[cinéphilie :] Gustave Kervern

27 Avr

Assurément le couple le plus glamour de 2010.

Mammuth sévit dans les salles depuis le mercredi 21 avril. Le quatrième film de Gustave Kervern et Benoît Delépine est un film d’amour (entre Yolande Moreau et Gérard Depardieu, entre Gérard Depardieu et sa Mammuth, entre Miss Ming et les mots, entre Gérard Depardieu et le cochon, entre les ouvriers et les chips…). Un film d’une grande élégance et dont le romantisme est le premier propos politique. Et puis, il y a dans ce film un côté « déjà mort / jamais mort » troublant ; du péril peut naître le salut. Enfin, Mammuth est un film drôle, très drôle même. Ca ne s’explique pas.

Nous parlerons de Mammuth dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le samedi 1er mai). En attendant, Gustave Kervern nous livre ses souvenirs et/ou impressions des films suivants. Et en bonus : deux espèces de questions.

HAROLD ET MAUD (Hal Ashby)

C’est un film qui m’a marqué. J’étais ado, en visite à Paris chez ma tante cinéphile. Je découvrais Paris et en même temps les cinémas parisiens. Outre cette découverte, c’est un film génial, drôle, culotté. Un must.

EASY RIDER (Dennis Hopper)

La référence des road movie en moto bien sûr. Liberté, folie, rêve. Peter Fonda. Belles lunettes. Paysages sublimes. Beaucoup plus émouvant que Johnny Hallyday refaisant la route 66.

THE WRESTLER (Darren Aronofsky)

Pas vu. Tout le monde trouve que Depardieu a la même coupe de cheveux que Mickey. C’est un hasard. Un heureux hasard apparemment parce que le film est bien, paraît-il.

LOUISE MICHEL (Gustave Kervern et Benoît Delépine)

Pas vu ce film non plus. Pareil : on m’en a dit le plus grand bien.

CHUCKY (John Lafia)

Cher Monsieur, je ne vais pas assez au cinéma visiblement. Je ne connais pas non plus ce film mais ça doit être bien car j’adore les films de Karaté.

ELDORADO (Bouli Lanners)

Bouli Lanners est un être rare. Son film a marqué beaucoup de gens autour de nous. Il a touché au coeur des hommes comme dirait mon ami Esposito.

GHOST (Jerry Zucker)

Je n’ai pas vu ce film bien sûr. Mais je pratique l’anglais couramment, lu, écrit, pas parlé. Et « ghost » je sais que ça veut dire « saucisson » en anglais. Donc, je pense que ça doit être drôlement bon ce film.

/// BONUS ///

CUT : Dans vos films, le son agit comme un caillou dans la chaussure. Il dérange, interpelle, joue un rôle à part entière (la cannette dans Aaltra, la moto dans Mammuth, la chanson dans Avida, le bruit des flingues dans Louise Michel etc.) Est ce que le son est votre jouet préféré ?

Gustave Kervern : Nos deux premiers films étaient quasi muets. On a donc essayé de trouver des idées sonores pour pallier à ce manque de dialogues. Quand on peut éviter les dialogues en les remplaçants par des idées visuelles ou sonores, on préfère cent fois. La parole est d’argent mais le silence est d’or (Raymond Barre, 1978)

CUT : Votre cinéma est très libre, aussi parce qu’il s’exprime dans un cadre très défini. D’une certaine façon, le cadre c’est la forme (l’image, le son, les gueules) et la liberté c’est le fond (le sort des grands patrons, les handicapés, les gros, les vieux). Bon, je me rends compte que ce n’est pas une question alors… que pensez vous de ça ?

Gustave Kervern : Chez les psy, on explique qu’il faut un cadre de vie mais aussi qu’il faut en sortir. Voilà, ce n’est pas une réponse, mais comme ce n’était pas une question.

Propos recueillis par Romain Sublon

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