WHITE MATERIAL – Claire Denis

22 Mar
Seule au monde.
Seule au monde

C’est rare. De fait, ça se signale : le synopsis officiel de White Material est parfait. Il convient donc de le reprendre, sans retouche : « Maintenant fini les petits sourires en coin, on arrête de déconner et on reste ferme. L’armée régulière va remettre de l’ordre dans le pays. Faire le ménage. Eliminer l’officier rebelle qu’on surnomme le Boxeur et nettoyer les campagnes où rodent des bandes d’enfants soldats. Tous les expatriés sont rentrés chez eux. Ils ont fui avant que ça tourne mal. Chez les Vial, des Français planteurs de café installés depuis deux générations, Maria tient bon. Elle ne cèdera pas aux rumeurs. Elle ne va pas abandonner une récolte au premier coup de feu. Tout comme son beau-père et son ex-mari qui est aussi le père de son fils (un peu trop mollasson à son goût), elle est persuadée que le maire de la ville voisine, Chérif, les protégera. Il sauvera la plantation si elle le lui demande. Il a une garde personnelle, sa propre milice de durs bien armés, bien entraînés. »

Depuis Chocolat, son premier film, et Beau travail, son plus beau film, Claire Denis n’avait plus foulé la terre africaine. On parle là de cinéma. Il est évident que ce territoire, en tout point viscéral, Claire Denis ne l’a jamais vraiment quitté. On parle là d’imaginaire. White Material, c’est du concret, du brut(al). Maria, cette blanche qui vit avec eux mais qui ne fait pas partie des leurs – comme une intruse qui n’en prendrait pas conscience. Elle ne s’en fout pas, elle avance. Et cela implique de se battre. Et même de cet engagement elle ne perçoit rien : Maria vit dans le déni, faisant fi d’une violence que tout le monde fuit. Sauf elle, donc. Maria est un personnage de cinéma troublant ; terriblement physique, dépourvue de véritable ambition intellectuelle.

« J’ai ressenti la violence dans tout, pendant tout le film », souffle Claire Denis. « Je ne fais pas des films pour les voir, lâche Christophe Lambert. Mais celui-là, j’ai pris un vrai coup de poing. Ce que j’ai aimé, c’est que la violence est plus suggestive que visuelle ; et c’est à chacun de s’accommoder avec ça. La force de ce film et phénoménale. »

White Material interroge parce qu’il renvoie à ses propres désirs, à ses propres pulsions. En cela, ce film est une aventure de cinéma, laissant toute liberté – pour mieux ressentir l’étreinte.

Romain Sublon

WHITE MATERIAL /// de Claire Denis /// avec Isabelle Huppert,  Christophe Lambert, Nicolas Duvauchelle, Michel Subor, Isaach de Bankolé /// sortie le 24 mars 2010 /// 1h42

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4 Réponses to “WHITE MATERIAL – Claire Denis”

  1. Jerome mardi 23 mars 2010 à 80844 #

    Beau travail, c’était en Afrique aussi.

  2. Romain mardi 23 mars 2010 à 111129 #

    Honte sur moi.

  3. Romain mardi 23 mars 2010 à 111131 #

    Beau travail est mon film de chevet, de coeur et de biture. Comment oublier la danse de Djibouti ?..
    Je me permets, cher Jérôme, de corriger cette faute. Merci.

  4. Fanny mardi 30 mars 2010 à 190721 #

    HA, HA, HA!

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