien chagrinants. Celui de Ong Bak 2 (trois ans pour en arriver à ça, c’était vraiment une mauvaise blague à faire aux fans) du visiblement dépassé par sa fonction nouvelle de metteur en scène Tony Jaa et celui de Visages, premier vrai faux pas dans la carrière d’un Tsai Ming-liang qui semble vraiment avoir touché le fond, après la descente entamée par La saveur de la pastèque et I don’t want to sleep alone.

Les fêtes CUT sont toujours très réussies.

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GREG LAUERT
TOPS
La route (John Hillcoat)
Hillcoat, cinéaste rare, adapte Mc Carthy, et signe un film traumatisant. Le châtiment divin, et la quête d’une terre promise sont au cœur d’une œuvre sans foi, qui suinte la peur et le désespoir.
Un prophète (Jacques Audiard)
Avec son Rastignac emprisonné, Audiard toise le cinéma français, comme à chacune de ses sorties. Il a digéré le film de genre, le cinéma social et les hallucinations de Tony Soprano, pour offrir une œuvre maitresse. Un grand film français ? Non, un grand film tout court.
Gran Torino (Clint Eastwood)
Clint clôt là un requiem entamé en 1992 avec Impitoyable. Il joue une dernière fois de l’image de l’homme sans nom. Héros réac ou cinéaste humaniste ? Le débat reste ouvert. « Ever notice how you come across somebody once in a while you shouldn’t have fucked with? That’s me »
The Box (Richard Kelly)
Du fantastique old school, une musique qui évoque irrémédiablement The Twilight Zone, et la caution Richard Matheson. Le film de Kelly constitue l’excellente surprise de cette année 2009.
REC 2 (Jaume Balaguero, Paco Plaza)
Après un premier opus en forme de shocker habile, le duo espagnol concrétise avec un scénario à tiroir qui jette un nouveau regard sur le concept REC, et sur sa mythologie insoupçonnée.

FLOPS
Very bad trip (Todd Philipps)
Enorme succès et degré zéro de la comédie américaine. Et si un genre fondamental prenait l’eau ?

La comédie américaine a toujours été un genre exigent, et florissant. De Preston Sturges à Ernst Lubitsch, de Billy Wilder à Harold Ramis en passant par Howard Hawks, ces films détournaient le code Hays, les bonnes mœurs, la politique et les vices du pouvoir. La finesse, l’intelligence du discours étaient de rigueur, au même titre que le rythme, le rêve, et la foi en un idéal.
La comédie américaine contemporaine, c’est une affaire de puceaux, d’immatures, et de grands gosses. Les auteurs n’ont qu’un discours, c’est celui du déni. Will Ferrell joue le même personnage depuis presque dix ans, celui d’un grand niais refusant de grandir, d’un asocial attardé mais attachant. Ce personnage gangrène à présent un genre dans son intégralité.
D’ailleurs, le succès de cette année : Very bad trip (The Hangover en VO), est une histoire de beuverie et de fascination pour les strip-teaseuses. C’est écrit avec les pieds, ça ne provoque pas le moindre éclat de rire, mais ça fascine. Ca hypnotise les puceaux, les mecs qui vont se marier, les mecs qui viennent de se marier, les mecs qui sont mariés depuis trop longtemps.
Comme si toutes les aspirations de l’humanité étaient recentrées sur une Teq Paf et deux kilos de silicone. Il y a 7 ans, Todd Philipps réalisait Retour à la fac, avec Will Ferrell, sur un même thème et avec les mêmes problématiques. Ce qui était alors novateur, comme une extrapolation du cinéma de John Hugues, est devenu la norme. Mais chez Hugues, il y avait la mélancolie, le trouble adolescent. On était loin de la potacherie bas de gamme, et du sketch du Saturday Night Live étiré sur 90 minutes.
Ces dernières années, le genre devait avoir vu émerger un messie, en la personne de Judd Appatow. Jusque là, ce dernier battait un fer absolument brûlant, faisant du refus de l’âge adulte son fond de commerce. Et cette année, avec Funny people, le nouveau pape de la poilade US aurait dû prendre un virage. Il s’agissait à priori de faire évoluer son cinéma vers des aspirations différentes. Le résultat est d’une effarante prétention, à peine drôle, jamais touchant, résolument chiant.
D’ailleurs, depuis Wilder, a-t-on jamais vu un cinéaste réussir une comédie de plus de deux heures ? Parce que la comédie, et le vieux Billy le savait bien, c’est une affaire sérieuse.
En attendant, ce que les majors proposent n’a jamais semblé si triste et paresseux que durant cette dernière décennie.

BONUS
Le Top de la décennie
The Barber ; the man who wasn’t there (Joel et Ethan Coen)
Ce sont des bêtes de cinéma. Leurs faux pas seraient les joyaux de la filmographie de certains médiocres. Ce Barber était déguisé en petit film noir. Pourtant, c’est l’histoire vibrante, sublime, d’un homme qui a mis un doigt dans les rouages du destin. Une œuvre sans faille, intemporelle, et bouleversante. Une certaine idée de la classe au cinéma.

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16 Réponses to “Tops & flops 2009 (2/2)”

  1. Sylvain jeudi 7 janvier 2010 à 101058 #

    Jeu : l’un des films cités dans l’une de ces listes est sorti en 2008, et non en 2009. Il y a donc un imposteur parmi nous. Sauras-tu le retrouver ?

  2. Reda jeudi 7 janvier 2010 à 150308 #

    « Vos textes donnent un bel aperçu de cette très bonne année ciné qui, paradoxalement, ne comptent pas de vrais chef d’oeuvre. »

    Toutes mes années de cinéphile ont été marqué par cette phrase.
    Je suis heureux d’apprendre au fil des ans, que les chefs d’oeuvres n’existent pas.
    Le seigneur des anneaux, la trilogie Matrix, Les fils de l’homme, les Pixar, Speed Racer, Le labyrinthe de Pan, Hellboy II, Avatar, Kill Bill, Fight Club… et la liste est longue ne sont du coup jamais sorti.

    Oui je suis d’accord, The Proposition est le meilleur film de 2005 en 2009.

    Je serais curieux de revenir voir les tops dans quelques années, histoire de voir qui se rappelle d’Irène, de Vincere et autres Regrets.
    Un exemple de top en 1992 :
    1er Betty (Claude Chabrol)
    2ème Maris et femmes (Woody Allen)
    3ème Ombres et brouillard (Woody Allen)
    4ème Talons aiguilles (Pedro Almodovar)
    5ème Twin Peaks, fire walk with me (David Lynch)
    6ème La vie de bohême (Aki Kaurismaki)
    7ème Le festin nu (David Cronenberg)
    8ème Céline (Jean-Claude Brisseau)
    9ème Léolo (Jean-Claude Lauzon)
    10ème Amoureuse (Jacques Doillon)

    Cette année 1992 ont a pu voir sur les écrans Impitoyable, Les nerfs à vif, C’est arrivé près de chez vous, JFK, Basic Instinct, Reservoir Dogs, Bad Lieutenant, Batman le défi, Braindead, Le dernier des Mohicans, Il était une fois en Chine 2, Lorenzo, Tetsuo 2, Wayne’s world… (pas un chef d’oeuvre quoi)

  3. Reda jeudi 7 janvier 2010 à 150325 #

    D’ailleurs on peut remarquer que Mathias Ulrich signale cette absence de chef d’oeuvre en 2007 puis en 2008 (je vais pas resortir la liste). Merde, le cinéma est mort depuis au moins 3 ans ? :’-(

    (non je charrie, la vérité c’est que les chefs d’oeuvre ne sont reconnus par tous que plusieur années après leurs sorties, quand le bruit de fond marketing, puis celui idéologique disparaissent et que le temps fait oublier les bouses autoproclamées).

  4. Greg LAUERT jeudi 7 janvier 2010 à 150335 #

    Les herbes folles est un film intéressant, mais égocentrique.
    Resnais joue de ses qualités de mise en scène, et laisse son spectateur en plan.

    Je précise que moi, j’en ai vu du chef d’oeuvre, cette année.
    The Road, au minimum.

    Mais comme nous ne sommes pas adeptes de la pensée unique, Mathias a le droit de penser qu’il n’y en a pas eu.
    Ca donnera simplement lieu à des débats intéressants.

    Dont les frères Wachowski seront, sans le moindre doute, absents.

  5. Reda jeudi 7 janvier 2010 à 150343 #

    Mais c’est un débat sans agressivité, je n’ai pas interdit à Mathias de le penser je précise avec des arguments que je ne suis pas d’accord.
    (je ne sais pas si vous êtes susceptibles ou si Internet transforme le ton de mes commentaires… j’utilise des smileys maintenant ça évitera les malentendus)

    Si si, les Wachowski y seront. D’ailleurs, on les convoque à chaque fois pour fustiger le cinéma du virtuel qu’Avatar y’a même pas d’acteurs dedans. Si ça c’est pas une preuve ! :p
    Mais rassurez vous, je ne suis pas le seul à les aimer… Les autres grands admirateurs de leur travaux sont Fincher (LE grand esthète) et pis plein d’autres qu’on va m’accuser d’être un fanboy si je les cite :) (expression con s’il en est)

  6. Reda jeudi 7 janvier 2010 à 150352 #

    A part ça, le meilleur film de 2009 sorti en 2010 c’est Agora. Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.

    Et je remarque à l’instant que District 9 n’a pas été cité une seule fois contrairement à Watchmen :’-(… Blomkamp est un mec qui a au moins un minimum de reflexion et qui sait sortir autre chose que « coooooooooooooool », hein Zack ?

  7. Greg LAUERT jeudi 7 janvier 2010 à 160456 #

    On est pas susceptibles du tout, et on te remercie de nous lire, en premier lieu.

    Par contre, je pense qu’il faut différencier « fan des Wachowski », et « fan du premier Matrix ».
    Tarantino et Fincher ont dit qu’ils considèrent Matrix, premier du nom, comme un film important.

    Je ne suis pas sûr qu’ils se pignolent chaque soir sur Speed Racer.

  8. Marcel RAMIREZ jeudi 7 janvier 2010 à 170557 #

    Cool, y a rien à la télé, mais c’est pas grave : ici on s’marre encore plus…

  9. Reda jeudi 7 janvier 2010 à 200828 #

    Si, Fincher sur Speed Racer.
    Pour la trilogie c’est le génial George Miller et d’autres.
    Après oui, Tarantino aime pas pour des raisons idéologiques (numérique machins) Friedkin aime pas en disant que ce sont des suites faites pour l’argent (alors que c’est absolument faux, la trilogie a été écrite d’un bloc) donc bof bof.
    Je conçois qu’on ne les aime pas mais c’est dommage de s’y priver pour X ou Y raisons parce que c’est le script le plus géniale et le plus habile jamais écrit, tandis que la mise en scène côtoie les hautes sphères (à un McTiernan ou un Spielberg près).

  10. Greg LAUERT jeudi 7 janvier 2010 à 200858 #

    J’ai compris.
    Reda a pris une De Lorean mais il vient de 1997.

    L’année où Matrix semblait le matériau geek ultime.

    Mais maintenant, avec le recul, on voit les choses un peu différemment.
    Tu vas vite te sentir seul en « cette bonne vieille année 2010 ».

    Allez, un Gigawatt, et tu rentres à la maison.
    Tu pourras expliquer que, dans le futur, Matrix, c’est un vieux truc verdâtre joué par une endive.

  11. Greg LAUERT jeudi 7 janvier 2010 à 210904 #

    Ah oui, et Friedkin, puisqu’on en parle, c’est un mec qui aime Eric Valette et Pierre Morel.
    Soit, il est devenu très déconneur, soit il est bon pour l’asile.

    Mais jusque là, il n’y avait qu’FX pour avoir des goûts aussi douteux.

  12. FX vendredi 8 janvier 2010 à 101043 #

    On me cherche, j’ai l’impression. Pas touche à Billy Friedkin, Lauert.

  13. Reda vendredi 8 janvier 2010 à 121235 #

    Matrix c’était en 1999.
    Friedkin a raison d’aimer Valette.
    Friedkin est de souvent de mauvaise foi, et c’est le plus génial des fous furieux.
    Morel est un excellent steadycamer, c’est pas donné à tout le monde. Mais à part ça prout prout.

  14. rock samedi 9 janvier 2010 à 01252 #

    J’ai oublié Frozen River, merde, et pourtant il mérite mieux que ça…

  15. Hervé samedi 9 janvier 2010 à 111103 #

    Je sais que je suis loin, je sais que je donne pas souvent de mes nouvelles, mais pour moi 2009 c’est DISTRICT 9 et rien d’autre !

    Hervé (l’oublié) 8D

  16. Aq'Otédlaplaq samedi 9 janvier 2010 à 121259 #

    Quentin Tartino

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