[dvd :] ALLEMAGNE, MERE BLAFARDE – Helma Sanders-Brahms

29 Mar

ed. Carlotta

Clara (2008) m’avait laissée dubitative, mais après cette première approche de son cinéma, j’étais néanmoins certaine que la réalisatrice Helma Sanders-Brahms (voir sa cinéphilie CUT) pouvait m’en mettre plein la vue. Une intuition confirmée par la découverte d’Allemagne, mère blafarde (1980), probablement son film le plus connu ; une oeuvre originale jouissant –hors Allemagne- d’une durable bonne réputation. J’adhère !

Film autobiographique, film trait d’union entre trois générations, Allemagne, mère blafarde raconte la rencontre entre les parents d’Helma Sanders-Brahms alors que les nazis prolifèrent –y compris dans leur cercle d’amis- et la naissance d’Helma après le départ à la guerre de son père –qui, par « chance » plus que par conviction, n’a jamais adhéré au parti. Ce film, Helma Sanders-Brahms l’a fait pour sa fille qui venait de naître : l’enfant est d’ailleurs la première des fillettes choisies pour incarner la petite Helma sur grand écran. Troublant.

Juste avant la guerre… Pendant la guerre… Après… C’est implacable du début à la fin. La réalisatrice ne juge pas ses parents, ce n’est pas son rôle. Elle ne les idéalise certes pas non plus. Ce n’est pas un film tendre, loin de là. Mais il y a de l’amour malgré tout, de la compréhension, surtout pour cette mère dure, souvent brutale ou indifférente. Cette mère malmenée par la vie –voir la scène éprouvante (bien pire que celle du viol) de la paralysie faciale, des dents arrachées… Helma, devenue grande, peine parfois à croire que cette femme soit toujours là.

Dans le rôle des parents, Eva Mattes et Ernst Jacobi sont parfaits, complexes, silencieux, humains. Tous les comédiens ne sont pas au diapason, mais ce n’est pas très grave, la forme est suffisamment solide pour absorber quelques approximations. D’autant que le montage, en intégrant des images d’archives en couleurs de l’Allemagne en ruine (tournées par les Américains à la fin de la guerre), vient bousculer le relatif classicisme du reste du métrage. Un conte de Grimm y est  utilisé de manière subtilement glaçante. Un poème de Brecht, prophétique, ouvre le film et lui donne son titre.

Deux suppléments complètent cette édition. Dans le premier, Helma Sanders-Brahms revient sur la fabrication d’Allemagne, mère blafarde et sur son accueil à sa sortie. Disons que ce court entretien et le film se suffisent à eux-mêmes et que du coup, l’autre supplément, un exposé de Marielle Silhouette, Maître de conférence à l’UFR d’Etudes Germaniques à Paris IV (elle a beaucoup écrit sur Brecht), cet exposé ne fait globalement que paraphraser et souligner des évidences. On aurait préféré qu’à la place, la réalisatrice soit invitée à s’exprimer plus longuement.

Jenny Ulrich

Publicités

Une Réponse to “[dvd :] ALLEMAGNE, MERE BLAFARDE – Helma Sanders-Brahms”

  1. Lucile lundi 29 mars 2010 à 150310 #

    Voilà une oeuvre majeure du cinéma! Gloire à CUT de lui rendre hommage. Un bel hommage.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s