[dvd :] FELLINI AU TRAVAIL

12 Fév

ed. Carlotta

Maintenant que toute actualité autour de Fellini au travail (en édition collector ou coffret prestige) sorti début novembre 2009 (en parallèle à l’exposition au Jeu de Paume) est derrière nous (hum), il est temps de s’y mettre : au travail ! Comme Fellini, oui…

Fellini au travail, donc, est un double dvd au contenu moins évident que ce que suggère son intitulé. Ça commence cependant de manière plutôt didactique avec Nicolas Stourdzé, l’homme dont, depuis l’automne dernier, le nom résonne immanquablement avec celui de Fellini : commissaire de la fameuse exposition Fellini, la grande parade, superviseur de la présente édition dvd, auteur du document d’introduction Fellini au travail (2009, 26 minutes)…

Et là, première constatation navrée de la piètre chroniqueuse que je suis : tiens, mais en fait, je n’y connais strictement rien à l’œuvre de Fellini. J’ai vu il y a fort longtemps son segment dans le film à sketches inspiré des Histoires extraordinaires de Poe, Toby Dammit avec Terence Stamp, qui m’avait fait très-très forte impression ; et puis sinon je côtoyais Fellini dans les bandes dessinées de Milo Manara avec lequel il a collaboré. Et enfin l’été dernier (soudain ? non, rien à voir), j’ai eu l’occasion de découvrir –sur grand écran, quelle chance- mon premier long de Fellini, Les nuits de Cabiria. Ce ne fut pas un coup de foudre.

Bref. Dans son introduction, Sam Stourdzé revient sur les sources d’inspiration de Fellini et j’en ai retenu que le célèbre metteur en scène tenait un livre de ses rêves dans lequel il puisait à l’occasion, mais que sinon, son credo était d’emprunter et de rendre à la réalité.

Ensuite, j’ai placidement continué à regarder les documents dans l’ordre proposé, au lieu de tout de suite sauter sur le film d’André Delvaux, Fellini (1961, 2h12) dont les extraits montrés dans le doc’ de Stourdzé laissaient pourtant envisager un entretien au long cours des plus instructif et éclairant –c’est effectivement le cas. Et comme (j’ai déjà eu l’occasion de l’avouer) je ne connais pas grand-chose à l’univers de Fellini, j’ai bien essayé de me raccrocher aux branches, mais les deux films suivants m’ont laissé sur le carreau… Bloc-notes d’un cinéaste (1969, 49 minutes) réalisé par Fellini lui-même et Le journal secret d’Amarcord (1973, 43 minutes) cosigné par deux collaborateurs du maestro, Liliana Betti et Maurizio Mein, sont des essais fantasques que je serais tentée (et voilà qui est fait, aïe) de décrire comme confus et ennuyeux. Pour la néophyte que je suis, s’entend.

En revanche E il Casanova di Fellini ? (1975, 1h13) de Gianfranco Angelucci et Liliana Betti, malgré (ou grâce à) sa forme là encore inhabituelle, s’est avéré tout à fait stimulant, ouf il était temps ! Nous y entendons toutes sortes d’intervenants mâles -écrivains, dragueurs, comédiens- y livrer leur vision de Casanova. C’est drôle, touchant, étonnant. On sait que c’est finalement l’excellentissime Donald Sutherland qui obtint le rôle (enfin il est excellent d’habitude et même si je n’ai bien sûr pas vu ce Casanova, je suis certaine qu’il y étincelle), mais ce document permet aussi d’entrevoir ce qu’auraient donné à sa place Marcello Mastroianni (en tant qu’alter ego cinématographique de Fellini, il est très présent dans cette édition : la classe absolue), Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman ou Alain Cuny (il aurait fait un superbe Casanova). Revigorant (et hop, un adjectif conclusif).

Le visionnage se poursuit avec le fameux Fellini de fond où Federico (principalement) et ses collaborateurs (de manière un peu plus périphérique) sont interrogés par un André Delvaux à la fois cultivé, sérieux et assez « pote ». C’est, de tout ce coffret, le document le plus traditionnel, le plus accessible.

Il y a encore un film réalisé par Gideon Bachman intitulé Ciao, Federico ! (1970, 1h) qui ne m’a laissé aucun souvenir (c’était pas mal il me semble) ainsi que d’autres bouts de ceci et de cela plus courts et des publicités tournées par Fellini… L’édition prestige contient en plus un très beau livret photographique où sont assemblés des portraits de figurants –ces fameuses « gueules » que Fellini aimait tant et que l’on retrouve abondamment dans la majeure partie des documents contenus dans ce double dvd.

En conclusion cet objet ravira probablement davantage les admirateurs du maestro, mais les autres réussiront tout aussi probablement à y glaner au moins un peu de plaisir et d’intérêt. (En conclusion : sur ce coup là, je suis une fumiste : ça ne se reproduira plus !).

Jenny Ulrich

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s