Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.1)

13 Mai

Mathieu Amalric refait, à sa sauce, le coup de la brune et la blonde.

Tout petit début de festival avec la séance hors compétition de Robin des Bois de Ridley Scott. S’il n’est pas trop difficile de rentrer dans la salle, le film ayant bénéficié de quelques projections de presse en amont, sortie mondiale oblige, il sera plus long d’en sortir. Le réalisateur de Blade Runner met en effet près de deux heures et demie pour raconter comment Robin Longstride est devenu Robin des Bois. Le film rentre donc dans une catégorie à la mode pour les franchise américaines, celle du reboot, censée revenir sur les origines de nos héros favoris.

Au niveau du contenu, aucune surprise : Ridley Scott fait toujours du cinéma spectaculaire aux effets pas toujours gracieux (ici, la bande originale est insupportable), Russel Crowe adapte son personnage de Gladiator à la mode Nottingham et Cate Blanchett est parfaite. Mais qui en eût douté ?

L’ennui poli suscité par les aventures de l’homme en collants est vite effacé par la première séance du Marché du film, Redline, film d’animation futuriste japonais plein de bruit et de fureur dans le milieu des courses de voiture. Néanmoins, devant l’intérêt provoqué par le sujet, quelques sms, et une discussion avec mon sympathique voisin, m’évitent fort opportunément de suivre l’inexistante intrigue.

Intrigue dont aurait du se passer Shinya Tsukamoto pour Tetsuo The Bullet Man, qui se cherche plein d’excuses scénaristiques idiotes pour faire revivre son film culte, cette fois ci tourné en anglais. Si le style du cinéaste surnage au détour de quelques plans, on est effaré devant la totale vanité du projet.

Heureusement, Tournée, le premier film de la compétition, est bien plus enthousiasmant. Quatrième oeuvre de Mathieu Amalric, cette histoire d’ancien producteur télé qui sillonne les routes de France avec une troupe de showgrils américaines, trouve rapidement le juste équilibre entre film de troupe, comédie et captation de spectacles (toujours) surprenants. Amalric dirige à merveille ses actrices non professionnelles, toutes formidables (prix d’interprétation collectif à venir ?). Il offre aussi deux apparitions très nostalgiques à Pierre Grimblat et André S. Labarthe, toujours coiffé de son mythique chapeau Cerise sur le gâteau. Le cinéaste ose une belle scène de dispute, retranscription en images d’une célèbre engueulade épistolaire entre Godard et Truffaut. Nostalgie, nostalgie…

Demain, si tout se passe bien, on parle de Chongqing Blues de Wang Xiaoshuai et de The Housemaid de Im Sang-soo.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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2 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.1)”

  1. mannick vendredi 14 mai 2010 à 130158 #

    J’me rappelle que Première avait fait un reportage en BD sur le tournage du film d’Amalric mais j’me souviens plus du dessinateur… En tous cas, à l’époque, le film paraissait déjà sympa. Ravie que ça se confirme !

  2. jenny vendredi 14 mai 2010 à 140237 #

    Amalric qui viendra présenter son film en avant-première, à Strasbourg (Star StEx), le 18 juin : avis aux amateurs comme on dit !

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