Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.3)

15 Mai

Oliver Stone se demande à quel moment faire intervenir Sharon Stone.

11h : peu de temps après un réveil tardif dans les locaux du Pacte, situés fort opportunément près du Palais des Festivals, il est temps de s’engouffrer dans ce qui sera l’une des séances les plus longues de cette édition ; les 3h d’Aurore, second film très attendu de Cristi Puiu, réalisateur de La Mort de Dante Lazarescu, présenté, comme celui-ci, à Un Certain regard en 2005.

Comme dans le précédent, le cinéaste s’attache à une description minutieuse de gestes anodins pour créer une atmosphère très rapidement dérangeante. Il y incarne le rôle principal, celui d’un homme mutique et visiblement perturbé, qui devient peu à peu un assassin. Préférant décrire le comportement de son personnage plutôt que sa psychologie, le réalisateur décrit, en de longs plans très élaborés, le parcours d’un homme qui sombre peu à peu dans la folie meurtrière. C’est dans le cadre d’une mise en scène oppressante et très maîtrisée que le cinéaste déstabilise ses spectateurs en faisant surgir une forme d’humour très noir, apportant la dernière touche de folie d’un film impressionnant. On en regrette d’autant plus son absence de la Compétition.

Plus chanceux que la veille, je parviens, après seulement quelques minutes de queue, à trouver une très bonne place à la projection de Wall Street : l’argent ne dort jamais (en photo). Retrouvant avec un certain opportunisme Gordon Gekko, l’un de ses personnages les plus célèbres, le réalisateur de Platoon signe une suite qui se déroule au coeur de la crise financière de 2008. C’est l’occasion pour lui de porter un regard plein de nostalgie sur son premier film et sur l’univers qu’il représentait : de l’apparition de Charlie Sheen à la bande son ponctuée de chansons de David Byrne (en remplacement des Talking Heads), en passant par la répétition d’une expression devenue culte, Greed is Good, le cinéaste semble, comme Gordon Gekko, s’être finalement assagi et il manque beaucoup de la hargne passée du cinéaste pour que cet opus fonctionne véritablement. Mais, même desservi par cet embourgeoisement et un scénario assez peu inspiré, le film surnage au-dessus de la ligne de flottaison grâce à l’ensemble de ses interprètes, luxueux seconds rôles compris.

Ce n’est pas l’interprétation qui sauvera Chatroom d’Hideo Nakata. Ni son scénario ou sa mise en scène totalement impersonnelle. En fait, il semble bien impossible de trouver le moindre point positif sur ce thriller centré sur une bande de jeunes dont la vie est ruinée par leur dépendance aux forums internet. Après un désastreux L: Change The World, le réalisateur de Dark Water signe un film dont on se demande encore ce qu’il fait dans la sélection Un Certain Regard.

Demain, si c’est possible, on parle, entre autres, de Another Year, de Mike Leigh, You Will Meet a Tall Dark Stranger de Woody Allen et Un homme qui crie de Mahamat-Saleh Haroun.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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