[cinéphilie :] Catherine Mouchet, Olivier Ducastel

3 Mar

L'arbre et Guy Marchand.

Catherine Mouchet (actrice) et Olivier Ducastel (co-réalisateur) étaient à Strasbourg pour présenter L’arbre et la forêt (sortie le 3 mars). Il y a dans le cinéma d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau un goût certain pour l’incertitude ; L’arbre et la forêt en est un bel éloge. Sombrer, résister, parler, se taire, rire, pleurer, fuir, nier… Tout cela se mêle sans jamais s’opposer. Un très beau film, fragile, sur la mort – certes –  mais surtout sur ceux qui restent.
Nous parlerons de L’arbre et la forêt dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le samedi 6 mars). En attendant, Catherine Mouchet et Olivier Ducastel nous livrent leurs souvenirs et impressions des films suivants.

IRENE (Alain Cavalier)
Olivier Ducastel : Je ne l’ai pas vu.
Catherine Mouchet : Oui, là j’avoue que je ne suis pas prête à en parler… Ce sont des films qui ont quelque chose à raconter. Malgré tout, si l’on fait du cinéma, que l’on soit acteur ou réalisateur, c’est pour dire des choses que l’on n’arrive pas à dire au café. Le film de Cavalier est exemplaire pour cela puisqu’il raconte des enjeux. J’ai tendance à penser que c’est magnifique que le cinéma soit fait de choses très différentes. Je me souviens d’un copain qui me racontait, au théâtre : Claude Régy lui disait qu’il faisait tout trop vite, et le metteur en scène de la pièce d’après le trouvait beaucoup trop lent. Il y a des musicalités très différentes. Les films d’Alain Cavalier soulignent ça, avec cette façon de raconter bien à lui et très prenante.

2001 ODYSSEE DE L’ESPACE (Stanley Kubrick)
O.D. : Bon… Je cherche le lien possible avec L’arbre et la forêt… Je ne pense pas que je vais trouver. Ah si, j’ai une piste ! Une sorte de cousinage. Il y a une forme d’hommage à Kubrick dans l’utilisation de la musique. Kubrick est un immense réalisateur pour plein de choses, mais je pense que le fait qu’il ait systématisé l’utilisation de la musique classique – déjà existante – dans des registres très différents est un vrai pied de nez à l’industrie hollywoodienne et son idée que la musique doit être écrite sur des images. Nous on a fait les deux : on a déjà travaillé en créant de la musique originale pour un film comme on a déjà utilisé de la musique existante. J’ai un rapport un peu bizarre à 2001. J’avais une attente très forte sur ce film, car en cours on avait travaillé sur le roman, et quand j’ai enfin réussi à voir le film, ce fut une vraie déception. J’avais eu du mal avec la lenteur du film, le côté contemplatif. Mais c’est un film qui se bonifie sans même le revoir ; j’ai su que la prochaine fois que je le verrai, je l’aimerai. C’est un sentiment assez rare, que j’avais aussi éprouvé pour Le mépris de Jean-Luc Godard.
C.M. : C’est un film que je ne comprends pas. Ca a l’air intéressant, mais je reste à la porte.

NON MA FILLE TU N’IRAS PAS DANSER (Christophe Honoré)
O.D. : Alors… C’est un tout petit peu compliqué de parler du cinéma de Christophe Honoré qui a dit des choses très méchantes sur nous à la radio. Je ne peux pas regarder ses films objectivement. Cela dit, j’ai beaucoup aimé Les chansons d’amour. C’est un film très réussi et qui m’a beaucoup touché. Pour Non ma fille, j’y suis allé car j’avais très envie de voir Chiara Mastroianni qui est une actrice que j’aime beaucoup. J’ai été désarçonné par le portrait de son personnage, je ne l’ai pas bien compris. Je l’ai trouvé un peu antipathique. Mais je ne sais pas dans quelle mesure je suis objectif…

DE BRUIT ET DE FUREUR (Jean-Claude Brisseau)
O.D. : Pour François Négret, bien sûr. Je dois avouer une chose : en fait, je n’ai pas vu le film. Mais bon, François ne le sait pas. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas vu ce film, dont on parlait beaucoup. J’ai découvert Brisseau plus tard. C’est étonnant comment tout en étant cinéphile on peut avoir des trous sur des films très évidents, qui permettent de briller dans des soirées où l’on joue au jeu de l’humiliation.

AVATAR (James Cameron)
C.M. : Je ne l’ai pas vu, la science-fiction ne m’attire pas.
O.D. : Je ne l’ai pas vu, mais j’ai très envie de le voir. Quelqu’un à Berlin nous a dit qu’il y avait un lien entre Avatar et notre film, dans le rapport à la nature. Donc L’arbre et la forêt c’est Avatar en 2D.

Propos recueillis par Romain Sublon

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