Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.2)

14 Mai

Du vin et du saucisson ; l’amour à la française.

Si ce billet arrive bien tard, c’est que la soirée, principalement constituée par la joyeuse fête du film Tournée, s’est terminée très tard et fut de loin le meilleur moment de la journée.

Car commencer à 8h30 pour voir Chongqing Blues de Wang Xiaoshuai tient un petit peu du sacerdoce. Ce drame relate en deux heures l’histoire d’un homme qui tente de comprendre pourquoi le fils dont il ne s’est jamais occupé est mort dans des circonstances tragiques. Le problème principal étant que ces raisons sont compréhensibles dès les premiers plans et que le cinéaste va passer tout le reste du film à tenter de nous les faire comprendre en usant d’une trame dont la linéarité est à peine troublée par quelques flashbacks explicatifs. Reste le point de vue du réalisateur qui filme de façon époustouflante l’architecture incroyable de la ville où se déroule l’action. C’est hélas insuffisant et on comprend mieux pourquoi le film avait d’abord été sélectionné dans la section Un certain regard, moins exposée que la Compétition.

Mais peut être que ce film était trop subtil pour un rustre bien pressé de voir ensuite au marché du film Phobos, film d’horreur russe au dispositif très simple : des adolescents idiots viennent faire les fous dans une boite de nuit désaffectée. Ils sont agressés par des forces surnaturelles. Après ce film, Nikita Mikhalkov aura fort à faire pour redresser l’honneur de la Russie avec Soleil trompeur 2, présenté dans quelques jours.

Alors que le festival vient à peine de commencer, la presse en badges jaunes ne peut accéder à la première projection de The Housemaid (en photo). La frustration d’avoir manqué la séance de Hybrid d’Eric Valette est à peine compensée par la vision de Slice, thriller thaï au scénario douteux (écrit par le réalisateur des Larmes du Tigre noir) et tourné au premier degré selon les bonnes vieilles recettes des clips eighties.

Heureusement l’injustice est réparée et à 22h, les sans-grade peuvent découvrir The Housemaid de Im Sang-soo, précédé d’une réputation flatteuse. Ce remake d’un classique du cinéma sud-coréen marque une fois de plus le talent de metteur en scène et de directeur d’acteurs (l’ensemble de l’interprétation est vraiment remarquable) du réalisateur de The President’s Last Bang. Mais il se caractérise aussi par une certaine propension au cynisme d’un cinéaste un peu trop sûr de ses effets.

Demain, si tout se déroule sans accroc, on parle de Wall Street : l’argent ne dort jamais, d’Oliver Stone, Aurore de Cristi Puiu et Chatroom d’Hideo Nakata.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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3 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.2)”

  1. Jer vendredi 14 mai 2010 à 190740 #

    On est bien content de retrouver ces intéressants échos de Cannes.

  2. Léa vendredi 14 mai 2010 à 200822 #

    Moi, je découvre ce journal de cannes. Ca fait plaisir de lire un compte-rendu qui ne s’intéresse pas à la montée des charmes, à qui montrera son sein cette année et quel est l’acteur le plus saoul après 22h.
    C’est un bon journal, mais qui est frustrant car on voudrait voir les films tout de suite! Cher François-Xavier Taboni, vous êtes chanceux! Je lirai malgré tout les prochains épisodes avec plaisir.
    Question : pourriez vous dans un prochain papier raconter un peu l’ambiance dans les salles pendant les projections ? Merci!

  3. FX dimanche 16 mai 2010 à 160443 #

    Il serait difficile de revenir régulièrement sur l’ambiance dans les salles sans trop sombrer dans l’anecdote, mais je tenterai d’en rendre compte de temps en temps. Sachez que les séances de presse sont a priori les plus studieuses, si on excepte quelques journalistes anonymes qui s’amusent poncutellement à crier « Raoul » quand les lumières s’éteignent. Les projections dans la grande salle Lumière peuvent être plus bruyantes, selon le degré de popularité du film projeté (les grosses productions américaines hors compétition, par exemple les Star Wars, Indiana Jones…) ou son degré d’aridité. Certains films d’auteurs comme La Frontière de l’aube il y a deux ans ont fait les frais du public cannois. Enfin, ce qui ressemble le moins à une projection de film traditionnelle reste une séance au marché du film où les spectateurs (souvent des producteurs ou des distributeurs) entrent et sortent comme dans un moulin puisqu’ils ne sont là que pour se faire une idée du film sur quelques minutes de visionnage. Voilà, j’espère un peu avoir répondu à votre question. Bonne lecture de Cut.

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